Situation tendue à Nantes mercredi soir après les violences urbaines de la veille

Situation tendue à Nantes mercredi soir après les violences urbaines de la veille (2)
Situation tendue à Nantes mercredi soir après les violences urbaines de la veille (2) - © SEBASTIEN SALOM GOMIS - AFP

La situation était toujours tendue mercredi soir dans certains quartiers sensibles de Nantes, dans l'ouest de la France, au lendemain de violences urbaines consécutives à la mort d'un jeune homme de 22 ans. Celui-ci était décédé après avoir été touché par balle par un policier lors d'un contrôle après qu'il a percuté un autre fonctionnaire de police avec son véhicule.

Des voitures et un centre paramédical incendiés

Les violences de mardi soir s'étaient produites dans le quartier du Breil, où s'est déroulé le drame, avec des prises à partie, des jets de cocktail Molotov, puis se sont étendues à d'autres quartiers sensibles de Nantes. Des voitures ont été incendiées, ainsi qu'un centre paramédical situé dans un centre commercial.

La police a assuré mercredi que l'agent a tiré en état de légitime défense, une version démentie par des habitants qui affirment avoir assisté à la scène.

La situation mercredi soir n'a toutefois pas atteint le niveau de violence de la nuit précédente: jets de projectiles depuis les fenêtres des immeubles, jeunes qui scandent "assassins, assassins, honte sur vous, cassez vous" au passage des forces de l'ordre et tirs de grenades lacrymogènes.

Mercredi, la ministre de la Justice Nicole Belloubet a souligné que les autorités judiciaires et l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) avaient été saisies "pour que toute la lumière soit faite dans la plus totale transparence" sur la mort de ce jeune homme.

Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb s'est associé aux appels au calme et a condamné "avec la plus grande fermeté" ces violences. "Il appartient à la justice, et à la justice seule, de faire toute la lumière sur les circonstances qui ont conduit au décès d'un automobiliste à la suite d'un contrôle de police", a-t-il ajouté dans un communiqué.

Le jeune homme tué était sous le coup d'un mandat d'arrêt délivré en juin 2017 par un juge d'instruction de Créteil (région parisienne), a précisé mercredi le procureur de la République de Nantes, Pierre Sennès. Il était recherché pour vol en bande organisée, recel et association de malfaiteurs.

Regain de tension mercredi après-midi

Selon le ministère de l'Intérieur, le quartier du Breil faisait l'objet d'un dispositif de sécurisation renforcée à la suite de plusieurs incidents violents survenus le 28 juin.

Mercredi après-midi, un regain de tension a été observé dans le quartier du Breil, avec la mise à feu d'un véhicule sur un parking. Un journaliste a été frappé par un homme seul. Les forces de l'ordre ont fait usage de grenades lacrymogènes et ont essuyé quelques jets de pierre.

En déplacement dans ce quartier, la maire socialiste de Nantes, Johanna Rolland, a souligné que la priorité était "le retour au calme".

Dans la soirée, la situation était toujours tendue, sans atteindre le niveau de violence de la nuit précédente: jets de projectiles depuis les fenêtres des immeubles, jeunes qui scandent "assassins, assassins, honte sur vous, cassez vous" au passage des forces de l'ordre et tirs de grenades lacrymogènes.

Une marche de 200 personnes en région parisienne

Mercredi soir en région parisienne, une marche rassemblant environ 200 personnes a eu lieu dans la banlieue nord de la capitale, de Garges-lès-Gonesse jusqu'au commissariat de Sarcelles, la commune voisine. Il y a eu "quelques tensions sur place", mais "pas d'exactions notables" à part "quelques jets de projectiles", a indiqué une source policière.

Des violences urbaines liées à la mort d'un jeune, notamment lors de contrôles de police, ont éclaté à plusieurs reprises ces dix dernières années en France.

 

Présence policière dans les rues de Nantes, ce 04 juillet

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