Seize studios belges à Gamescom, le plus grand salon du jeu vidéo à Cologne

La Gamescom, le plus grand salon du jeu vidéo au monde, ouvre ses portes au grand public mercredi à Cologne (Allemagne). Elle se clôturera le 26 août prochain. L'événement est d'importance pour les 16 studios belges représentés, le secteur en plein développement étant avide de financements.

Plus que des jeux

L'industrie du jeu vidéo est en plein essor dans notre pays, la qualité des projets augmente, et surtout son influence dépasse les frontières du gaming : médias traditionnels, santé, construction, industrie et beaucoup d'autres utilisent la technologie initialement développée pour les jeux. Avec l'avènement de la réalité virtuelle et de la réalité augmentée, cette tendance se renforce encore davantage. Signe des temps, une partie du stand belge aménagée pour accueillir des démos VR.

Pour Guillaume Depaepe de Vidock Studio qui ne se limite plus aux jeux mais développe aussi pour des solutions VR pour entreprise, "nous sommes persuadés que le jeu vidéo sera de plus en plus présent sous différentes formes dans la vie quotidienne. Il ne restera pas cantonner à son rang d’outil de divertissement, les technologies issues du monde du jeu vidéo seront amenées à se mêler à diverses disciplines et feront évoluer la façon d’opérer dans de nombreux domaines."

Trois Régions travaillent à rendre le secteur éligible au Tax Shelter

La communauté belge du jeu vidéo se rassemble à la Gamescom pour la 4ème fois. Le stand qui la représente a doublé de taille depuis l'an dernier, estime Juan Bossicard, audiovisual manager chez Impulse.Brussels: "Le secteur s'est structuré autour de trois associations : bruxelloise, flamande et wallonne. Ensemble, elles s'entendent pour tenir un stand commun. Cette structuration du secteur a fait beaucoup de bien".

La journée de mardi était réservée aux professionnels. "Ce sont pour beaucoup des studios indépendants de petite taille mais créatifs", remarque Juan Bossicard. "L'enjeu pour ces studios est de rencontrer des distributeurs, mais aussi des investisseurs". Il note cependant une ouverture des soutiens publics: "Les financements de Screen.Brussels sont encore assez récents, mais le Fonds Audiovisuel de Flandre, qui a déjà financé de beaux projets, s'étend aussi à Bruxelles. C'est à Bruxelles qu'il y a la plus grande croissance parce que le secteur y était jusqu'alors peu représenté".

A travers le plan d'action NexTech. Brussels, la Région bruxelloise a défini une stratégie numérique et a fait de la réalité virtuelle, de la réalité augmentée (interface entre des données virtuelles et le monde réel) et de l'internet des objets (extension d'Internet à des choses et lieux du monde physique) des priorités. Le secteur et les trois Régions travaillent à rendre le secteur éligible au Tax Shelter.

De bons résultats à l'exportation

"La Belgique est reconnue pour la qualité de ses jeux", avance Juan Bossicard. "Vu la taille du pays, il y a moins de jeux qui viennent de chez nous. Dans le passé, beaucoup de studios belges faisaient de la consultance pour de plus grands studios allemands, français ou américains. Aujourd'hui, ils travaillent plutôt sur leurs propres projets. Des studios se sont spécialisés à Bruxelles sur la réalité virtuelle. C'est la spécificité bruxelloise".

Fishing Cactus est par exemple un studio de développement de jeu vidéo basé à Mons, créé en 2008. Il emploie plus de 20 personnes. Après quelques succès sur mobile et la réalisation de jeux vidéo pour des studios tels que Sega, BigBen ou Ama, Fishing Cactus se focalise maintenant sur la création de jeux originaux sur PC et consoles. En 2016, le studio a lancé Epistory: typing Chronicles, récompensé à plusieurs reprises pour ses mécaniques innovantes.

Laurent Grumiaux, CEO de Fishing Cactus et fondateur de Walga, est safisfait : "On peut être très fier des efforts communs qui sont fait par toutes les régions, de la dynamique des studios et de toutes les personnes qui donnent de leur temps et de leur énergie pour que le secteur belge du gaming puisse grandir et se placer sur la carte internationale."

Les jeux belges portés sur la réalité virtuelle et augmentée réalisent de bons résultats à l'exportation. "Le succès entre autres de Larian Studios (Gand) et de certains développeurs indépendants ont inspirés de plus en plus de talents", constate Dirk Van Welden de I-Illusions, entreprise qui produit et distribue Space Pirate Trainer, un des cinq jeux de réalité virtuelle les plus téléchargés dans le monde. "Pour que de nouvelles histoires à succès émergent, ces studios ont besoin d'un cadre de travail favorable".

En Belgique, le secteur compte environ 80 entreprises, réparties à 60% en Flandre, 30% en Wallonie et 10% à Bruxelles. Environ 750 personnes contribuent à cette industrie. Le chiffre d'affaires, en progression constante, avoisine les 50 millions d'euros.

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