Sentinel-2B, le dernier-né des satellites européens d'observation de la Terre

Sentinel-2B est un satellite qui porte bien son nom. Ce dernier-né des satellites d’observation de la Terre va surveiller comme jamais les moindres changements à la surface de notre planète. Son lancement s'est déroulé ce mardi dans la nuit depuis la base française de Kourou en Guyane. Un satellite en partie belge: le centre spatial de Liège et la société liégeoise Amos ont participé au projet, en fournissant entre autres les trois miroirs d'un instrument à bord des satellites.

"Sentinel 2-B" est le quatrième d’une famille de satellites européens d’observation de la terre, dernier cri. Il a rejoint son frère jumeau "Sentinel 2-A" sur la même orbite ce mardi. A deux, ils vont passer au peigne fin, à 10 mètres près et en couleurs, toutes les terres émergées, les zones côtières, les lacs et les villes… Ils repasseront au même endroit systématiquement tous les cinq jours. Ce qui devrait leur permettre de débusquer même la plus minime des transformations de la surface. Les missions sont multiples.  

Observation des terres cultivables

Ils vont aider les agriculteurs. Grâce à des instruments de pointe, et au survol très régulier des mêmes terrains, ils pourront établir le taux de chlorophylle ou d’eau dans les feuilles, des informations très importantes pour évaluer les rendements de la future récolte ou les dates de traitement des cultures. A plus long terme, cela servira aussi à garantir à l’humanité une certaine sécurité alimentaire. A l’heure où nous sommes près de 7 milliards d’humains sur terre, il faudra bien assurer de la nourriture pour tout le monde.

Observation des terres habitées

Sentinel-2B va surveiller l’extension des villes, cartographier les zones d’habitats ou de campagne. Les informations intéressent cette fois les autorités locales. Comment établir des plans de développement qui restent en équilibre avec les espaces naturels ? Où construire ? Quelles sont les zones inondables ? Quelles sont les zones naturelles où il vaudrait mieux ne pas bâtir ? Rien n’échappera à leur vigilance, ces petits bijoux de technologies traqueront les problèmes d’environnement : prolifération des algues le long des côtes, pollution des lacs ou des rivières, désertification, déforestation, mais aussi suivi de catastrophes comme des incendies de forêts, ou des éruptions volcaniques, des glissements de terrain.

Des quantités astronomiques d'informations distribuées gratuitement

Les équipements de communication de ces satellites, c'est du jamais vu. Ils transmettent une quantité inimaginable d’informations de manière excessivement rapide. Depuis Kourou en Guyane, François Spoto, directeur du programme Sentinel-2 à l’ESA, l’Agence spatiale européenne, nous explique la prouesse : "Aujourd’hui, l’Europe fournit au monde un système sur la base duquel les données sont distribuées gratuitement (..) Des groupes universitaires, académiques ou commerciaux y ajoutent une certaine valeur et fournissent ensuite toutes ces données à des utilisateurs qui travaillent dans des domaines très variés."

"De grosses exploitations agricoles consomment déjà aujourd’hui ces dernières images satellitaires. Les propriétaires peuvent ainsi désormais gérer au mieux leur production. Ils décident suivant les mesures faites par satellite, où arroser et quand, où fertiliser."

Il aura fallu 8 ans pour tout mettre au point. Une soixantaine d'entreprises européennes ont travaillé ensemble dont plusieurs entreprise belges comme Amos pour le polissage des miroirs. Le budget est de 350 millions d'euros. 

Et ce n'est pas fini. L'ESA, l'Agence spatiale européenne, devrait envoyer dans les prochains mois d'autres Sentinel, petits frères des premiers pour surveiller cette fois, plus spécifiquement, les océans ou les mers mais aussi notre atmosphère.

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