Smart.be: devenir coopérative pour mieux s'internationaliser

800 futurs coopérateurs réunis chez Smart.Be
800 futurs coopérateurs réunis chez Smart.Be - © Tous droits réservés

Les artistes et les tracasseries administratives, ça fait souvent deux. Et c’est justement ce qui a fait le succès de Smart. Créée en 1998, cette ASBL avait pour but de prendre en charge les formalités administratives à la place des artistes moyennant finances. 16 ans plus tard, Smart s’occupe de plusieurs dizaines de milliers de personnes, artistes mais aussi journalistes, traducteurs ou informaticiens. Hier, à l’occasion de son assemblée générale, elle s’est transformée en coopérative. La plus grande d’Europe.

Pas que pour les artistes

Au départ, l’idée était de décharger les artistes des problèmes administratifs et de les stabiliser financièrement en leur proposant une forme de "salariat indépendant". L’asbl gère les contrats, prend en charge la rémunération de ses membres et lui offre d’autres services, comme une aide juridique, des prêts et même une plateforme de crowdfunding pour l’aider à financer ses projets. Peu à peu, Smart s’est aussi investie dans la défense du statut de l’artiste, le défendant face aux menaces d’exclusion proférées par l’Onem. Avec des fortunes diverses, l’ASBL  s’est imposée face aux autorités comme un interlocuteur incontournable dans ce débat qui n'est toujours pas tranché. C'est ce qui a fait sa notoriété et lui a permis d’élargir sa base.

Un statut de "travailleur autonome"

Aujourd’hui, outre les artistes reconnus comme tels par l’Onem, Smart défend les intérêts de nombreuses professions liées au statut de travailleur autonome. En résumé, des travailleurs qui exercent leurs talents dans des activités artistiques techniques et intellectuelles qui requièrent, au départ, un statut d’indépendant.

Le succès a été tel qu’aujourd’hui, l’ASBL compte 55 000 membres, génère un "chiffre d’affaires" de 150 000 euros par an et emploie 160 salariés et 2500 équivalents temps plein. Une réussite qui a inspiré d’autres pays. Désormais, Smart est présente dans une dizaine de pays d’Europe et compte bien se développer encore. C’est l’une des raisons qui ont poussé son administrateur délégué Sandrino Graceffa à transformer l’asbl en coopérative.

Une coopérative pour lever des fonds

"Le projet est maintenant mature et il devenait nécessaire d’en repenser les bases. On voulait créer un nouveau mode de relation avec nos membres, basé sur le fait qu’ils appartiennent à une communauté. On propose aujourd’hui, d’ouvrir notre capital à l’ensemble de nos membres. C’est aussi la solution que nous avons trouvée pour pouvoir nous développer à l’international. "

L'objectif est de réunir 15 millions d’euros. Chaque coopérateur pourra acquérir des parts sociales d’une valeur de 30 euros. C’est peu sur le plan strictement financier mais sur le plan de l’implication de nos membres, c’est important. Le but n’est pas de générer des profits à redistribuer mais si bénéfice, il y a, il servira à développer de nouveaux services et nos projets à l’étranger.

"En devenant, la plus grande coopérative d’Europe, nous devenons incontournables aussi pour les autorités de l’Union européenne où le combat pour un véritable statut commun pour les travailleurs autonomes est encore à mener", conclut Sandrino Graceffa.

L’assemblée générale qui a consacré ce passage à la coopérative a rassemblé hier plus de 800 personnes au siège de Smart Bruxelles. Un succès de foule qui augure du succès tout court de l’opération.

Thierry Vangulick

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