Special Olympics: les médailles de l'assiduité

Les communes de Tournai et de Mouscron accueillent conjointement, de jeudi à dimanche, les Special Olympics. Au total, près de 3400 athlètes participent à ces championnats de Belgique omnisports pour personnes souffrant d’un handicap mental.

Zehra Sayin, la patronne en Belgique de ces Special Olympics salue d’abord l’esprit de ces compétitions nationales . " La mission des Special Olympics est l’intégration sociale de la personne ayant un handicap mental par le sport. Le sport n’est pas une finalité, mais bien un vecteur utilisé pour favoriser leur inclusion et leur intégration sociale. Les jeux (qui se déroulent 9 au 12 mai) sont vraiment dans l’esprit olympique, mais aussi dans l’esprit de l’inclusion vu que ça mobilise avant tout des milliers d’individus, des milliers de coachs et des milliers de volontaires autour de ces athlètes, beaucoup de VIP et beaucoup de familles pour l’inclusion."
Cet esprit de compétition offre aux jeunes handicapés une finalité : le désir de remporter une médaille après un long entraînement. Car dans les Special Olympics, l’important n’est pas la performance, mais l’assiduité.
"S’ils s’entraînent chaque semaine et obtiennent un bon carnet d’entraînement, ils auront une chance de participer à des jeux nationaux, européens et mondiaux. Pour eux, pouvoir participer à une compétition sportive pour remporter une médaille est important. "

 

Si cette compétition apporte beaucoup de fierté et de confiance aux athlètes, elle remplit également un rôle auprès de leurs parents explique Zehra Sayin : "On remarque des parents qui sont très timides en début de compétition qui éprouvent un sentiment de fierté lorsqu’une célébrité ou une personnalité politique remet une médaille. On les voit très fièrement dire " c’est mon enfant ". Et là je crois qu’on parvient à réaliser leurs rêves."

Les handicapés ne sont pas forcément bienvenus
 

Car être fier d’un enfant ayant un handicap mental n’est pas un automatisme, explique la patrone de Special Olympics Belgique: "Il existe encore un très grand tabou autour du handicap mental. Ça peut quand on sait que 165.000 personnes souffrent d’un handicap mental dans notre pays et qu’un un million de Belges connaissent cette problématique. On s’imagine que ça doit fonctionner, mais ça ne fonctionne pas. Ils ne sont pas forcément les bienvenus dans toutes les infrastructures sportives pour personnes valides. Ils ne sont pas forcément bienvenus dans des lieux professionnels pour pratiquer un métier, et donc les parents en souffrent beaucoup. Et les Special Olympics aident. "
 

Le soutien des autorités et de la société civile n’est pas acquis d’avance. C’est une des raisons pour lesquelles  les Special Olympics bougent chaque année pour faire ces jeux nationaux. Une fois en Wallonie et une fois en Flandre, en alternance. Tous les cinq ans la compétition se déroule à Bruxelles.

 

Le choix de Tournai et de Mouscron

 

L’histoire des Special Olympics a commencé en 2014. La ville de Tournai, fut une ville d’accueil pour une délégation étrangère (la Bulgarie), parce que la Belgique organisait des jeux européens. " Ca a été le début d’une grande histoire d’amour parce que la ville de Tournai avait beaucoup marqué par son accueil chaleureux. Les villes se portent candidates pour des jeux et dans ce cas-ci, c’est nous qui avons pris contact avec eux en leur demandant d’organiser des jeux. Et c’est tournai qui a proposé à la ville de Mouscron de se joindre à elle. "

 

.La ligne d’arrivée n’avait plus aucune importance
 

Une manifestation qui réserve parfois d’étonnantes surprises, raconte Zehra Sayin : " APyeongchang, un athlète Special Olympics qui s’approche de la ligne d’arrivée tombe et l’autre athlète décide de s’arrêter pour lui venir en aide. J’avais à côté de moi son coach sportif qui criait: ‘Mais cours, tu vas avoir la médaille d’or!’, puisque le premier était tombé. Et cet athlète le regarde d’un air vraiment choqué et lui répoind : " non, non, je vais l’aider ! " On voit alors un, deux, trois, quatre… athlètes qui s’arrêtent et viennent en aide à ce coureur au sol. La ligne d’arrivée n’avait plus aucune importance. C’était une totale incompréhension pour chacun d’entre nous, parce qu’il faut savoir que les jeux mondiaux d’hiver, c’est quatre ans d’entraînement".


 

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