Solar Impulse 2 s'est posé à Hawaï, record mondial en solitaire

Le Solar Impulse 2 peu avant son atterrissage à Hawaï le 3 juillet 2015
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Le Solar Impulse 2 peu avant son atterrissage à Hawaï le 3 juillet 2015 - © ANDRE BORSCHBERG - AFP

L'avion suisse Solar Impulse 2 a atterri vendredi vers 17h55 (HB) à Honolulu, sur l'île d'Oahu, à Hawaii. L'appareil solaire a largement battu le record mondial de vol en solitaire lors de sa traversée du Pacifique, avec André Borschberg aux commandes.

L'avion expérimental a atterri à l'aéroport Kalaeloa, sur l'île principale d'Oahu, à environ 30 kilomètres à l'ouest d'Honololu. Il a parcouru plus de 8000 km pour un vol d'environ cinq jours et cinq nuits entre le Japon et Hawaii. C'était la plus longue des étapes du tour du monde de 35 000 km de Solar Impulse 2.

André Borschberg a donc volé pendant plus de 120 heures, battant largement le précédent record établi en 2006 par Steve Fossett, qui avait volé pendant 76 heures et 45 minutes (un peu plus de trois jours).

"Saut par dessus le mur"

"Après la plus longue et la plus fatigante nuit de son vol, poussant le pilote et l'avion dans leurs retranchements, André est désormais de retour dans la lumière océanique", écrivaient les organisateurs dans leur dernier point d'étape.

A 02h00 GMT vendredi, Solar Impulse 2 avait effectué 91% du trajet entre le Japon et l’État américain tropical, avait volé 7471 kilomètres et devait encore en parcourir 700, à peine 12 heures de vol en théorie.

Pour cela, il avait dû traverser un dernier front froid, ce que les organisateurs avaient décrit comme un "saut par dessus le mur".

Avant cet obstacle, les organisateurs avaient tweeté: "@andreborschberg est fatigué. Avec des turbulences à 2400 mètres d'altitude et un front froid proche, LA SITUATION EST DIFFICILE."

Mais un tweet victorieux avait été publié vers 01h00 GMT, disant que l'avion avait "traversé avec succès le deuxième et dernier front froid le séparant d'Hawaï ! Applaudissez !"

Préparation minutieuse

L'aviateur avait fait des siestes de 20 minutes seulement pour pouvoir garder le contrôle de son engin. Il était équipé d'un parachute et d'un canot de sauvetage au cas où son avion s'écraserait dans le Pacifique.

Mercredi, le Solar Impulse 2 avait franchi un obstacle important avec le passage d'un front froid allant approximativement de Taïwan à l'Alaska. Ce front était jugé si dense que Solar Impulse avait reporté plusieurs fois son départ du Japon, où il s'était posé le 1er juin, passant près d'un mois à attendre un temps clément.

L'avion, qui avait aussi dû patienter auparavant un mois en Chine, était parti le 9 mars d'Abou Dhabi pour un tour du monde, le premier d'un avion propulsé par l'énergie solaire, de 35 000 kilomètres destiné à promouvoir l'usage des énergies renouvelables.

L'avion dont les ailes sont couvertes de cellules photovoltaïques, charge ses batteries la journée et marche à l'énergie électrique accumulée la nuit.

Borschberg était seul dans la cabine non pressurisée de 3,8 mètres cubes. Volant à des altitudes allant jusqu'à 9000 mètres, il devait utiliser des bouteilles d'oxygène pour respirer, et il devait subir de grandes variations de températures lors d'une même journée.

Le pilote s'était minutieusement préparé à cette épreuve d'endurance, de même que le copilote, Bertrand Piccard, qui volait en alternance sur le Solar Impulse.

Ce psychiatre, qui vient d'une famille d'explorateurs, avait déjà réalisé le premier tour du monde en ballon sans escale.

"Le but est de se sentir à l'aise pour être capable d'accepter mentalement, et même d'aimer, être dans ce cockpit durant une période aussi longue", avait raconté André Borschberg.

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