Sommes-nous seuls dans l'univers? Découverte de trois exoplanètes prometteuses

Un astrophysicien belge et la Nasa viennent de révéler leur découverte commune : l’existence de sept exoplanètes dont trois sont particulièrement prometteuses.

Michaël Gillon, astrophysicien à l'Université de Liège, est spécialisé dans la recherche et l’observation des planètes situées hors de notre système solaire. Avec son équipe, il a mis au point un système d’observation peu commun. Ces explorateurs de l’espace ont chaque jour la tête dans les étoiles et leurs yeux sont deux télescopes dont l’un est situé au Chili dans le désert d'Atacama, et l'autre sur les contreforts de l'Atlas au Maroc.

Un projet bien belge nommé "Trappist"

Dans le désert et à la montagne, les conditions sont idéales pour l'observation astronomique où aucune pollution lumineuse n'interfère sur le travail de ces scientifiques qui depuis plusieurs années tentent de répondre aux questions : "Sommes-nous seuls dans l’univers ? Existe-t-il d’autres mondes comme le nôtre ? Sont-ils habités et par quelle forme de vie ", dixit Michaël Gillon.

Emmanuel Jehin, l’un des astrophysiciens de l’équipe, précise qu’ils n’ont pas besoin d’être sur place pour mener à bien leurs observations. "On peut être n’importe où. Il nous suffit d’avoir une bonne connexion internet ". En guise de clin d’œil à notre pays, ils ont décidé d’appeler leur projet belge "Trappist ".

En 2016, leur patience a déjà été récompensée avec la découverte de trois planètes en orbite autour d’une étoile située à 40 années-lumière de la Terre. "Lorsqu’une planète passe à côté de son étoile, elle en obscurcit une partie", explique l’astrophysicienne Valérie Van Grootel. C’est en observant la baisse d’intensité lumineuse de l’étoile qu’ils ont pu détecter ces planètes.

De nouvelles révélations grâce à une collaboration fructueuse avec la Nasa

Un an plus tard, avec le soutien logistique de la Nasa et grâce au Téléscope américain Spitzer, l’équipe de Michaël Gillon vient de découvrir sept planètes différentes qui orbitent autour de leur soleil baptisé "Trappist". Trappist est une naine rouge neuf fois plus petite que notre soleil. L’étoile est tellement froide qu’elle émet une lumière orangée ou rouge qui se rapproche très fort des crépuscules polaires.

Les sept planètes ont toujours la même face tournée vers le soleil. La moitié de leur surface est donc dans une obscurité permanente et il existe des différences thermiques de 10° à -20° entre la face tournée vers le soleil et celle qui ne l’est pas.

Trois des sept planètes sont très prometteuses

Les sept planètes découvertes pourraient abriter de l’eau liquide sur au moins une partie de leur surface. Néanmoins, trois d’entre elles sont particulièrement prometteuses car elles orbitent à une distance de leur soleil appelée "zone habitable". Elles pourraient abriter des océans semblables à ceux de la Terre mais on ignore encore si elles disposent ou non d’une atmosphère.

Pour le savoir, il faudra attendre le lancement dans l’espace du télescope JamesWeb en octobre 2018. Il disposera de tous les outils nécessaires pour détecter les signes chimiques d’une activité biologique à la surface de ces planètes.

L’année de ces planètes du système Trappist est très courte entre 1,5 et 20 jours, pour celle qui est la plus éloignée de son soleil. Pour rappel une année correspond au temps de rotation autour de soleil.

Une consécration historique pour la Wallonie

Le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche en Fédération Wallonie-Bruxelles, Jean-Claude Marcourt, s'est félicité mercredi soir de la découverte. "Ces découvertes fondamentales placent l'université de Liège et la communauté scientifique de notre région à l'avant-garde de la recherche de vie ailleurs dans l'Univers", s'est réjoui le ministre liégeois dans un communiqué.

"C'est une consécration historique pour la Wallonie, pionnière de l'exploration de l'espace. Nous sommes à la pointe de la recherche sur la découverte d'autres mondes habitables et ce, quelques mois à peine après avoir été consacré par l'Europe qui a choisi la Wallonie comme territoire d'accueil de Galileo, le programme de déploiement du GPS européen", a-t-il ajouté.

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