"Sofien Ayari ne voulait pas mourir"

"Sofien Ayari ne voulait pas mourir"
"Sofien Ayari ne voulait pas mourir" - © POOL DIDIER LEBRUN - BELGA

Pour Me Gultaslar, un des avocats de Sofien Ayari, "si la volonté de monsieur Ayari était de mourir en martyr, le statut le plus convoité, il y aurait eu plein de possibilités de le faire. Or une chose est sûre Ayari ne voulait pas mourir, ni faire un carnage encore plus effroyable".

Il prend en exemple le moment où Belkaid est blessé : "Il est en train de mourir. Imaginez la scène. Ils auraient pu se dire : 'Un de nos frères est mort, on a la haine, on attend de pied ferme les policiers'. Le scénario aurait été encore plus dramatique".

Pas de volonté de tomber en martyr

Pour appuyer cette thèse, Me Gultsalar donne d'autres exemples. Le cas Khaled Kelkal en 1995 : "Après l'attentat du RER, l'homme continue à tirer alors que des policiers en face sont à terre".  

Même cas de figure avec Mohamed Merah. "Les unités d'élites tentent de négocier avec lui. Lorsque les policiers rentrent, il leur tire encore dessus. Il meurt en combattant, les armes à la main, c'est ce qu'il voulait".

Autre exemple donné, celui des frères Kouachi. "Lorsque les policiers interviennent, c'est la même chose. Ils meurent sur le champs, ils ne se rendent pas. Personne ne fuit", déclare l'avocat.

Enfin, il cite encore Amedi Coulibaly au supermarché casher. "Il exécute des otages. Il meurt sur le terrain".

Autrement dit, "le point commun de tout ça", explique Me Gultsalar, "c'est de montrer que dans chaque cas, ce qui est recherché, c'est de tomber en martyr parce qu'idéologiquement, c'est ça qui est idéalisé, c'est ce qui permet d'ouvrir les portes du paradis. Ça fait aussi plus d'impact, l'effet est plus dévastateur".

Or, "ici, vous avez deux hommes qui voient que le troisième est blessé, et ils fuient". 

L'avocat en conclut que tout démontre qu'ils ne voulaient pas mourir, mais fuir. Des occasions de "terminer en beauté" se sont présentées.

Une oppression médiatique que la justice doit dépasser

Me Gultsalar a ironisé sur la couverture médiatique de ce procès : "Quand on éternue dans la salle, l'AFP diffuse un communiqué de presse".

Pour lui, "l'émotion prend le pas sur la raison" et "la justice doit dépasser cela et revenir à la raison. Il faut être rationnel".

"Je ne parle pas de pression médiatique, mais d'oppression", ajoute-t-il. "Je parlerai même de pornographie médiatique. Face à tout cela, comment juger de manière ordinaire ? Pourtant, c'est ce qu'on vous demande".

"Ce qu'on vous demande, c'est de résonner de la même manière que d'habitude. Pas d'exception, pas de raisonnement dérogatoire ou exceptionnel", insiste-t-il. 

Procès rue du Dries: compte rendu d'audience JT du 08/02

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