Soprano : "J'ai connu des moments très compliqués. Mais aujourd'hui, je veux rendre les gens heureux"

Pour sa troisième date en 2019 au Palais 12, Soprano a, une nouvelle fois, fait salle comble. D'année en année, le succès du rappeur marseillais ne cesse de prendre de l'ampleur.

Un public éclectique

Sa force? Rassembler toutes les générations avec un mélange subtil de rap et de chant. Un mélange dont il a été le précurseur, au début de sa carrière, il y a déjà plus de vingt ans. "Je m'appelle Soprano pour ça. C'est mon style, c'est mon univers. J'ai toujours dit que j'aimais autant les textes de Zazie que les couplets d'Eminem (...) Je suis content qu'aujourd'hui, ce soit le style prédominant (...) Ça a cassé des barrières et permis aux gens de pouvoir s'ouvrir" explique le chanteur. 

"Un rap positif pour donner de l'espoir à cette jeunesse désabusée"

Soprano ne s'est jamais aventuré sur le terrain du rap gangsta. Il a plutôt su se démarquer par sa plume engagée, ayant à cœur de dénoncer toutes les formes d'injustice, du racisme au harcèlement scolaire en passant par la maladie. "Dans chaque problème du quotidien, il y a de la positivité. Mais il faut en parler" explique-t-il. 

Dans le public, plusieurs fans affirment que ces textes les ont aidés à traverser des périodes difficiles. "J'ai été victime de harcèlement scolaire" nous explique une petite fille. "En écoutant la chanson 'fragile', j'ai osé en parler et m'exprimer". 

"J'ai connu des périodes très compliquées, au point de vouloir m'enlever la vie"

Soprano a lui-même connu des moments très éprouvants. A la sortie de l'adolescence, il a fait une tentative de suicide. "J'étais en pleine dépression, pour des raisons personnelles, mais aussi à cause du monde actuel. Je prenais tout ce qui se passait dans le monde comme une éponge. Des fois, c'était très compliqué. Jusqu'au point de vouloir faire une grosse bêtise, d'essayer de m'enlever la vie" nous confie Soprano. "Mais à partir de mon premier album solo, je me suis dit 'puisqu'il faut vivre, autant le faire avec le sourire'. J'ai voulu devenir quelqu'un de positif, d'heureux, qui rend les gens heureux car je suis heureux grâce à eux". 

"Je n'ai pas l'impression d'avoir réussi de ouf !"

Aujourd'hui, Soprano est un rappeur positif, devenu aussi très commercial. C'est le premier rappeur à avoir rempli un stade, en l’occurrence le stade Vélodrome à Marseille.

Pourtant, il y a encore quelques années, il était exclu des radios et des concours de musique. "Maintenant mes chansons passent à la radio, mais il y a eu des années où c'était dur !" se souvient-il. 

Quel regard pose-t-il sur ce succès fulgurant? "Je n'ai pas l'impression d'avoir réussi de ouf!" avoue Soprano. "Quand je rentre dans la loge après un concert dans un stade, ce sont les mêmes personnes qui m'entourent qu'au début, quand je jouais dans les MJC (...) Je ne vois pas ce succès comme un truc de fou. Mais quand je vais chez mon boucher ou mon boulanger et qu'ils me demandent un autographe, là je me dis 'même eux ils écoutent ma musique !' et je prends conscience" sourit-t-il. 

Soprano prépare déjà son nouvel album "Chasseurs d'étoiles". Il reviendra en Belgique le 18 juillet aux Francofolies de Spa. D'autres projets seront bientôt dévoilés, notamment au cinéma. Mais Soprano garde les pieds sur terre : "Le succès, c'est bien. Les valeurs, c'est mieux" conclut-il. 

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