Sida: "Certains jeunes prennent des risques, car ils sont mal informés"

Des jeunes se mobilisent pour faire évoluer les mentalités sur les IST
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Des jeunes se mobilisent pour faire évoluer les mentalités sur les IST - © Tous droits réservés

Ce 1er décembre, c'est la journée mondiale de lutte contre le sida. Le nombre de contaminations diminue ces dernières années et la médecine permet aux personnes vivant avec le VIF qui sont détectées et traitées de mener une vie beaucoup moins difficile qu'auparavant. Les derniers traitements permettent de limiter les prises de médicaments et leurs effets secondaires. Ils permettent aussi aux personnes séropositives sous traitement de devenir "indétectables". Elles ne risquent dès lors plus de contaminer leurs partenaires sexuels, même sans préservatif.

Premier constat donc, les derniers chiffres publiés par Sciensano (ex-Institut scientifique de Santé publique) sont plutôt positifs pour la Belgique. Même s'il y a encore plus de deux nouveaux cas du VIH détectés chaque jour en moyenne, le nombre d'infections diagnostiquées a baissé de 2% entre 2016 et 2017. Il a même baissé de plus d'un quart en 5 ans pour atteindre le nombre de 890 personnes détectées positives au VIH en 2017.

>> À lire aussi : Sida: le vrai et le faux des risques de contamination du VIH

Cependant, il reste beaucoup de méconnaissance autour du virus VIH et de la maladie du sida. C'est le cas, notamment auprès du jeune public. Beaucoup de jeunes ne sont pas conscients des risques de contamination du VIH auxquels ils s'exposent ou non.

"Les jeunes ont plus vite des rapports sexuels, donc plus de risques et on se protège moins"

Et ce sont des jeunes étudiantes infirmières qui le disent elles-mêmes. Lies est étudiante en première année à la HELB Ilya Prigogine. Après avoir suivi une matinée d'information autour des IST organisée par SIDA'SOS au sein de son école, elle se dit relativement bien informée sur les risques liés au VIH. Une information reçue d'abord à l'école puis en consultant des sites jugés fiables car "certains sites publient parfois des choses qui ne sont pas vraies". Mais pour elle, il y a un manque général d'informations : "On a juste un cours à l'école. On devrait être un peu plus informés. Maintenant, je trouve que les jeunes ont plus vite des rapports sexuels, donc plus de risques et on se protège moins".

Risques de contamination au VIH parfois exagérés

Laurie est un peu plus âgée. Elle est en quatrième année d'études en santé communautaire sur le même campus que Lies. Et elle a été formée par SIDA'SOS et ses partenaires pour animer des ateliers de prévention des IST à destination des autres élèves. Elle constate après avoir échangé avec les autres étudiants que le manque de connaissance est parfois criant. Certains risques d'exposition au VIH sont minimisés, d'autres exagérés, voire totalement hors sujet.

Certains d'entre eux pensent, par exemple, qu'on peut attraper le VIH/sida à cause d'une transfusion de sang. "Beaucoup ont tendance à dire que c'est à risque parce qu'il y a un acte avec du sang qui peut être potentiellement contaminant mais il faut savoir qu'ici en Belgique le sang est testé et qu'on ne court pas de risque". Plus inquiétant, "Beaucoup nous ont dit au début, si j'embrasse  quelqu'un qui a le VIH, je risque de l'attraper". C'est aussi le cas pour la transpiration qui est parfois jugée comme un vecteur du virus alors que ce n'est absolument pas le cas.

Les étudiants sont très mal informés

Céline Danhier est la directrice de SIDA'SOS. Avec son équipe, elle pilote des parcours de prévention autour de la santé sexuelle à destination des jeunes. "En haute-école ou dans les universités, les étudiants sont très mal informés. Par rapport à leur santé sexuelle, par rapport à leur anatomie, par rapport aux infections sexuellement transmissibles, aux risques liés à la transmission du VIH". 

Le constat qu'elle dresse est sans détour : "Certains jeunes prennent des risques parce qu'ils sont mal informés. On peut constater aussi que 70% des jeunes n'utilisent pas correctement le préservatif. Il faut les informer sur les moyens de protection, les types de dépistage mais aussi sur les différents liquides qui transmettent le VIH, les muqueuses qui sont les portes d'entrée de ces liquides..."....".

Mauvaise information, source de discriminations

"Beaucoup pensent encore que le moustique transmet le virus alors que c'est faux, beaucoup nous parlent de liquides comme la salive qui pourrait transmettre le virus et ça c'est évidemment faux", explique Céline Danhier.

Des informations inexactes sur la façon dont le virus se transmet, mais aussi un manque de connaissance sur le statut des personnes séropositives. "Il faut savoir qu'une personne séropositive qui est sous traitement depuis au moins six mois et dont la charge virale est indétectable (ndlr la quantité de virus dans le sang est extrêmement faible après analyse) ne transmet plus le VIH". C’est le cas de 97% des personnes suivies.

Pour la directrice de SIDA'SOS : "Toutes ces méconnaissances des jeunes font qu'il y a encore des discriminations à l'heure actuelle envers les personnes séropositives que ce soit avec les proches (famille, amis, partenaire,...), sur les lieux de travail, au niveau des assurances ou même au sein du milieu hospitalier ou parfois on met encore des chambres en quarantaine parce qu'il y a une personne séropositive qui arrive ou bien encore chez le dentiste".

Des discriminations souvent liées à un manque d'information et de connaissances et donc qui engendrent une peur irrationnelle par rapport aux personnes qui vivent avec le VIH. 

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