Soldes: déjà aux Pays-Bas, bientôt en Belgique

C'est une habitude: entre Noël et le Nouvel An, le consommateur belge n'hésite pas à aller jusqu'à Maastricht pour faire ses emplettes. Comme cette consommatrice qui vient de Bassenge, près de Visé, en quête d'une robe de nouvel an. Ou cet autre client belge ouvert à toutes les propositions : "Je suis venu voir à peu près tout. Il faut que je me rhabille et donc j’en profite.".

Déjà 50 à à70%

Tous espèrent profiter des vitrines néerlandaises qui affichent déjà 50, voire 70% de réduction alors que chez nous, le prix plein est encore de rigueur. "En Belgique, les soldes n’ont pas encore commencé, donc on espère faire de bonnes affaires ici. Quand on sait ce qu'on veut, et que l’on suit des marques, il suffit de trouver les magasins qui les vendent. On fait des pré-soldes ici et si on ne trouve pas, on aura encore les soldes en Belgique par la suite", argumente une Belge de passage à Maastricht.

Pas fou, le consommateur belge ne dépense pas à n'importe quel prix, ce que confirment les commerçants de Liège. C’est le cas de René Prin, responsable d'un magasin de chaussures: "Les acheteurs attendent les prix, ça, c'est clair et net. Je crois que c'est l'effet de la crise. Jusqu'à présent, on avait réussi à passer à travers et à réaliser des chiffres très corrects mais cette année, il est évident que les gens attendent la dernière seconde et ne sont attirés que par les offres de prix ".

Les professionnels mitigés

L'UCM, l'Union des classes moyennes a sondé les professionnels en Wallonie et à Bruxelles et les réponses sont claires: "perspectives mitigées".

Dans les arrière-boutiques, les robes, les pulls, s'accumulent. Ce "stock" comme l’appelle les professionnels est plus important que l'année dernière, les ventes ont baissé les 6 derniers mois et le chiffre d'affaires a chuté. Pour Christophe Wambersy, secrétaire général de l'UCM, l'indice de confiance des consommateurs est au plus bas : "L’indice de confiance de la Banque Nationale est à moins 24 pour décembre 2012 alors qu'il était à moins 12 en 2011, ça veut donc dire que le consommateur a encore plus peur de l'avenir aujourd'hui qu'hier ".

D'où l'inquiétude des commerçants, dont plus d’un quart se dit même pessimiste pour les soldes: "Pour attirer le client, il faut faire valser les pour-cent". 60% des commerçants annoncent qu'ils travailleront par paliers, c'est-à-dire de manière régulière semaine après semaine, en montant de 20 à 40, 50 et 70% au fur et à mesure que le temps passe.

Certains magasins belges contournent la loi

Est-ce sous la pression de l'étranger? Des magasins belges auraient choisi d'anticiper la date des soldes. Le syndicat neutre des indépendants (SNI) annonce par exemple une plainte contre la chaîne Baby 2000. D'autres contournent la loi par des opérations du genre "le deuxième article à moitié prix". Si l'on en croit Sven Nouten, le porte-parole du Syndicat neutre des indépendants, cette tendance concernerait davantage les chaînes de distribution que les petites boutiques.

Rappelons que les soldes commenceront en Belgique, le 3 janvier et qu’en France, les démarques ne débuteront que le 9.

Ghislaine Kounda, Betty Cleeren, Laurent Mathieu et Lionel Deneubourg

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