Septembre, mois de commémorations de la libération de Bruxelles et du début de la seconde guerre mondiale

Cela fait 75 ans aujourd'hui que les premières troupes américaines entraient en Belgique. Le 2 septembre 1944, ce sont les toutes premières qui arrivaient à Cendron, dans la Botte du Hainaut, du côté de Chimay. Le 3, ce sont les Anglais qui firent leur entrée à Bruxelles, le 4 à Anvers, le 5, les Américains libéraient Namur, le 6, ils étaient à Liège et le 10 à Arlon.

En une semaine, c'est donc tout le pays qui fêtait le retour de la liberté retrouvée, le goût des saveurs oubliées, comme le café ou le chocolat, et en découvrait d’ailleurs d’autres, comme le chewing-gum et le Coca Cola, associés pour longtemps à l’Amérique.

Cette année marque donc les 75 ans de la Libération, une commémoration synonyme d’émotion et de joie, et pourtant ces 2 et 3 septembre marquent également un autre anniversaire, celui des 80 ans du début de la Seconde Guerre mondiale . 

" En cette grave, pour la deuxième fois dans la vie de la plupart d’entre nous, nous sommes en guerre". Ce discours, c'est celui de George VI, le roi d’Angleterre, qui a inspiré le film "Le Discours d'un Roi" sorti en 2010. Ce fameux discours annonce l’entrée en guerre de la Grande-Bretagne contre l’Allemagne nazie qui venait d’envahir la Pologne ; c’était le 3 septembre 1939.

Une crainte tenace

Ce genre de date anniversaire prend un sens différent selon les pays concernés, car en Belgique, le souvenir festif de la Libération de septembre 1944 a gommé le souvenir douloureux de septembre 1939, mais il n’en est pas de même partout, et particulièrement en Pologne.

C’est l’attaque par l’Allemagne de la Pologne le 1er septembre 1939 qui constitue le déclenchement de la Seconde Guerre. Hier en Pologne, 80 ans après l’agression, le président allemand, Frank-Walter Steinmeier, a demandé pardon aux Polonais lors d’une cérémonie.

Son discours sur les crimes contre l’humanité commis alors par l’Allemagne était également destiné aux néonazis encore présents dans son pays, qui ont tendance à minimiser les crimes du Troisième Reich.

Son message résonne d’autant plus que le parti d’extrême droite AfD a justement réussi ce dimanche une importante et inquiétante percée dans les deux Länders qui jouxtent justement la frontière polonaise.

Aujourd'hui encore, ces événements historiques continuent de peser sur les relations diplomatiques. Pour la Pologne, cette solennelle demande de pardon de l’Allemagne contraste avec l’absence de Vladimir Poutine aux cérémonies parce qu’il n’était pas invité.

C’est un signe que la méfiance des Polonais reste grande envers le voisin russe, qui fut d’ailleurs en 1939 l’autre agresseur de la Pologne en vertu d’un pacte entre Staline et Hitler pour se la partager, mais surtout qui a aussi mis la Pologne sous tutelle soviétique jusqu’à la chute du Mur de Berlin.