Sida: le vrai et le faux des risques de contamination du VIH

Si les dangers liés au VIH (Virus de l’Immunodéficience Humaine) sont relativement bien connus, avec le risque de développer le sida (syndrome de l’immunodéficience acquise), la façon dont le virus se transmet est parfois encore méconnue. Pour certains, le niveau d'information sur les risques de contamination au VIH est même préoccupante. 

Voici quelques rappels sur ce virus et sur la façon dont il se transmet, avec l'appui du guide pédagogique "Risky or not risky" de SIDA'SOS.

Tenir la main d'un séropositif est risqué, c'est faux !

La peau n’est pas une porte d’entrée pour le VIH. De plus, il n’y a pas de liquide contaminant impliqué lors de contacts de peau à peau. Tenir la main de quelqu'un porteur du virus ou avoir des contacts de peau à peau comme échanger des massages, danser ou se masturber ne présente aucun risque.

Le VIH peut se transmettre par la salive, c'est faux ! 

Embrasser quelqu’un, même très passionnément et avec la langue, n’amène pas de risques de contamination. La salive n’est pas un des 5 liquides pouvant transmettre le VIH. On peut donc aussi boire dans le même verre qu’une personne vivant avec le VIH/SIDA.

La transpiration est un vecteur de transmission du VIH, c'est faux ! 

La transpiration ne présente aucun risque de contamination. Pratiquer un sport, même de contacts avec une personne séropositive ne représente donc aucun danger.

La pilule contraceptive d’urgence peut empêcher la transmission du virus, c'est faux !

La pilule est un moyen de contraception, elle ne protège en aucun cas des IST et du VIH/SIDA.

Il faut être prudent lors de l'échange de brosses à dents ou de rasoirs, c’est vrai !

Le brossage de dents ou le rasage peuvent causer des microlésions à la bouche et laisser des traces de sang sur l’ustensile. Il vaut donc mieux être prudent. Toutefois, le VIH/SIDA survit moins de quelques minutes à l’air libre. Il faudrait donc que deux personnes utilisent le même rasoir ou la même brosse à dent dans un très court délai et que les deux personnes aient des plaies ouvertes (porte d’entrée pour le VIH) dans la bouche ou l’endroit rasé pour qu’il y ait une contamination. Il est également conseillé de ne pas se brosser les dents avant ou après un rapport oro-génital, car on crée des portes d’entrée au VIH au niveau des gencives.

Se faire un piercing ou un tatouage est risqué, c'est faux ! (si les conditions d'hygiène sont respectées)

Réalisé par une personne professionnelle qui utilise des instruments répondant aux normes de sécurité et d’hygiène, (instruments stériles et à usage unique), un piercing n’implique pas de risque d’exposition au VIH/SIDA. Le matériel pour piercings est depuis plusieurs années à usage unique en Belgique. Réalisé de manière professionnelle avec des instruments répondant aux normes de sécurité et d’hygiène (instruments stériles), un tatouage n’implique pas non plus de risque d’exposition au VIH/SIDA. Le matériel pour tatouage est depuis plusieurs années, lui aussi, à usage unique.

Une piqûre de moustique peut vous contaminer, c'est faux !

Le moustique ne transmet pas le VIH. Le VIH ne se transmet que d’être humain à être humain. Même s’il pique une personne contaminée par le VIH, la quantité de sang est trop infime pour qu’il y ait un risque de contamination. De plus, le moustique suce le sang mais ne le réinjecte pas ensuite dans la prochaine personne qu’il pique.

Pratiquer le cunnilingus présente un risque, c'est faux !

Il n'y a quasiment aucun risque pour le cunnilingus. Le virus ne survit pas à l'air et ce contact n'est pas assez pénétrant.  Généralement, il n'y a pas de risque excepté en présence de sang (règles, blessures, etc.). 

Recevoir une fellation est risqué, c'est faux !

Il n’y a pas de risque VIH quand on se fait faire une fellation.

Faire une fellation est risqué, c'est vrai ! (mais le risque est peu courant)

Lors des rapports oro-génitaux, plusieurs liquides peuvent entrer en contact avec la muqueuse buccale. Ex : le liquide pré-éjaculatoire et le sperme sont en contact avec la bouche. Pour se protéger d’une éventuelle transmission du VIH lors d’une fellation, il faut utiliser un préservatif. Le risque de transmission est augmenté en cas de problèmes buccaux chez celui/celle qui pratique la fellation (gingivite, angine, candidose, plaie ouverte et récente comme des soins dentaires…

La transfusion sanguine présente un risque de contamination, c’est faux ! (en Belgique en tout cas)

Aujourd’hui, le sang est testé par les laboratoires. Il n’est donc plus possible en Belgique de recevoir du sang contaminé par le VIH/SIDA ou encore par l’Hépatite B et C.

La sodomie est une pratique sexuelle à risque, c’est vrai !

L’anus est une muqueuse très sensible et qui n’est pas lubrifiée naturellement, ce qui peut créer des micro-fissures et saignements lors d’une pénétration. Pour éviter ces situations on peut utiliser un lubrifiant, (uniquement à base d’eau avec un préservatif). Les micro-fissures sont des plaies ouvertes et constituent donc des portes d’entrée pour les liquides contaminants, il faut donc se protéger à l’aide d’un préservatif. Les préservatifs internes sont plus résistants et adaptés pour les pénétrations anales.

L'échange de sextoys présente un risque de contamination, c'est vrai !

Lors d’échange de "sextoys", certains liquides contaminants peuvent être présent et rester sur le sextoy et ensuite être en contact avec une muqueuse. Afin d’être sûr d’éviter la transmission du VIH, il faut utiliser un préservatif avec les sextoys.

Devenir "frère de sang" est potentiellement dangereux, c'est vrai !

Le fait de frotter deux plaies ouvertes et de se partager du sang constitue une situation très risquée !

Les toilettes publiques représentent un danger, c’est faux !

Partager des toilettes avec une personne séropositive ou utiliser des toilettes publiques ne représente aucun risque de contamination au VIH.

Sniffer de la drogue en groupe est risqué, c'est vrai !

Lors d’un sniff de drogue, des "microlésions" se créent dans la muqueuse nasale. Ces "microlésions" peuvent entraîner des saignements. Dès lors, si plusieurs personnes partagent la même paille de sniff, le sang contaminé d’une personne peut être en contact avec les muqueuses nasales d'une autre personne et donc l’infecter.

Une personne porteuse de virus peut ne plus transmettre, c'est vrai !

Lorsqu’une personne séropositive suit un traitement, le suit correctement (respects des doses, régularité des prises, avec ou sans repas…) et fait des bilans réguliers, sa charge virale devient indétectable lors de la prise de sang. Dès lors, le risque qu’elle transmette le virus du VIH par voie sexuelle est supprimé, quelles que soient les pratiques (rapports vaginaux, anaux, oraux).

Attention, même si on ne détecte plus la présence du virus, la personne n'est pas définitivement guérie. On ne guérit pas encore du SIDA même si les trithérapies permettent aux patients de mener une vie normale avec des traitements allégés. Elles permettent même d'avoir une vie sexuelle normale sans risque de contaminer son partenaire. Et même d'avoir des enfants qui ne seront pas porteur du VIH.

Rapports sexuels à risque, un calculateur de risques est disponible en ligne

Le site preventionist.org propose aussi un test en ligne si vous pensez que vous avez eu des rapports sexuels à risque. Attention, comme rappelé sur la plateforme, ce calculateur donne une estimation des risques selon les connaissances actuelles. Il ne remplace donc pas un dépistage et ne fait pas de diagnostic. 

Pensez dépistage !

En cas de prise de risque, le dépistage est indispensable. Il existe maintenant des auto-tests vendus en pharmacie et délivrés sans prescription médicale. Si ces auto-tests sont un outil supplémentaire de dépistage du VIH, le diagnostic de l'infection par le virus responsable du sida doit ensuite être confirmé par un médecin ou un centre de dépistage. Un dépistage qui est gratuit dans certains centres.  

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