Six ans plus tard, le dieselgate touche d'autres constructeurs

Souvenez-vous, en septembre 2015, le plus grand scandale de fraude automobile éclatait. Un organisme américain démontrait que Volkswagen avait équipé bon nombre de ses voitures diesel d'un logiciel. Celui-ci permettait de fausser les résultats des rejets polluants lors des homologations. Dans la vraie vie, les véhicules concernés émettaient jusqu'à 40 fois plus d'oxydes d'azote que ce qui était signalé.


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Quelques jours après la révélation, VW avouait officiellement que 11 millions de véhicules de ses différentes marques étaient en réalité concernés. S'en sont suivis des procès, des dédommagements, des rappels de modèles pour corriger le problème et un peu près 30 milliards d'euros de dépenses pour le géant allemand. Mais si VW a triché, pourquoi pas les autres ?

Plusieurs marques dans le collimateur, dès le début

Le logiciel truqueur, qui détectait que la voiture était en phase d'homologation et activait les systèmes de dépollution, provient de l'équipementier Bosch, qui fournit la quasi totalité des marques automobiles dans le monde. On a donc rapidement soupçonné que d'autres marques en aient également profité.

Dans plusieurs pays, des enquêtes ont alors été menées, dont celle de la Commission d'enquête Française sur les véhicules Diesel. Elle a révélé des taux d'émissions d'oxydes d'azote de deux à dix-sept fois plus élevés qu'annoncé sur les 52 modèles testés. Et dans le haut du (mauvais) panier, beaucoup de Fiat, Renault et Opel.

La Direction générale de la concurrence et de la répression des fraudes, la DGCCRF, a donc mené une enquête qui vient d'aboutir à la mise en examen non seulement de Volkswagen, mais aussi de Renault, Peugeot et Citroën du chef de "tromperie sur une marchandise entraînant un danger pour la santé de l'homme ou de l'animal". Les constructeurs étant sommés de constituer provisions et garanties bancaires de plusieurs dizaines de millions d'euros en vue d'éventuelles indemnisations. Les fabricants français contestent actuellement avoir commis la moindre infraction et attendent un éventuel procès.

Quid des autres constructeurs ? 

Fiat Chrysler, qui fait à présent partie du même groupe que Peugeot, Citroën et Opel (groupe Stellantis) sera prochainement auditionné en France. Mais le constructeur a déjà payé 515 millions de dollars aux USA.  

BMW a reconnu avoir "par erreur" équipé des véhicules avec un logiciel non conforme. Après payement de 8,5 millions d'euros, l'enquête pénale pour fraude a été classée sans suite.

Daimler (Mercedes) a accepté en septembre 2019 de payer une amende de 870 millions d'euros en Allemagne et 2,2 milliards de dollars aux USA un an plus tard.

Ford fait l'objet d'une enquête pénale américaine mais dément avoir triché sur les rejets polluants et n'a versé aucun dédommagement quelconque.

Opel, racheté donc par PSA (Peugeot Citroën), a subi des perquisitions suite à une plainte de l'agence fédérale allemande de l'automobile. Pas encore de conclusions à ce jour.

Nissan a reconnu avoir employé des "méthodes de contrôle de pollution inappropriées" dans ses usines.

Mitsubishi a vu ses bureaux allemands perquisitionnés et a reconnu des "tests inexacts sur la consommation de carburant" concernant plus de 600 000 véhicules, dont la majorité assemblés pour Nissan.

Volvo a été accusé par une ONG allemande mais ne fait pas l'objet d'enquête judiciaire.

Quant à l'équipementier Bosch, il n'a pas admis sa culpabilité mais a tout de même payé plus de 300 millions de dollars de dédommagement aux Etats-Unis ainsi que 90 millions d'euros en Allemagne, condamné pour "manquement au devoir de surveillance".

Entre soupçons et arrangements à l'amiable

A l'exception de quelques marques, principalement coréennes et japonaises, toutes celles commercialisant des moteurs au diesel ont été éclaboussées (et le mazout, ça tache longtemps). Certaines beaucoup plus que d'autres...

Et alors que de très nombreux procès sont toujours en cours un peu partout dans le monde, la Cour Européenne de Justice a confirmé l'illégalité du logiciel de Volkswagen il y a quelques mois, ouvrant la porte à de nouvelles poursuites judiciaires. 

Amis automobilistes, si vous recevez un courrier vous demandant de procéder à une reprogrammation de votre voiture diesel achetée il y a quelques années, vous comprendrez pourquoi il ne faudra pas vous étonner. Même si ce n'est pas une Volkswagen !

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Renault, comme Peugeot, Citroën et Fiat, dans la tourmente en France © 2016 Getty Images

Sujet réalisé à l'occasion des 5 ans du début du scandale, le 17 septembre 2020

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