Sécurité routière: "La seule solution est de réduire la vitesse et de brider les voitures"

Koen Van Wonterghem, administrateur délégué de l’association Parents d’Enfants Victimes de la Route (PEVR), milite pour la prise de conscience de chacun en matière de sécurité routière.
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Koen Van Wonterghem, administrateur délégué de l’association Parents d’Enfants Victimes de la Route (PEVR), milite pour la prise de conscience de chacun en matière de sécurité routière. - © Tous droits réservés

Le matin, il fait froid, les routes sont glissantes et le risque d’accident est très élevé. C’est ce qui s’est passé encore lundi matin à Schaerbeek, en Région bruxelloise, lorsqu’une grand-mère et ses deux petits enfants ont été fauchés par une voiture sur boulevard Lambermont. On a craint pour leur vie, mais ils sont finalement hors de danger.

«On constate beaucoup d’accidents sur ce boulevard, souvent lors de traversées piétonnes. Des véhicules sont inattentifs aux piétons qui traversent. Mais ces derniers sont parfois, eux aussi, en cause. C’est arrivé dernièrement, lorsqu’un piéton écoutait son baladeur et quand un autre qui parlait au téléphone n’a pas fait attention au tram.» Un commentaire de Bernard Clerfayt, bourgmestre DéFI de Schaerbeek sur BX1.

L’infrastructure sur place est totalement fautive

Koen Van Wonterghem, administrateur délégué de l’association Parents d’enfants victimes de la route (PEVR), milite pour la prise de conscience de chacun en matière de sécurité routière. Sur cet accident intervenu lundi matin en Région bruxelloise, il n’est pas surpris: « C’est une voirie régionale et ce n’est pas le premier accident grave avec piéton qui s’y produit. Il a pas plus de deux ou trois ans, un papa et son jeune enfant ont été fauchés également par un chauffard qui prenait la troisième bande. Il y a tous des maillons fautifs dans une chaîne fautive. Et l’infrastructure sur place est totalement fautive".

Car pour Koen Van Wonterghem, c’est souvent l’aménagement routier qui pose problème, notamment lorsqu’il y a trois bandes : « Ca fait une autoroute urbaine qui n’a pas sa place et qui induit donc la vitesse. Pratiquement personne ne respecte la limitation de 50 km/h. Un accident se produit plus facilement et, surtout, les conséquences sont proportionnelles à la vitesse.»

90 ou 80 km/h : le débat français

On a vu, en France, que le débat est très fort autour de l’abaissement de la limitation de vitesse sur certaines routes où l’on est passé, depuis l’été, de 90 à 80 km/heure. Le Premier ministre français, Édouard Philippe, a présenté hier (lundi) des chiffres qui sont encourageants et montrent qu’en abaissant la vitesse, des vies humaines ont été sauvées. Ce sont en tout cas les chiffres du gouvernement français.

Une mesure que Koen Van Wonterfhem voudrait voir introduite chez nous. « Ça se voit en Flandre également, où la vitesse est passée de 90 à 70 km/h. Il faut savoir qu’en France, la vitesse moyenne développée sur les voiries régionales et départementales est moindre qu’en Belgique, pays nettement plus dense et plus peuplé. »

Baisser la vitesse… Partout

La position de Koen Van Wonterghem est qu’il faudrait baisser la limitation de vitesse tant sur les routes que les autoroutes. « Même l’Allemagne se questionne sur cette vitesse illimitée sur autoroute. Je pense qu’il n’y a pas d’autres solutions, pas d’autres issues que d’abaisser les vitesses partout. »

Et tant pis si cette limitation doit passer par l’usage de radars de contrôle, puisque le conducteur ne limite sa vitesse qu’en fonction d’une éventuelle sanction, argumente le représentant de l’association Parents d’enfants victimes de la route.

Pourquoi des voitures capables d’atteindre les 300 km/h ?

D’où une autre idée, celle de brider les voitures. « Dans la petite gazette Nitro, j’ai lu un article — même pas une publicité — pour une voiture de sport, une Porsche, de 450 chevaux capable d’atteindre les 308 km/h. Ces véhicules sont un des maillons de la chaîne fautive."

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