"Si ça ne vous plaît pas, retournez à Kinshasa": altercation raciste dans un train vers Liège

La scène a été enregistrée grâce à un téléphone portable. Cela se passe le mardi 15 octobre dernier dans un train à destination de Liège. On y entend distinctement un policier dire : "Je suis policier fédéral des chemins de fer et selon un arrêté ministériel, je peux demander la carte d’identité de toute personne sans le moindre motif". Joël Twambi, dit Joshua, la personne visée, réplique. Le policier finit par lui dire: "Si ça ne vous plaît pas, retournez à Kinshasa". La SNCB réagit : "Tout propos raciste est évidemment inacceptable".

Joshua Twambi revenait de Londres, ce soir-là. À côté de lui, une dame se fait contrôler et ne présente pas un titre de transport valable. Le contrôle appelle alors les agents de sécurité qui arrivent à deux dans le wagon. Les policiers se tournent ensuite vers lui, lui signifient que son titre de transport n’est pas valide. Joshua, sûr de son bon droit, réplique qu’il ne voit pas le problème puisque tout s’est bien passé pour l’aller, avec le même ticket.

Le ton monte rapidement, un policier lui demande sa carte d’identité. "Pourquoi ?", demande le passager. "Je suis policier fédéral des chemins de fer, selon un arrêté ministériel, je peux demander la carte d’identité de toute personne sans le moindre motif", répond-il. Joshua s’insurge et ironise : "Vive le système belge, vraiment…"

Et le policier de rétorquer : "Si ça ne vous plaît pas, Monsieur, retournez à Kinshasa. Vous êtes né à Kinshasa, non ? Si le système belge ne vous plaît pas, retournez-y". Des propos racistes que le policier réitère à plusieurs reprises. L’un d’eux a fini par prendre Joshua en photo, tout en précisant : "Pour ma collection personnelle."

Retrouvez ci-dessous le témoignage en vidéo de Joshua.

"Chaque policier doit être maître de son intervention et de son comportement"

La police des chemins de fer, par la voix de sa directrice générale, Stéphanie Silvestre réagit et précise que, ce matin, en prenant connaissance de la vidéo, l’inspecteur mis en cause a pu être identifié et "directement j’ai saisi le service d’enquête interne pour faire toute la lumière sur cette affaire." L’enquête sera rapide puisque, toujours selon Stéphanie Silvestre, ce sont des faits assez sensibles et non-acceptables.

"Tout policier doit être maître de son intervention, de ses propos et de son comportement. Et donc, clairement, si ces faits sont arrivés, c’est inacceptable." Si les faits sont avérés, l’inspecteur en question sera puni mais "c’est l’enquête qui déterminera si ce sont des faits exclusivement disciplinaires ou si l’on doit porter l’affaire également au pénal." On ne sait pas si cet agent était connu pour des frais similaires.

"Tout propos raciste est inacceptable"

Aujourd’hui la SNCB donne des précisions : "Il ne s’agit pas d’un agent Securail, donc la personne qui tient ces propos racistes ne travaille pas pour la SNCB, mais dépend de la police fédérale. Nous travaillons maintenant à savoir si le titre de transport de cette personne était valide ou non. Nous voulons savoir pourquoi l’accompagnateur a fait appel à la police" avant de préciser que, pour la SNCB, "tout propos raciste est évidemment inacceptable".

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