Situation dans les hôpitaux : "On a l'impression de revivre un mauvais film" dit Delphine Mathieu (CHU Tivoli)

La situation sanitaire n’est pas rassurante, en particulier dans certains hôpitaux du pays. En province de Hainaut, le taux d’occupation des lits par des patients Covid-19 augmente sensiblement. Interrogée sur La Première, Delphine Mathieu, infectiologue et hygiéniste au CHU Tivoli à La Louvière décrit "la pression de plus en plus forte qu’elle ressent depuis vendredi : cela nous oblige à réorganiser tous les services. On a besoin de plus de personnel aux soins intensifs".

Les hôpitaux doivent repasser dans la phase 1B du plan de gestion : "On a l’impression de revivre un mauvais film, de repartir dans une histoire qu’on connaît. Il faut recibler au niveau des salles, cela a un impact au niveau des soins intensifs. Tout ce qui est post-opératoire doit aller aux soins intensifs et il va falloir reporter les choses moins importantes. On repart dans un engrenage que l’on connaît. La peur n’éloigne pas le danger mais on a cette impression de déjà-vu, de déjà vécu. Et on sait vers où on peut aller si ça ne s’inverse pas. On a l’impression d’être dans la troisième vague". Les profils des patients hospitalisés ces derniers jours "sont tout à fait différents : les gens en hospitalisation sont plus jeunes, on n’a plus du tout de gens qui viennent de homes. C’est un point qu’il faut mettre en avant avec la vaccination, la moyenne d’âge a vraiment diminué".

Tout refermer et interdire, cela ne marche pas, ouvrir tout sans organisation, je ne pense pas non plus que ça va marcher

"Quand les gens arrivent dans des situations respiratoires un peu limites, ils vont plus rapidement aux soins intensifs. Et les études qui sortent dans les autres pays montrent que la vaccination peut nous aider à revenir à une vie un peu plus sereine pour tout le monde", ajoute-t-elle. "Au vu des chiffres, c’est difficile de se dire qu’on va assouplir maintenant les mesures sanitaires. Le profil des gens dans les salles, on voit que ce sont des réunions festives ou familiales, on a clairement eu des clusters de gens hospitalisés. Tout refermer et interdire, cela ne marche pas, ouvrir tout sans organisation, je ne pense pas non plus que ça va marcher. Et cela aura des impacts sur la prise en charge des autres pathologies Covid. Il faut augmenter la vaccination, et organiser des testings", conclut l’infectiologue.

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