Slam : paroles de femmes, loin des clichés

Les femmes sont de plus en plus nombreuses à se lancer dans le slam chez nous. Elles utilisent les mots pour exprimer leurs idées, leurs souffrances, leurs espoirs aussi.

De plus en plus de femmes

Sapphia, par exemple, a décidé de prendre le micro depuis les attentats terroristes de Bruxelles. Pour cette jeune Belge d’origine marocaine, le slam est un exutoire. Un monde très masculin, aussi, où elle a pu trouver sa place.

"Avant, c'était plutôt un milieu undergroundet très masculin", nous confie-t-elle, "mais il y a de plus en plus de femmes et ça fait plaisir à voir. Il n'y a pas vraiment de jugement".

Ce qui m'intéresse, c'est la qualité et la nature du texte

Shams, elle, slame en Tunisien dans les rues de son pays. Pour elle, ce style musical n'a pas de genre. Hommes ou femmes, il n'y a que de bons ou de mauvais textes.

"Un texte écrit par une femme peut porter des idées misogynes ou patriarcales et un homme peut aussi porter des idées progressistes. Ce qui m’intéresse, c’est la qualité et la nature du texte plus que la personne qui est derrière", précise-t-elle.

Un monde masculin

Au festival du cinéma méditerranéen à Bruxelles, elle présentait ce samedi le documentaire d’une réalisatrice française sur trois femmes tunisiennes qui ont décidé de se réapproprier l’espace public. Caroline Péricard, réalisatrice de Fleurs du bitume raconte : "le monde du street art est plutôt réservé aux hommes et dans la rue en Tunisie, il n'y a que des hommes. C'est donc doublement plus difficile pour une femme tunisienne de s'imposer dans un tel milieu".

Beaucoup de clichés

Mais en Belgique non plus, ce n'est pas forcément facile. Quand ont demande à Stella, une autre jeune slameuse belge, son avis sur les propos sexistes de certains rappeurs aujourd'hui, elle sourit : "Oui, il y a beaucoup de clichés sur les femmes. Mais dans le rap que j'écoute, j'écoute des femmes qui ont des styles très différents. Il faut qu'on soit de plus en plus à le faire".

Shams, Stella et Saphhia continueront de s'exprimer sur scène. Peut-être donneront-elles l'idée à d'autres de suivre leur exemple.

Le festival du cinéma méditerranéen se poursuit jusqu'au 8 décembre.

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