Silicon Valley: une école interdit tout appareil high-tech

Le New-York Times fait le point sur un phénomène qui prend de l’ampleur dans cette partie ultra-connectée de la Californie.

La Waldorf School of Peninsula est située dans la région de Palo Alto, haut lieu de la recherche high-tech et des sociétés informatiques comme Google, Facebook, Apple ou Hewlett-Packard. La philosophie de l’école est simple, l’enseignement y est donné sur base des méthodes qui ont fait leurs preuves : un apprentissage transmis par des activités créatives, physique et manuelles.

Le projet éducatif de l’école Waldorf prône le bannissement dans l’établissement de tous les appareils high-tech. Les ordinateurs, tablettes et autres smartphones y sont donc interdits et leurs utilisation à la maison est fortement déconseillée. L’objectif est d’empêcher les ordinateurs d’"inhibé la pensée créative, la liberté de mouvement, les interactions sociales et l’attention nécessaires" aux élèves pour développer leurs ouverture au monde.

Une philosophie à contre-courant

Le projet d’apprentissage de l’école Waldorf peut surprendre à l’heure où une majorité des autres écoles se pressent à moderniser leurs établissements grâce aux technologies sans fil et aux dernières innovations techno-éducatives. Des écoles pilotes comme la Kyrene School en Arizona misent, elles, sur le "pari éducatif high-tech", où les élèves utilisent des tableaux blancs interactifs et des ordinateurs dès le plus jeune âge.

A l’école Waldorf, on retrouve les vieux tableaux noirs et les craies de couleurs, les bancs en bois remplis de cahiers de notes, et les étagères pleines d’encyclopédies.

Les parents travaillent en majorité pour des entreprises high-tech

L’idée est compréhensible mais néanmoins étonnante pour une école qui se trouve en plein milieu du centre névralgique de la révolution numérique. Elle devient presque ironique quand on se rend compte que les parents des élèves sont en fait issus des plus grandes entreprises de développement des nouvelles technologies.

Le directeur technique d’eBay, des cadres supérieurs d’Apple, de Google et d’autres sociétés à la pointe de la recherche y placent leurs enfants, payant jusqu’à 19 000 euros l’année.

Certains voient la situation avec un certain cynisme

A croire que ceux qui développent toutes ces innovations technologiques et en louent les qualités n’ont aucune envie de voir leurs enfants en profiter. Les producteurs d’appareils numériques connaissent les qualités de leurs produits, mais aussi leurs défauts : l’utilisation d’internet divertit les élèves, les détourne du savoir. Des enquêtes confirment d’ailleurs ce point de vue: Kyrene School, la surenchère technologique à l'école.  

Les parents de l’école Waldorf préfèrent miser sur une méthode éducative vieille d’un siècle, mais qui a fait ses preuves. Pour eux, un professeur talentueux sera toujours plus efficace qu’une classe connectée à internet.

Pas de contradiction pour les parents

Les parents n’y voient pourtant pas de contradictions fondamentales et soutiennent qu’il y a un moment pour chaque chose. Un père, qui œuvre chez Google, confirme :"Si je travaillais chez Miramax et que je réalisais des films géniaux, artistiques, mais catégorisés [enfants non admis], je ne voudrais pas que mes enfants les visionnent avant l’âge requis."

Les écoles interdisant les appareils high-tech sont de plus en plus nombreuses. La Californie compte une quarantaine d’écoles Waldorf.

JCD avec The New York Times   

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