Selon des chercheurs de l'ULiège, l'origine de l'hypertension se trouverait dans l'intestin

Une personne sur quatre en Belgique souffre d'hypertension, une pathologie très fréquente qui provoque des maladies cardiovasculaires. Si les conséquences de cette maladie sont graves, son origine reste assez mystérieuse. Une étude menée au CHU de Liège vient d'être publiée. Elle tend à démontrer qu'il y a un lien entre l'hypertension et notre alimentation.

Mairy Fouat souffre d'hypertension et est suivie au CHU de Liège. Tous les jours, elle doit contrôler sa tension et des médicaments pour réguler la pression artérielle : "Je suis à 13/7 aujourd'hui. Pour l'instant, cela reste stable, mais, j'ai déjà eu des pics jusqu'à 20. J'avais déjà eu de l'hypertension il y a quelques années, mais là, cela revient. Et on ne sait pas pourquoi."

Pas de symptôme

En Belgique, deux millions et demi de personnes sont hypertendues. Un chiffre qui ne cesse d'augmenter et qui n'est pas à prendre à la légère. L'hypertension est la cause principale des maladies cardiovasculaires, telles que l'infarctus du myocarde ou l'AVC (Accident Vasculaire Cérébral). Et pourtant, les hypertendus sont souvent des malades qui s'ignorent, comme l'explique le docteur Justine Huart : "Beaucoup de patients qui souffrent d'hypertension ne le savent pas car c'est une maladie asymptomatique. C'est souvent à l'occasion d'une consultation que l'on découvre qu'ils sont hypertendus.

 

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Pascal de Tullio et François Jouret ont analysé les échantillons au Centre de recherche Interdisciplinaire du Médicament de l'Université de Liège © Vinciane Votron

Tout se joue dans l'intestin

C'est au sein du Centre de recherche Interdisciplinaire du Médicament de l'Université de Liège que des échantillons de selles ont été analysés. Le professeur François Jouret, Chef de clinique dans le service de néphrologie du CHU de Liège, a coordonné cette recherche. Il établit un lien entre l'abondance de bactéries intestinales et la pression artérielle. Une réelle avancée pour établir un diagnostic, selon ce chercheur FNRS: "En analysant la composition bactérienne de l'intestin d'un individu, on peut prédire son risque de développer de l'hypertension artérielle et donc de développer la maladie cardio-vasculaire comme l'infarctus ou l'AVC. Les perspectives sont également thérapeutiques parce qu'en modulant la composition bactérienne et la composition du contenu de l'intestin d'un individu, on peut diminuer son niveau de pression artérielle et ainsi traiter l'hypertension artérielle."

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Les médicaments ne sont pas les seuls éléments sur lesquels on peut agir pour diminuer la tension artérielle © Vinciane Votron

Une découverte qui devrait mener à une prise en charge globale du patient, en jouant notamment sur son régime alimentaire, comme le souligne le professeur Jean-Marie Krzesinski, chef du service de néphrologie du CHU de Liège : "Il y a les médicaments bien sûr, mais si on peut anticiper par une alimentation appropriée, par une stimulation d'un meilleur style de vie comme les activités physiques, la gestion du stress : tout cela peut avoir un impact sur la prévention et le retard d'une élévation d'une pression artérielle." 

Une meilleure hygiène de vie qui permettrait de faire chuter les chiffres actuels. Parmi les personnes âgées de plus de 65 ans, une sur deux souffre aujourd'hui d'hypertension. En 2025, plus de 30% de la population mondiale serait touchée par cette maladie. 

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Une expérience qui ouvre de nouvelles perspectives thérapeutiques © Vinciane Votron
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