Sorties en mer: quelles sont les conditions de sécurité à respecter?

Lundi après-midi, une embarcation a chaviré au large d’Agon-Coutainville, dans la Manche française. A son bord, 6 occupants, dont 3 enfants âgés de 7, 9 et 13 ans décédés dans ce naufrage. Ils se sont retrouvés coincés dans la cabine. Les autres occupants étaient le couple propriétaire de ce bateau et la troisième personne était la mère d’un des enfants morts. Tombés à l’eau, ceux-ci sont indemnes ou légèrement blessés, d’après une source chez les sapeurs-pompiers.

Selon des informations relayées par Franceinfo, les conditions météorologiques ne semblaient pas propices à la navigation, la mer étant agitée et le vent violent. Il est question de 50 km/h. Les parents auraient-ils fait preuve d’imprudence ? L’enquête ouverte par le Parquet de Coutances devra déterminer les circonstances précises de ce naufrage, mais y avait-il des règles de sécurité à respecter dans un tel cas de figure et que les parents auraient ignorées ?

Lorsqu’on prend la mer, il y a les premières règles de sécurité à respecter explique Pierre De Greef, propriétaire d’un bateau de plaisance et marin amateur : "Il faut attacher les personnes se trouvant en dehors de la cabine et veiller à ce que tous les occupants portent leur gilet de sauvetage. En ce qui concerne les conditions météorologiques, il n’existe pas de règles en particulier. C’est le bon sens marin, à savoir s’informer sur la météo, qui prévaut. La taille du bateau joue aussi un rôle. Ainsi, pour les petites embarcations de moins de 6 mètres, il est interdit de quitter le port, si la force du vent est de 4 Beaufort sur mer (20 à 28 km/h) et trois Beaufort sur terre (12 à 19 km/h)".

Consulter une météo maritime

Denis Van Weynbergh, skipper, confirme : consulter régulièrement la météo est primordial avant de sortir en mer. "Il faut consulter une vraie météo maritime, qui est disponible maintenant, sur pas mal d’applications sur mobiles ou dans tous les ports en Belgique et en France. Elles sont plus précises que la météo générale et surtout elles donnent un état de la situation qui est parfois tout à fait différent d’une météo générale, puisqu’elle tient compte des courants. On voit que ces météos sont évolutives dans la journée. Elles donnent des situations de deux heures en deux heures, ce qui permet d’avoir une idée de ce qui va se passer dans la journée", précise-t-il.

Mais, il est difficile de savoir avec précision comment la météo va évoluer au cours de la sortie en mer. "Naviguer devient de plus en plus difficile, car entre ce qu’on annonce le matin et le soir, cela change très fort. Il faut donc consulter régulièrement les bulletins météo. Les ports de plaisance affichent des bulletins météo tous les jours, et les propriétaires des bateaux peuvent se renseigner auprès des stations côtières sur les prévisions météo. Elles émettent un bulletin tous les jours via les fréquences radios auxquelles sont reliés les bateaux, et en cas de coup de vent, elles émettent des bulletins plus régulièrement durant la journée."

Détenir le brevet de navigation, bientôt obligatoire pour tous les bateaux

Actuellement, il existe, en Belgique, une obligation de disposer d’un brevet pour les bateaux de plaisance sur les eaux intérieures, propulsés par un moteur qui peut naviguer à plus de 20 km/h ou avec une longueur de coque de plus de 15 mètres. A partir du 1er juillet 2022, cette obligation est élargie à la mer. A partir du 1er janvier 2020, une nouvelle structure modulaire sera d’application. Il faudra commencer par réussir le brevet de conduite restreint qui permet de naviguer partout excepté dans l’Escaut maritime inférieur, puis le brevet de conduite général, qui permet de naviguer sur toutes les voies navigables intérieures sans exception. Pour naviguer en mer, il faut ensuite obtenir le brevet de Yachtman valable pour la navigation côtière, et enfin le brevet de Navigateur de yacht, pour la navigation hauturière.

Claude Dammaerts est professeur à l’Académie francophone de bateau de plaisance. Et comme ce dernier le souligne, il y a des connaissances bien spécifiques à acquérir pour avoir l’autorisation de conduire un bateau. "Nous enseignons la législation en vigueur pour la navigation de type fluviale et la navigation sur mer, les règles de priorité, les règlements en matière de signaux, de feux et de signaux sonores, les règles de balisage et les règles en matière de cartographie. Pour ceux souhaitant naviguer en mer, nous formons aussi à la compréhension des cartes marines. Cela permet de détecter les bancs de sable ou les récifs. Enfin, nous enseignons les règles en matière de sécurité : l’obligation du gilet de sauvetage, la force du vent… sauf que pour ce dernier paramètre, il sera peut-être remplacé par la hauteur des vagues dans la nouvelle législation. Mais, c’est toujours en discussion", déclare-t-il.

Enfin, dernière chose importante à connaître : le matériel de sécurité à bord. Comme le précise Claude Dammaerts, "pour les bateaux de plaisance jusqu’à 24 mètres, le navire doit pouvoir être amarré, ancré et remorqué. L’équipement doit être assez efficace pour retirer l’eau en cas d’infiltration, le risque de chute par-dessus bord doit être réduit et tous les équipements de navigation doivent être présents à bord".

Prendre la mer ne s’improvise donc pas. Etre conscient des règles de sécurité et de navigation est indispensable, même si nul n’est à l’abri d’un accident.

 

Journal télévisé 13H

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK