"Sirènes Seveso" démontées: comment s'inscrire sur BE-Alert pour ne rien rater en cas de catastrophe, d'incident ou de comité de concertation

Tout le monde se rappelle les sirènes "Seveso" et leurs hurlements stridents une fois par mois histoire qu’elles gardent la forme et leur voix. Officiellement inactives depuis le 1er janvier 2019, ces 570 sirènes placées il y a 20 ans aux alentours des entreprises industrielles avec un risque élevé (les sites nucléaires et autres entreprises Seveso) devraient toutes avoir été démantelées à l’horizon 2022. Jusqu’à présent environ 160 ont été retirées.

Pour les remplacer, le SPF Intérieur et le Centre de Crise ont décidé de se tourner vers un autre système, plus dans l’ère du temps : BE-Alert. Un système développé depuis 2014 et à travers lequel les informations régulières peuvent être facilement et rapidement acheminées vers les sites et les communes sensibles. Concrètement, en situation d’urgence, la plateforme Be-Alert permet aux autorités de diffuser n’importe quel type de message à la population.

Comment ça marche ?

Jusqu’à présent l’alerte et l’information à la population pouvaient donc se faire via les médias, notamment sociaux, ainsi que via les services d’interventions présents sur place. Avec BE-Alert, bourgmestres, gouverneurs ou du Ministre de l’Intérieur peuvent désormais également alerter la population par appel vocal, SMS ou e-mail. Il suffit de s'inscrire.

Pour ce faire, rendez-vous sur le site BE-Alert. Remplissez le formulaire et après activation, vous recevrez une alerte pour toute situation qui pourrait concerner votre domicile. En vous inscrivant, vous êtes informé où que soyez.

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100 SMS à la seconde

Si vous ne vous inscrivez pas, grâce à une technique spécifique, les autorités peuvent également vous envoyer un SMS mais uniquement si vous êtes physiquement présents sur les lieux de l’évènement.

Si Be-alert peut être utilisé en cas d’incidents majeurs (comme le risque nucléaire ou Seveso), il est aussi régulièrement utilisé par les autorités locales en cas d’inondations, d’incendies, problème d’eau de distribution.

Dans les faits, le système est capable d’envoyer plus de 100 SMS à la seconde, 600 messages vocaux et 1000 mails, toujours à la seconde. "Des cadences soutenues, amplement suffisantes pour transmettre de l’information par SMS lors de situations d’urgence à l’échelle d’une ou plusieurs communes, d’une province. Nous travaillons avec nos partenaires (dont les opérateurs) pour les rendre plus élevées encore, ce qui peut s’avérer utile en cas d’alertes de masse. Même si pour ce type d’alertes à très grande échelle, il existe d’autres moyens très efficaces à mettre en œuvre (dont les médias)", nous a précisé Antoine Iseux, porte-parole du Centre de crise national.

"Nostalgie" des sirènes et fracture numérique

À l’annonce de la suppression de ce réseau de sirènes, beaucoup se sont pourtant demandé si le nouveau système était aussi efficace que le précédent qui ne dépendait pas des technologies modernes, auxquelles d’ailleurs beaucoup d’aînés ne sont pas habitués. Ce fut notamment le cas à Huy où le député fédéral et conseiller communal Samuel Cogolati (Écolo) estimait que "cette fonction de sûreté et d’alerte ne peut être efficacement remplacée par des messages SMS. Les habitants ne reçoivent pas les SMS BE-Alert lorsque leur téléphone est coupé, par exemple en pleine nuit. Or, une sirène Seveso, on l’entendait et elle pouvait nous alerter !".

Le ministre de l’Intérieur de l’époque, Pieter De Crem (CD&V) lui avait rétorqué que "de toute façon, la commande centrale ayant été retirée et il n’était plus possible d’utiliser les sirènes pour alerter la population, ni même pour réaliser des tests". Fin du débat, le système étant jugé par ailleurs trop coûteux et de piètre qualité, les haut-parleurs étant incapables d’émettre un message audible.

Pour remédier à ce manquement, certaines communes ont depuis mis en place la possibilité de s’inscrire aux guichets de leur administration. Mais la mesure n’est pas encore généralisée et la question de la fracture numérique demeure.

893.235 adresses enregistrées

A côté du Centre de crise National et des Gouverneurs de province, 505 Communes ont souscrit au projet (et peuvent donc alerter directement leurs citoyens sur leur territoire). BE-Alert est une boîte à outils en évolution (un projet d’inclure les panneaux routiers ou des App de partenaires est par exemple en développement).

Pour le moment, 893.235 adresses ont été enregistrées dans BE-Alert par 726.449 personnes (un citoyen peut inscrire jusqu’à 5 adresses, par ex. ajouter son lieu de travail, le lieu de résidence d’un parent plus âgé, une seconde résidence, afin d’être averti d’un incident même en n’étant pas sur place).

Pas assez ?

Les mauvaises langues diront que 893.000 adresses répertoriées par 726.449 utilisateurs ne sont pas grand-chose par rapport à la population du pays. Interrogé sur la question, le porte-parole du Centre de crise fédéral a tenu à préciser "que derrière chacun de ces messages, c’est aussi tout un groupe de personnes qui sera alerté, cela va être le cas évidemment des membres du foyer de la personne alertée, mais pensons également aux personnes ayant inscrit leur collectivité. Directeur d’école, responsable d’entreprise, de galerie commerçante, etc. pourront prendre des mesures pour leur personnel, clients ou élèves".

"En outre, en cas d’urgence, les autorités peuvent également, via le module alert-sms présent dans Be-Alert, avertir par SMS tout GSM présents dans la zone, sans que leurs utilisateurs n’aient eu besoin de s’inscrire. Enfin les autorités n’utiliseront jamais Be-Alert seul, d’autres moyens de communication seront toujours utilisés selon la situation (médias, médias sociaux, services de secours sur le terrain…)" précise-t-on du côté du Centre de crise national.​​​​

Régulièrement utilisé

Ce mardi encore, suite à l’incendie à Knokke, les autorités de la commune et celles de Damme, ont envoyés 5663 SMS et 1550 appels vocaux aux riverains du site, pour leur demander de fermer portes et fenêtres.

Les gouverneurs des provinces ont également utilisé BE-Alert, le 8 janvier lors de la panne du réseau 112, pour communiquer les numéros alternatifs mis en place.

Le système a également été employé à Chaumont-Gistoux le 15/02, à Liège le 13/03, à Ciney le 22/03 et à Charleroi le 25/03.

BE-ALert est aussi utilisé dans le cadre de la lutte contre le coronavirus. Des mails sont ainsi envoyés régulièrement à l’ensemble des inscrits pour détailler les mesures entrant en application, notamment après chaque comité de concertation. 

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