Situation au centre fermé de Merksplas : Myria demande que des mesures soient prises

La semaine dernière, nous révélions les conditions de vie dans le centre fermé de Merksplas : problème de nourriture avariée, douches non fonctionnelles, distanciation sociale très difficile à respecter, isolement des personnes détenues suspectées d’être porteuse du virus au cachot, etc. Dans la foulée de nos révélations, le parti Ecolo a demandé "la libération des personnes enfermées, pour des raisons humanitaires et de santé publique."

L’Office des étrangers (OE) a réagi : l’administration qualifie les images du sandwich avarié "d’incident ponctuel. Il ne s’agit pas d’une situation problématique récurrente. […] La société de catering a immédiatement retiré les sandwichs et a fourni le lendemain une collation supplémentaire pour compenser l’incident". L’OE confirme le problème des douches : une firme contactée par la Régie des Bâtiments "n’a pas encore pu résoudre le problème". L’Office des étrangers précise qu’aucun cas de coronavirus n’est à déplorer dans les centres fermés. "Seuls 4 cas de suspicion pour l’ensemble des centres fermés ont justifié des isolements médicaux de courte durée".

Myria en visite à Merksplas

En réaction à nos informations, Myria, le Centre fédéral Migration, un organisme public autonome, s’est rendu au centre fermé de Merksplas, vendredi dernier. C’est le directeur de Myria en personne, Koen Dewulf, accompagné d’une experte, qui s’y est rendu.

A plusieurs sources, nous avons appris que Myria a pu visiter plusieurs ailes du centre fermé et s’est entretenu avec des membres de la direction et des personnes détenues.

Myria qualifie de "tensions importantes" les relations entre direction et détenus, des tensions provoquées par plusieurs facteurs. D’abord, les décisions de libérations, jugées "arbitraires" par plusieurs détenus que nous avons contactés : Myria indique qu’il y a une réelle incompréhension.

Le problème des douches est également souligné : Myria confirme que le problème date du mois de novembre.

Enfin, et le plus important : "Le problème le plus urgent concerne certainement les mesures prises pour la prévention des infections au COVID-19, son dépistage et les mesures prises en général dans ce contexte", nous indique Myria.

Selon les détenus auxquels nous avons pu parler, c’est effectivement la plus grande inquiétude : "Après l’article, on a reçu deux masques. Des bêtes masques : on est capable d’éteindre une flamme à travers le masque."

Pas de masque pour le personnel

Et ce qui effraie le plus les détenus, c’est l’absence de masques du personnel : "Eux, ils rentrent chez eux, ils voient des gens, puis ils reviennent ici. On leur demande de porter un masque, ils répondent qu’il ne faut pas car ils ne sont pas malades."

Rappelons que le coronavirus se transmet également en cas d’absence de symptômes… Par ailleurs, nous avons pu voir une vidéo d'une chambre où tous les lits étaient occupés, sans respect de la distanciation sociale.

Au vu de tous ces éléments, glanés lors d’une visite qui a duré 3 heures, Myria a envoyé une série de remarques et de recommandations à l’Office des étrangers. Les discussions sont en cours.

Pour Myria, "priorité absolue doit maintenant être donnée aux mesures de prévention et de santé." Contacté pour réagir à la visite de Myria à Merksplas, l’Office des étrangers réserve sa réponse.