Contrôles sociaux sur les chantiers: un tiers de travailleurs en infraction

Les services d’inspection sociale ont déjà effectué 1885 contrôles sur les 2700 prévus cette année sur les chantiers de construction, soit une moyenne d’environ 10 par jour, et des infractions ont été constatées chez plus d’un travailleur sur trois (1075 sur 3042 salariés contrôlés, et 382 indépendants sur 1274) !

Des travailleurs illégaux ont été débusqués, mais les contrôleurs ont surtout constaté du travail au noir ainsi que d’autres irrégularités classiques des pratiques de dumping social (emploi de main-d'œuvre bon marché souvent venue d'ailleurs, non-respect du droit social, distorsion de concurrence).

Contrôle de routine, constats habituels

Ce 17 juillet en début de matinée, des inspecteurs ont débarqué sur le chantier de construction d'un hôtel près de Namur. Sept travailleurs y étaient normalement répertoriés, or ils étaient en réalité une bonne vingtaine. Des Belges, mais aussi des Roumains, des Portugais et même des Brésiliens.

Des manquements ont été relevés et nécessiteront des vérifications plus poussées: certains ne disposaient pas de pièces d'identité, d'autres ne connaissaient pas le nom de leur employeur. Et puis, leur propre sécurité n’était pas assurée selon les normes en vigueur en Belgique.

"Ils travaillent sur des échafaudages, et ils ne portent ni chaussures de sécurité ni casque", constate Damien Delatour, directeur général du service de contrôle des lois sociales.

"La lutte contre la fraude sociale nous a permis de récolter 266 millions d’euros l’an dernier, soit près du double des sommes récupérées il y a 4 ans. Ça veut dire que les inspecteurs réalisent un travail remarquable sur le terrain, pour protéger les travailleurs et les entreprises belges de pratiques déloyales, explique Philippe De Backer, secrétaire d'Etat à la lutte contre la fraude sociale. Mais il faut rester vigilants. Nous avons par exemple signé des accords bilatéraux avec des pays comme la Bulgarie et la Pologne pour être plus efficace dans nos contrôles".

Rappelons qu'en Europe, le détachement de travailleurs étrangers dans un autre pays est autorisé, mais selon une série de règles et de conditions qui sont souvent contournées. 

 

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