Selfies : à la recherche de la photo ultime, quitte à y laisser la vie

Axelle fait régulièrement des selfies mais évite les prises de vue trop dangereuses.
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Axelle fait régulièrement des selfies mais évite les prises de vue trop dangereuses. - © Arnaud Pilet/RTBF

Vacances, évènements et autres sensations fortes, les selfies s'invitent de plus en plus dans les albums-photos et sur les réseaux sociaux. Mais prendre le plus bel autoportrait dans des positions originales peut se révéler dangereux. Il y a quelques jours, un touriste canadien a, par exemple, perdu l'équilibre au bord d'un précipice.

Dans les parcs d’attraction, comme à Walibi, la vigilance est de mise. Depuis le début de la saison, des centaines de jeunes déambulent dans les allées et il n’est pas rare de tomber sur des groupes en pleine séance de selfies au détour d’une attraction. Surprise le bras tendu, l'objectif de son smartphone tourné vers elle-même, Axelle prend un selfie en attendant ses frères et soeurs partis aux toilettes: "J'en fait souvent, avec ma famille avec mes amis pour montrer ce que je fais. Là je viens d'essayer d'en faire un sur l'attraction "Le Grand Splash" mais ça ne donnait pas très bien". Un selfie sur une telle attraction, sans réelle protection, peut être dangereux. Pourtant Axelle promet qu’elle ne prend jamais de risques inconsidérés pour obtenir la photo qui rendra ses amis jaloux.

Les selfies interdits sur les attractions

D’autres ne prennent pas autant de précautions et la direction du parc prend ce problème de sécurité très au sérieux. "Si en voulant immortaliser un moment sur une attraction, une personne laisse tomber son appareil sur la tête de quelqu’un d’autre qui se trouverait quelques rangées plus loin, le risque de blessures est important. Du coup à Walibi la règle est simple : pas de selfie ni de perche à selfie dans les attractions, précise la porte-parole du parc, Marie-France Adnet. Le problème c'est la sécurité des personnes qui font des selfies mais aussi des autres. Et puis à chaque fois qu'un téléphone ou qu'une caméra est perdue, nous devons faire tourner l'attraction à vide pour vérifier qu'elle ne représente pas de danger mécanique".

Pourtant, l’envie du selfie original et dangereux est souvent trop forte, et cette règle n’est pas toujours respectée. Ainsi, le parc ramasse près de 20 smartphones par semaines tombés des mains des imprudents mais aussi parfois des poches des distraits. 

L’obsession de l’image

En 2015, avec 12 décès, les selfies ont fait plus de morts que les attaques de requins dans le monde. Début juillet, un touriste allemand n'a pas survécu à une chute dans un ravin de plusieurs dizaines de mètres au Machu Picchu au Pérou. Un autre a failli perdre la vie en Croatie quelques jours plus tôt. Moins de chance pour une touriste slovaque de 54 qui n'a pas survécu à une chute  dans des circonsantces similaires dans le parc national des lacs de Plitvice en 2014. Les service de secours croates ont même exprimé leur ras-le-bol face aux interventions qui se multiplient en tweetant  "Chers touristes, nous vous respectons, mais il est temps que vous vous respectiez vous-mêmes. Arrêtez de faire des selfies stupides et dangereux. Merci".  

Selon Philippe Marion professeur de communication visuelle à l'UCL, l’obsession de l’image est en cause. "C'est tellement facile aujourd'hui. Les gens se photographie eux-mêmes, postent ensuite leur photo sur les réseaux sociaux, c'est une boucle narcissiqueOn veut s’imposer sur les réseaux sociaux avec un selfie auquel personne n’a pensé, ou qui montre une prise de risques. C’est un jeu. Mais le sentiment de sécurité n’est pas fondé et le choc est quelques fois brutal".

Alors que l'été bat son plein, les nombreux selfies de vacances ne vont sans doute pas faire baisser les statistiques.

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