Sécurité routière: en quoi consiste la charte "SAVE" signée par certaines communes?

Comme d'autres communes, la Ville de Bruxelles a signé lundi la charte SAVE pour plus de sécurité sur les routes. Interrogé sur La Première, Koen Van Wonterghem, administrateur délégué de l’asbl Parents d’Enfants Victimes de la Route – SAVE, explique en quoi consiste cette charte : "C'est un trajet, un processus en plusieurs étapes. Il y a d’abord une séance d’information, et par la suite il y a un moment de signature, d’engagement. Parce que ce n’est pas une simple déclaration d’intention, c’est un véritable engagement pour élaborer par la suite un plan d’action très concret qui répond aux sept objectifs que comprend cette charte, objectifs auxquels on accroche plusieurs actions. C’est un plan d’action qui doit être approuvé par les autorités locales tant que par notre groupe de pilotage. Ensuite il n’y a plus qu’à exécuter toutes les actions. À la fin, il y a une évaluation et normalement la remise d’un label SAVE".

"Il est vrai que toutes les communes savent qu’il faut travailler sur la sécurité routière. C’est le premier souci de toute la population. Mais en même temps, on peut encourager les communes à en faire encore plus. Et cela donne aux communes l’occasion de communiquer et de responsabiliser la population, parce que la sécurité routière est finalement la tâche de tout un chacun. On participe tous les jours à ce trafic, à ce mouvement sociétal, et donc pour arriver à un comportement adéquat, nous avons élaboré un outil spécialement pour les communes", poursuit-il. Selon lui, la sécurité routière "n’est pas qu'une question d’infrastructures. Il y a quand même des politiques de sensibilisation, d’éducation, il y a d’autres petites actions, il faut mettre la priorité sur tout ce qui concerne les piétons, ce qui avantage les piétons. Et puis il y a les cyclistes et le transport public et le transport privé. Tout ça pour arriver à un changement de mentalité et à un 'réflexe SAVE', comme je l’appelle parfois. Toute mesure doit donc être testée par l’engagement qui a été pris".

Contrôler les zones 30

La période des vacances scolaires n'est pas nécessairement plus accidentogène pour les enfants, selon lui. "Il y a quand même des activités de vacances dans les écoles, dans les parcs et dans d’autres endroits, d’où l’importance de créer des zones 30 très élargies et de les soutenir, voire de les contrôler toute l’année, même les week-ends et même pendant les vacances".

Pour Koen Van Wonterghem le conducteur belge roule trop vite : "La vitesse est trop importante en Belgique par rapport aux autres pays. La vitesse moyenne en Belgique est plus importante qu’en France, un pays 18 fois plus grand que la Belgique. Il faut baisser la vitesse partout et il faut équiper les véhicules d’un limiteur de vitesse par exemple - l’ISA, Intelligent Speed Adaptor. Il existe depuis longtemps et ce serait très facile de l’incorporer standard dans tout véhicule. Mais là encore, c’est une lutte non terminée au niveau européen contre l’industrie automobile".

Il y a, le long de certaines routes dangereuses, des panneaux blancs avec des croix jaunes. "C’est une forme de panneau commémoratif qui existe depuis plus de 20 ans maintenant. Le premier a été placé en 1996 par l’association et c’est en effet la première action qui utilise ce nom SAVE - Sauvons la Vie de nos Enfants. C’est un panneau qui est en même temps commémoratif et sensibilisant. Donc, on attire l’attention de quelqu’un qui passe par là sur le fait qu’il y a eu un accident fatal dans ce lieu, et par la suite, il prendra ou il continuera sa route peut-être d’une autre façon" précise Koen Van Wonterghem.

"Les familles endeuillées estiment qu’il faut — et c’est également leur objectif — positiver dans la mesure du possible et faire en sorte que ça n’arrive pas à d’autres familles de perdre son enfant sur la route" conclut-il.

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