Ségolène Royal: "Les agressions sexistes sont venues de mon propre camp"

Invitée dans Jour Première, Ségolène Royal, l’ex-candidate à la présidentielle française de 2007, dénonce les attaques sexistes qu’elle a subi durant sa carrière politique. Des violences dont elle parle dans son livre "Ce que je peux enfin vous dire". Ségolène Royal se dit encouragée par le mouvement #metoo.

"Si on se plaint, de victime on va devenir coupable. Les femmes s’imposent la loi du silence parce qu’elles ne savent pas ce qu’elles vont déclencher en parlant", déclare Ségolène Royal. L’ancienne ministre de l’Environnement a confié lors d’une interview ne pas s’être sentie autorisée à parler avant le mouvement #metoo : "Je me disais que ça allait me faire perdre mon crédit politique (…) La brutalité et la violence en politique ce n’est pas qu’en France. Beaucoup de femmes auraient beaucoup de choses à dire".

"Qui va garder les enfants ?"

Dans son livre, Ségolène Royal évoque surtout les agressions subies lors de la campagne présidentielle de 2007 : "La violence et la brutalité sont venues de mon propre camp. Quand cela vient de l’adversaire, on se dit que ces attaques sexistes ne sont pas terribles mais que cela fait partie du combat politique (…). Mais venant de mon propre camp c’était quand même assez spectaculaire. Et là, il n’y a eu aucune réaction".

Quand Ségolène Royal a battu Laurent Fabius dans la course à la présidentielle, celui-ci avait déclaré : Qui va garder les enfants ? Un exemple parmi d’autres qui se retrouve dans l’ouvrage de l’ex-ministre de l’Environnement.  En 1988 déjà, Ségolène Royal explique que lors de l’une de ses interventions à la tribune de l’Assemblée nationale, un des députés lui a crié "A poil !" "Je n’ai pas mis les noms mais ils se reconnaîtront (…) Les femmes sont considérées comme des intruses dans certains postes de responsabilités. Et donc, il faut d’une certaine façon les dénigrer, montrer qu’elles sont illégitimes ". Ségolène Royal qui s’interroge aujourd’hui car elle "ne sai(t) pas ce qu’on attend d’une femme par rapport aux compétences qu’elle doit avoir car même à égalité de compétences, on est considérée comme incompétente".

Les hommes qui avouent attire la sympathie

"Si on avoue qu’on a été victime, on avoue une vulnérabilité or quand on fait de la politique il faut être fort. Mais les hommes, eux, ne se taisent pas. Au contraire et ça leur attire de la sympathie", constate l’ex-candidate à la présidentielle. Pour illustrer ses propos, elle prend pour exemple les difficultés de couple de Nicolas Sarkozy en 2007 : " j’ai été obligée de me taire sur la situation d’adultère que je vivais alors que Sarkozy a tout de suite été victimisé. On disait le pauvre… Le traitement est différent. On va dire d’une femme qu’elle a un défaut caché".

Gilets jaunes : une femme va plus discuter

Ségolène Royal dit "comprendre le mouvement des gilets jaunes". Elle estime que la lenteur des décisions et l’obstination du gouvernement est une faute. "Je pense qu’une femme a moins de complexe à dire on s’est trompé, on va discuter, trouver un compromis se mettre autour de la table et discuter. Elle met moins son ego dans l’obstination à se dire : on ne va pas reculer, on va garder le cap."

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK