Sécurisation des crèches : une analyse de risques bientôt obligatoire ?

10 ans après la tuerie qui avait fait 3 morts dans une crèche de Termonde, la question de la sécurité reste une priorité au sein des milieux d’accueil pour les petits enfants. La plupart des structures, grandes ou petites, sont d’ailleurs équipées d’un dispositif qui permet de contrôler l’accès au bâtiment.

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La crèche "La Ronde Fleurie" accueille 70 enfants © RTBF

Au moins un accès par vidéophone

Pour entrer à "La Ronde Fleurie", l'une des 7 crèches communales d'Evere, en région bruxelloise, nous devons nous annoncer, via un interphone muni d'une caméra, et patienter quelques secondes, le temps que quelqu'un vienne nous ouvrir.

"Toutes nos crèches, même les plus petites, sont équipées au minimum d'un vidéo-parlophone, explique Géraldine Le Maire, directrice des crèches communales d'Evere. Tout le personnel a comme consigne de ne pas ouvrir si c'est quelqu'un qui n'est pas habilité à rentrer.

Il vaut mieux ça qu'une catastrophe

Les parents, eux, disposent d'un badge magnétique personnalisé qui leur permet de déverrouiller la serrure électronique. Et ils se prêtent volontiers à l'exercice.

"Je trouve que, pour une crèche, c'est normal d'avoir des mesures de sécurité, témoigne une maman. S'il n'y en avait, peut-être que je me serais posé des questions. Parce que n'importe qui aurait pu rentrer, venir chercher des enfants sans qu'il y ait une vérification d'identité."

Cette grand-mère trouve également la mesure indispensable. "À l'heure actuelle, c'est important, toutes ces sécurités. C'est rassurant. Parfois, l'assistante sociale n'est pas dans son bureau, on n'a pas le badge, alors on patiente. Il vaut mieux ça qu'une catastrophe.

Une contrainte acceptée par les parents

"C'est contraignant pour tout le monde, reconnaît la directrice Géraldine Le Maire. C'est plus contraignant pour le personnel qui doit faire parfois des allers et retours pour ouvrir la porte. C'est contraignant pour les parents qui doivent gérer un système de cartes, attendre devant la porte. Mais je pense qu'il y a une vraie demande des parents. Ce qui importe pour eux, c'est que leur enfant soit en sécurité." Aujourd'hui, le contrôle des accès fait partie intégrante des normes de sécurité au sein des milieux d'accueil, comme la prévention des incendies, par exemple. 

Les milieux d'accueil ne sont pas des forteresses, mais il y a un minimum

Du côté de l'ONE (l'Office de la Naissance et de l'Enfance), la tuerie de Termonde avait déclenché une grande réflexion sur la sécurisation des milieux d'accueil. "Nous avions envoyé un dossier pour aider les accueillantes et les crèches à réfléchir à la sécurité, au contrôle des accès, explique Brigitte Marchand, directrice de la Coordination Accueil au sein de l'ONE. Le lieu doit être sécurisé et, à la fois, suffisamment accueillant pour les parents et pour les enfants. On dit souvent que les milieux d'accueil ne sont pas des forteresses, mais il y avait un minimum de points à améliorer.

Une analyse de risques obligatoire ?

Aujourd'hui, les agents de l'ONE continuent de mener un travail de sensibilisation et de conseils. "C'est quelque chose qu'il faut toujours réfléchir, revoir. Il n'y a pas que la partie technique, électronique. Il y a aussi la manière dont le personnel s'organise pour ouvrir les portes, par exemple. Le risque zéro n'existe jamais dans un milieu d'accueil, mais aujourd'hui, le risque est plus contrôlé.

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L'ONE a diffusé un dossier pour sensibiliser les milieux d'accueil à la sécurité © RTBF

Et les efforts ne s’arrêtent pas là. Une nouvelle réglementation est débattue, en ce moment, au sein du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, dans le cadre de la réforme des milieux d’accueil.

« Nous avons proposé qu’il y ait une obligation pour tout nouveau milieu d’accueil, avant même son ouverture, de réfléchir à la sécurité et de réaliser une analyse de risques. Aujourd’hui, souligne Brigitte Marchad, nous sensibilisons, nous recommandons, mais là, il y aurait une législation contraignante. »

L’ONE espère que le texte sera définitivement approuvé avant les élections du 26 mai.

Archives : Journal télévisé 19/02/2013

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