Sopranal, le rappeur des terrils

RTBF
RTBF - © RTBF

Son nom : Sopranal, fusion des mots "Soprano" (un autre rappeur, français celui-là) et "anal" (sans doute une référence à une des thématiques de ses textes). Vulgaire, irrespectueux, sous-culture..., diront certains. Pourtant sur la toile, ce rappeur wallon que personne n'attendait fait un malheur.

Le tout premier rappeur wallon sort de la toile. C'est une exclusivité. Le yéti du rap descend de son terril pour répondre à nos questions. Il nous a donné rendez-vous dans une de ses nombreuses mines d'inspiration : un café populaire. Le Wallon et ses expressions trucculentes y abondent. "J'entendais les jeunes dire : 'Pfff, c'est les vi' qui parlent comme ça, c'est les vieux! Alors, pourquoi parler comme ça?", témoigne Sopranal.

Le rappeur est accompagné de son complice, Giufa, un rappeur expérimenté qui a travaillé avec un des membres du fameux groupe français IAM. Giufa, c'est un peu le cerveau de la bande. Il produit, réalise les clips et compose la musique. C'est lui aussi qui a poussé Sopranal sur la voie jusqu'alors vierge du rap wallon : "On peut intégrer n'importe quelle langue dans le rap. C'est une musique un peu parlée. Il n'y a pas de problème et puis, ça permet d'exprimer mieux, avec l'accent. Ca permet d'exprimer ce que tu ressens vraiment dans les trippes en gros."

Autre source d'inspiration du rappeur : la rue et ses badauds. Sa popularité dans certaines villes wallonnes est indéniable. La plupart des jeunes le reconnaissent au premier coup d'oeil. "Je suis sicilien et c'est à force de l'écouter que j'ai commencé à comprendre et parler le wallon", témoigne un jeune parmi d'autres qui accostent spontanément le rappeur dans la rue.

Certaines personnes repprochent néanmoins à Sopranal d'être trop vulgaire et d'inciter à la consommation d'alcool. Des voix s'élèvent aussi contre les clichés négatifs qu'il propagerait de la Wallonie. Le rappeur prétend au contraire faire son apologie. "A la télévision, on critique la Wallonie. On dit : 'C'est la merde! C'est la merde! C'est la merde!' Mais moi, j'aime bien montrer aussi ce qu'il y a de bien dans la Wallonie, par exemple, la communication entre les gens qui ne se fait nulle part ailleurs! Donc, on doit être fiers les Wallons. On doit être fier d'être convivial, familial, un peu comme le carnaval!"

Le monde culturel n'attendait pas ce phénomène et semble d'ailleurs s'en désintéresser. La belgitude, ou plutôt disons la wallitude, a trouvé elle, son porte-drapeau.

Valery Mahy

Son site Internet : http://sopranal.blogspot.com

Prochain concert : le 12 février 2010 au Butterfly à Charleroi

Les derniers clips de Sopranal :


Et aussi

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK