Semaine de l'emploi: le coaching personnalisé des chômeurs

Un bureau de chômage
Un bureau de chômage - © Belga

Le coaching personnalisé du Forem a un an. Ahmed Riali, secrétaire régional de la FGTB Centre, en tire un bilan en demi-teinte.

Quel bilan tirez-vous de la mise en œuvre du coaching personnalisé des chômeurs ?

"Le coaching existait déjà : un seul conseiller référent par chômeur qui le guidera vers l’emploi. Nous trouvons l’idée positive. C’est plus efficace et plus agréable pour le demandeur de n’avoir à faire qu’à une seule personne alors qu’aujourd’hui, il doit faire face à plusieurs services différents pour résoudre ses problèmes. 

La difficulté aujourd’hui, c’est que ce système est encore en phase de mise en œuvre au Forem. L’objectif de recruter en interne 670 conseillers est presque atteint mais la plupart d’entre eux n’ont aucune expérience. Ils doivent se former sur le tas et suivre des formations données par l’institution. Ils ont certainement beaucoup de bonne volonté mais les premières victimes de leur inexpérience pourraient être les demandeurs d’emploi. 

Et puis nous avons une crainte. Dans la réforme annoncée, le Forem va hériter de nouvelles compétences mais pas des moyens qui devraient aller avec. Il va donc devoir sous-traiter ce qui est ne fait une forme de privatisation du traitement des chômeurs et nous n’y sommes pas du tout favorables. 

Et puis autre aspect négatif que l’on oublie peut-être, c’est que le coaching est un des outils du plan d’activation des chômeurs qui, pour nous n’est qu’une machine à exclure. Rien que cette année plus de 6000 personnes ont été sanctionnées ou exclue en Wallonie par l’Onem".

Le coaching mène–t-il plus efficacement vers l’emploi ? 

"Difficile à dire dans la mesure où le Forem ne dispose pas ou ne communique pas ce genre de chiffres. On sait que depuis le début de l’année 140.000 demandeurs d’emploi sont passés par le coaching mais on ne sait pas vraiment combien ont trouvé un emploi depuis". 

Mais y a-t-il vraiment de l’emploi pour tous ces demandeurs ?

"C’est là que le bât blesse ! Il n’y a manifestement pas assez d’offres pour rencontrer toutes les demandes. Dans la région de La Louvière, on sait qu’il n’y a qu’un emploi proposé pour 50 chômeurs. On a beau dans ces conditions prendre toutes les mesures qu’on veut, on arrive seulement in fine, à changer l’ordre de la file. Les mieux formés, les mieux guidés auront l’emploi à la place des autres mais le nombre de chômeurs restera inchangé. 

Ici dans la région du Centre on en est à 24 % et  pour les 20-25 ans, on atteint 40 %. C’est dramatique. Il faut investir davantage dans des secteurs comme les soins de santé ou le service aux personnes âgées qui sont de plus en plus nombreuses.  

Et puis il y a des secteurs  en pénurie de main-d’œuvre comme la construction mais je vais vous donner un exemple. Il y a dans la région une école qui forme des conducteurs de travaux. Sur les 14 diplômés l’an dernier pas un n’a trouvé du boulot. Soit les employeurs n’engagent que des gens expérimentés, soit ils exigent que les travailleurs bénéficient d’un plan d’embauche. Il faut que les patrons prennent davantage leurs responsabilités".    

Entretien: Thierry Vangulick

Ecoutez le reportage ci-contre

 
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