Semaine de la mobilité en Wallonie : "Il faut vraiment réduire l'autosolisme"

Comme chaque année dans toute l’Europe, des dizaines de villes et régions se mobilisent dans le cadre de la Semaine de la mobilité, qui se déroule jusqu'au 22 septembre. Cette année, la Wallonie ne déroge pas à la règle avec pour thème : repensons l’espace public. Le slogan "l’espace public, ça se partage" indique qu'il faut "remettre à l’honneur le fait que les gens ont réinvesti l’espace public et on voudrait par la même occasion qu’ils réapprennent la convivialité et le respect de tous les usagers sur cet espace. Ça a été important pendant le confinement de rappeler les règles par exemple sur le RAVeL, et donc on voulait aussi que tout ce qui est aménagements temporaires qui ont été réalisés pendant le confinement, par exemple mettre des zones 30, des zones 20, des pistes et des rues cyclables, soit à nouveau bien réfléchis, voir s’ils sont pertinents et voir si c’est important de les pérenniser à l’avenir", explique Alice Gobiet, coordinatrice de la Semaine de la mobilité en Wallonie, interrogée sur La Première.

"Cette année est la 21e année. Pour nous, les enjeux restent tout de même la grande idée que la mobilité puisse améliorer la qualité de vie des citoyens et leur santé. On va donc travailler sur tous les aspects — la pollution, la qualité de l’air, l’environnement, décongestionner les centres-villes et les grands axes — mais de manière générale, pour nous, c’est vraiment réduire l’autosolisme, qui est encore bien trop pratiqué, donc le fait que la voiture soit utilisée par une personne à la fois. On n’est pas anti-voiture pendant la Semaine de la mobilité, mais on demande juste aux gens de réfléchir à leur trajet", poursuit-elle.

Des solutions

Pour améliorer l'offre de transport, "la chose sur laquelle on a beaucoup travaillé ces dernières années, ce sont les centrales locales de mobilité. C’est un nom un peu barbare qui fait vraiment le lien entre l’offre et la demande. On a un exemple parfait dans l’Entre-Sambre-et-Meuse avec MOBILESEM, qui est une ASBL. Leur job est par exemple de répondre au téléphone et de trouver des solutions pour les gens qui vont les appeler, qui ne savent pas se déplacer et qui ne sont pas toujours spécialement au courant des solutions qui s’offrent à eux. C’est donc vraiment quelque chose qu’on peut mettre en place. Et de manière plus générale, c’est le développement de tous ces points mobilité, donc de créer dans des zones traversées des endroits où il y aura une concentration des moyens de transport et avoir des lignes structurantes qui amènent vers ces moyens de transport. C’est vraiment un travail de longue haleine, et même si on pourrait ne pas le croire comme ça, on essaye de ne pas abandonner tous les modes de transport. Par exemple, le vélo reste quelque chose d’important, même en milieu rural, mais de manière intelligente. Je veux dire que le vélo ordinaire doit être à un rayon de cinq kilomètres autour d’un lieu ou de dix kilomètres avec le vélo à assistance électrique. Donc, clairement, on ne demande pas aux gens de commencer à faire 25 km par jour pour se rendre sur leur lieu de travail", précise encore Alice Gobiet.

Concernant la place du vélo en Wallonie, "un nouvel appel à projets a été lancé pour faire de nouvelles Communes pilotes Wallonie cyclable. Ce sont donc 40 millions d’euros qui ont été débloqués pour essayer d’aider les communes à développer leurs infrastructures et faire tout un travail sur la formation et la sensibilisation des citoyens. Mais sur Namur par exemple, on a eu tout le centre-ville qui a été mis en zone partagée pendant le confinement. Ça veut dire que la vitesse est limitée à 20 km/h et que la priorité est donnée aux cyclistes et aux piétons. Il y a maintenant toute une réflexion à faire pour voir si on doit préserver ça et comment l’améliorer. Moi, je suis personnellement cycliste quotidienne dans Namur et je vois qu’il y a de plus en plus de cyclistes tous les jours et c’est vrai que ça fait du bien", témoigne-t-elle.

Télétravail

Le télétravail sera mis en avant lors de cette Semaine de la mobilité, "parce que cette année, c’est le partage de l’espace public, mais c’est aussi un peu la non-mobilité. On espère que les gens ont réfléchi à des trajets, voir s’ils étaient utiles ou pas. On a vraiment gagné dix ans en termes d’évolution pour le télétravail ici, donc il y a maintenant beaucoup de questions qui doivent se poser sur comment arriver à préserver son esprit d’équipe et comment avoir un atout par rapport au télétravail. Ça impacte énormément la mobilité, donc c’est encore quelque chose sur lequel on voudrait vraiment continuer à travailler".

De nombreuses animations sont proposées pendant la Semaine de la mobilité et "c’est le vélo qui est toujours bien mis à l’honneur : beaucoup de formations, beaucoup de tests de vélos à assistance électrique. On a des directions qui viennent à vélo travailler pour montrer l’exemple, donc le vélo reste toujours un bel exemple pendant la Semaine de la mobilité", conclut Alice Gobiet.

Tout savoir sur la Semaine de la mobilité en Wallonie

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