Selon une étude, la chasse est de moins en moins bien perçue en Belgique francophone

74% des Belges francophones sondés sont en défaveur de la chasse.
74% des Belges francophones sondés sont en défaveur de la chasse. - © JEFF PACHOUD - AFP

La Ligue Royale Belge pour la Protection des Oiseaux (LRBPO) publie un sondage sur la chasse. Cette enquête, réalisée par Listen, a été menée auprès de 1000 Belges francophones de 18 à 65 ans. En conclusion, 74% des personnes interrogées se déclarent opposées à cette pratique. Lors d'une enquête similaire menée en 1998, par la LRBPO, le pourcentage était de 68%.  Selon les résultats, seul un francophone sur dix se dit favorable à la chasse.

Plusieurs causes pointées

Selon la LRBPO, deux causes expliquent cette réticente des sondés aux pratiques des chasseurs: le sentiment d’insécurité et la considération pour l’animal.


►►► A lire aussi: Pourquoi la chasse suscite-elle autant de tensions en Wallonie?  


Près des trois quarts des personnes interrogées pratiquent des activités en extérieur une fois par mois minimum. Cependant, seul un sur dix dit se sentir  en sûreté lors des jours de chasse. La question de l’animal semble également centrale pour eux: 78% des Belges francophones considèrent l’animal comme un être sensible, qu’il soit à l’état sauvage ou apprivoisé. Enfin, presque la moitié des sondés envisage la chasse comme une pratique perturbant la faune et la flore et la perçoivent comme désuète.

Réformer la loi sur la chasse

En Wallonie, la loi sur la chasse date de 1882. Plus d'un siècle s'est écoulé depuis sa ratification. De nos jours, l’environnement ainsi que la maltraitance des animaux sont des questions sensibles au sein de la société belge.

Selon l'étude menée auprès de 1000 personnes,  800 seraient favorables à une révision de la loi sur la chasse. la même proportion pense que la pratique devrait être interdite les jours fériés ainsi que les dimanches. Et ils sont encore près de 80% à vouloir interdire la chasse pendant la nuit. 

Les chasseurs comprennent mais veulent rassurer

Benoît Petit, qui fait partie de l'une association de promotion de la chasse (Royal Saint-Hubert Club de Belgique) dit comprendre les inquiétudes des citoyens. "C'est une activité mal connue par les personnes interrogées. Nous avons des armes, c'est dangereux. Il est normal que ça effraie", explique-t-il. 

Il y a plus de violence dans les grandes villes qu'en pleine campagne

Le chasseur met cependant en lumière le fait qu'aucun accident de chasse ne s'est produit depuis de nombreuses années et souhaite rassurer les promeneurs inquiets. "La sécurité est extrême en Belgique. Les seuls accidents qui se sont produits ont blessé un autre chasseur ou le chasseur lui-même. Il y a plus de violence dans les grandes villes qu'en pleine campagne", raconte Benoît Petit. 

Il s'insurge cependant contre le reproche fait par de nombreux sondés qui chargent la chasse des perturbations au sein de la faune et de la flore. "Se passer des chasseurs, c'est se passer des meilleurs écologistes des campagnes". Il prend l'exemple du coq de Bruyère en expliquant que les chasseurs entretenaient le milieu de ces oiseaux mais que lorsque sa chasse a été interdite, le nombre d'individus a baissé. "Interdire la chasse d'une espèce en impacterait certaines autres. L'alouette n'est pas chassée mais profite de la protection mise sur les oiseaux chassés avec des espaces de refuge et de nourriture". Benoît Petit pointe encore la modernisation et l'industrie agricole comme les principaux responsables de la destruction des plaines. 

Une suppression ou une réforme ?

La LRBPO souhaite instaurer une chasse de régulation comme c'est le cas dans le canton de Genève depuis 40 ans où la chasse y est interdite. Elle demande que la gestion de cette pratique soit effectuée par un organisme officiel, comme dans cette partie de la Suisse. De son côté, Benoît Petit rappelle qu'une décision de ce type serait onéreuse pour la Belgique : "Dans le canton de Genève, un seul hectare de forêt coûte 321 francs suisses par an pour réguler le gibier".

Pour ce membre d'une association de chasse, une réforme de la loi sur la chasse reviendrait à une réforme d'une loi de sauvegarde de la nature. Les chasseurs se sentent seuls dans leur combat pour la nature et appelle des associations, telles que la LRBPO, à travailler ensemble pour recréer de nouvelles zones de refuges pour le gibier. 

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK