Sodas : le sucre, toujours dans le viseur des autorités et des industriels

La publicité nous en sert tous les jours. Partout. Dans les grandes surfaces, leurs couleurs chatoyantes en font saliver plus d’un. Associés au plaisir et au côté rafraîchissant, nous sommes cernés par les sodas.

Pourtant, on le sait, c’est aussi avec modération qu’il faut en consommer. Pourquoi ? Le taux de sucre y est très important. L’association française Que choisir a comparé il y a quelques années 53 boissons sucrées. Résultat : en moyenne, dans un verre de 25 cl, on peut retrouver l’équivalent de 4,5 morceaux de sucre. Plus spécialement, dans le cas du Coca-Cola, on arrive à 7 morceaux de sucre par canette de 33 cl.

C’est beaucoup. Beaucoup trop. D’autant que la consommation de ce type de boisson bondit dans le monde entier. Comme le soulignent des universitaires dans le site theconversation, nous sommes confrontés à une moyenne de 13 à 25% de l’apport énergétique quotidien par adulte via ce genre de liquides. L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) recommande, elle, un maximum de 5 à 10%. C’est donc plus du double.


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Les autorités publiques, mais aussi les limonadiers, ont décidé d’encore une fois agir.

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Sortie "déconfinée" au cinéma… Attention aux excès. © AFP/BELGA

C’est beaucoup. Beaucoup trop. D’autant que la consommation de ce type de boisson bondit dans le monde entier. Comme le soulignent des universitaires dans le site theconversation, nous sommes confrontés à une moyenne de 13 à 25% de l’apport énergétique quotidien par adulte via ce genre de liquides. L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) recommande, elle, un maximum de 5 à 10%. C’est donc plus du double.


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Les autorités publiques, mais aussi les limonadiers, ont décidé d’encore une fois agir.

Reportage du JT sur les dangers de la surconsommation de soda (2019)

Les fabricants belges de boissons rafraîchissantes s’engagent à réduire la teneur en sucre de 7% d’ici 2025, a annoncé mardi l’Association royale de l’industrie des eaux et des boissons rafraîchissantes (FIEB). Sur la période 2012-2020, celle-ci indique qu’une réduction de 20% avait déjà été réalisée.

C’est qu’il est possible d’agir sur le taux de sucre dans les boissons sucrées. Et selon les pays, on peut voir dans ce graphique ci-joint que ce n’est déjà pas la même limonade…

C’est qu’il est possible d’agir sur le taux de sucre dans les boissons sucrées. Et selon les pays, on peut voir dans ce graphique ci-joint que ce n’est déjà pas la même limonade…

En Belgique, on a décidé de travailler notamment sur trois facteurs afin de réduire de 10% le taux de sucre de ces boissons. Premièrement : diminuer la quantité de sucre via une reformulation des recettes qui existent déjà, et cela sans gâcher le goût (notons que les substituts comme la stévia, les édulcorants ou l'aspartame ne sont cependant sont loin d'être la panacée dans le domaine de la santé).


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Deuxièmement : la recherche et développement également dans les alternatives sans sucre. Et troisièmement : jouer sur les conditionnements. Le taux de sucre pourrait rester le même mais les marques mettraient en boîte les boissons dans des emballages plus petits. Cette dernière solution semble à première vue un peu facile, mais pour l’endocrinologue Paul Thissen, de l’UCLouvain, cité par le Soir, ce n’est pas forcément anodin. Selon lui, en favorisant les grands conditionnements (bouteilles de 2 litres, par exemple), on donne l’impression à l’acheteur de faire "une bonne affaire". Et de plus, il faut, pour garder le pétillant, les boire rapidement. Ce sont donc de plus petits gabarits que nous verrons bientôt sans doute davantage en vente, comme ces toutes petites canettes de soda (15 cl), que l’on voit fleurir depuis quelques années.

Au laboratoire de la Coca-Cola Company à Anderlecht, interrogé par SudPresse, on le confirme. Le géant américain confirme aussi sa volonté de diminuer le taux de sucre. Et ce, sans que le goût ne s’en ressente. En regardant les chiffres de plus près, cela rentre aussi dans une logique mercantile. En effet, 53% des ventes de Coca-Cola en Belgique et au Luxembourg seraient constituées de produits à faibles teneurs en sucre ou sans sucre du tout. Et cela devrait être amené à 58% en 2025, selon la firme.

Les acteurs de cette industrie du soda semblent donc vouloir contribuer à une diminution du saccharose dans la population.

Ainsi, fin 2016, le secteur s’était déjà engagé à ne plus proposer de boissons sucrées dans les distributeurs automatiques des écoles. Selon la FIEB, cet engagement a été respecté puisque, depuis 2018, seuls l’eau, les jus de fruits et les boissons rafraîchissantes sans sucre sont disponibles dans les distributeurs automatiques des écoles secondaires. Dans les écoles primaires, les distributeurs ont été complètement supprimés - cela n’est pas encore forcément le cas ailleurs dans l’enseignement, ceci dit —.

Des avancées et des revers parsèment la question sucrière. 

Qu’à cela ne tienne, les autorités sont aussi invitées à faire pression sur les industriels. Par le passé, les producteurs de boissons gazeuses belges avaient ainsi déjà souscrit aux engagements de la Convention alimentaire équilibrée, conclue en 2016 avec la ministre de la Santé de l’époque Maggie De Block, et réalisé une réduction de 20% du sucre entre 2012 et 2020. Si les objectifs du nouvel engagement sont atteints, la teneur en sucre des boissons rafraîchissante en Belgique devrait atteindre 42% de diminution sur le premier quart du siècle.

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Sodas dans un grand magasin, en 2011 © AFP/BELGA

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On a aussi parlé de taxe soda, de nutriscore, de l’exemple chilien aussi. Dans le pays sud-américain, les logos sont devenus noirs, les publicités pour des produits trop sucrés ou trop gras ont été interdites à la télé entre 6 heures et 10 heures du matin, mais encore une interdiction pour les marques d’utiliser des personnages animés. Résultat : les enfants se détournent des marques, et la consommation chute.


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Car l’image, dans ce genre de domaine, joue beaucoup. Ainsi, des études ont montré que le fait de montrer à un public simultanément une boisson gazeuse sucrée et son équivalent en morceaux de sucre diminue sensiblement l’intention d’achat et l’attractivité.

L'étau se resserre donc sur les grandes marques, et l'opinion publique semble de plus en plus sensible à son taux de sucre. D'où l'opportunité pour les industriels de montrer un visage avenant au changement, mais aussi de plancher sur de nouveaux concepts, recettes et innovations. 

L’excès nuit en tout

Il est donc nécessaire aussi de se limiter, et cela pour une question de santé publique. Cristiano Ronaldo a posé un geste fort en conférence de presse dernièrement. Le joueur de football portugais, en prononçant bien haut et avec le geste le mot "Agua !" (eau) a mis l’accent sur une boisson moins critiquée. Replacer l’eau davantage au centre du jeu, et se rendre moins dépendants au sucre, peut-être aussi un enjeu primordial pour ces prochaines années.


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