Signes convictionnels à la Stib : "Il n'y a pas d'accord possible" au sein de la majorité, pense Rudi Vervoort

L’affaire fait beaucoup parler dans les hémicycles et sur les plateaux de télévision cette semaine, le renvoi au gouvernement bruxellois de la question de savoir si la Stib doit ou non aller en appel de l’arrêt du tribunal du travail condamnant la société bruxelloise de transport public pour discrimination à l’embauche à l’égard d’une femme portant le voile. Comment vont se positionner les édiles de l’exécutif bruxellois ? Le ministre-président de la région, Rudi Vervoort (PS) était l’invité de Thomas Gadisseux et de François Heureux ce matin sur la Première.


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"Un mouvement se dessine"

Et la réponse de l’intéressé est plutôt claire : selon lui, "il n’y a pas d’accord possible au sein de la majorité. Il s’agit d’un consensus difficile et le sentiment que j’ai, c’est que consensus ne se trouvera pas au niveau du gouvernement ". Et Rudi Vervoort de justifier : "Cette question-là, si elle n’a pas été inscrite dans l’accord de majorité, ce n’est pas par distraction. On a assuré ça lors des négociations". Il y a une ligne de fracture entre la majorité. Entre un parti comme Défi partisan d’une laïcité forte, et d’autres, notamment les partis de gauche, plus favorables à des assouplissements"S’il y a bien un niveau qui est pertinent" dans le débat sur la neutralité dans les services publics, "c’est celui du parlement, quitte à arriver à la définition d’une ordonnance-cadre". Mais selon Rudi Vervoort, "le PS est en réflexion. Il y a un mouvement qui se dessine. Une réalité à Bruxelles et dans les grandes villes qui veut qu’il y a une évolution qui va se faire". Le socialiste se dit nuancé par la "neutralité inclusive". A définir maintenant quelles sont les limites de celle-ci.


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Et celui-ci de rappeler que l’autorisation du port du voile pour les jeunes filles dans enseignement supérieur organisé par la région a été actée. Mais pour ce qui est des signes convictionnels dans l’espace public, c’est donc une tout autre histoire…

L’Everois pense donc que, dans l’optique – probable —, que le gouvernement régional ne trouve pas d’accord, "La Stib devra modifier son règlement. Et rien n’empêche de définir des conditions strictes par rapport à cela". Et de quand même laisser sous-entendre une inflexion possible : "La jurisprudence européenne en la matière à un principe de base : la liberté religieuse. L’enjeu de la neutralité c’est par rapport au citoyen, usager des services publics. Celui-là ne doit pas se sentir discriminé par un signal religieux porté par la personne qu’il a en face de lui. Là on peut avoir une réflexion sur l’interdiction. Mais l’interdiction généralisée, que ça ne plaise ou que ça ne plaise pas, à mon sens ça pose un problème", souligne-t-il.


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Cas par cas

On resterait donc dans le "cas par cas". "On a vécu ça à Actiris en 2018. On est dans le même cas de figure, se souvient le socialiste. On peut regretter que cela n’ait pas amené une réflexion globale qui permette pour une fois d’en sortir", déplore-t-il. Et le ministre-président bruxellois de citer aussi Bart Somers (Open Vld) qui a autorisé le port du voile dans l’espace public à Malines.


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Reportage JT du 1er juin :

Ecrans géants au placard

Autre question d’actualité : l’Euro de football. La région a pris la décision de ne pas autoriser les écrans géants, du moins dans un premier temps. "On n’est pas dans des conditions sanitaires pour écrans géants" repère Rudi Vervoort. Des rassemblements de 4 ou 5000 personnes qui sautent partout et s’embrassent dès qu’il y a un goal, ce n’est pas possible pour lui. Par contre, sur les terrasses de café, on peut mettre des télévisions. La règle sera néanmoins qu’on ne pourra plus se trouver à l’intérieur des établissements à partir de 22 heures, et en extérieur de ceux-ci (terrasses) à partir de 23h30.

Rudi Vervoort pense que la situation peut être gérable sur les places et les terrasses bruxelloises. Chaque bourgmestre avisera, préconise-t-il. Quant à savoir si les écrans géants pourront être de sortie si nos Diables performent et arrivent vers les quarts ou demi-finale… "On ne va pas non plus fixer les règles en fonction de l’évolution des Diables Rouges" rétorque le ministre-président.

Ecrans géants, mode d’emploi dans notre JT du 2 juin :

Convaincre les réticents à la vaccination

Les invités se sont aussi penchés sur la vaccination. Et sur le fait que près d’un quart des vaccins bruxellois a été administré à des Flamands ou à des Wallons.

"Le bon sens doit l’emporter" selon Rudi Vervoort. "Il faut être solidaires, mais s’il y a un problème de gestion de stock à Bruxelles, il n’est pas illégitime que l’on récupère une partie pour pouvoir vacciner nos concitoyens. Mais c’est au niveau du fédéral que l’arbitrage devra se faire" souligne-t-il.

C’est au niveau du fédéral que l’arbitrage devra se faire


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Et pousser aussi à la vaccination, et ce, dans tous les quartiers. "Il y a un véritable travail de conviction à faire, parce qu’y compris dans la vaccination, cette crise sanitaire montre et démontre qu’une fracture sociale existe dans les grandes villes, et à Bruxelles en particulier. Ça se décline sur les taux de contaminations jusqu’aux taux de vaccination" explique le ministre-président. Celui-ci souligne un travail sur les marchés, des démarches de rencontre dans les différents quartiers via des associations… Pour la campagne de vaccination à Bruxelles-Capitale, "on est dans la décentralisation permanente" selon Rudi Vervoort.

Revoir "QR, le débat", de ce mercredi 2 juin :

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