Sécheresse: "On atteint maintenant des seuils plus atteints depuis des dizaines d'années"

La météo nous gâte depuis plusieurs jours, on ne devrait pas s'en plaindre. Mais le soleil, quand c'est trop, c'est trop. En Belgique, le manque de pluie a des conséquences, notamment sur nos pelouses. Elles ont soif et par endroits, il est fortement conseillé de ne pas les arroser.

Partout dans le pays, nos gazons jaunissent, malmenés par la vague de chaleur. Les professionnels du jardinage sont donc appelés à la rescousse. "Les gens nous téléphonent en nous expliquant que les pelouses sont brunes et demandant ce qu'ils peuvent faire, raconte Julien Danczak, entrepreneur de jardin chez Danczak & Fils. Nous, on arrive sur le chantier, et on prévient le client en expliquant que cela va être très compliqué de faire quelque chose". 

Très compliqué, en effet, car les températures actuelles sont exceptionnelles. Les analystes craignent désormais une situation comparable à la grande sécheresse de 1976. "On atteint maintenant des seuils plus atteints depuis des dizaines d'années, surtout dans des régions qui sont les deux Flandres (Occidentale et Orientale), une partie du Hainaut et dans la province du Limbourg où la situation est vraiment extrêmement sèche", constate Jean-Marc Linden, météorologue prévisionniste à l'IRM. 

Arroser tôt le matin ou le soir

Dans cette situation, le premier réflexe est bien souvent d'arroser encore et encore son jardin. Mais une grande consommation d'eau est pourtant inutile et même parfois contre-productive. "Je préviens toujours clients qu'ils doivent le faire tôt le matin ou tard le soir, sinon il y a une évapotranspiration qui se fait, prévient Julien Danczak. Arroser son jardin en milieu de journée, cela ne sert à rien, cela s'évapore tout de suite". 

Heureusement, il est possible de venir en aide à son jardin sans même arroser. Aérer le sol ou le recouvrir par endroit de paille peut parfois sauver vos plantations. "Il n'y a pas que la paille, il y a aussi les écorces pilées, les broyats (branches qui sont passées dans le broyeur), ils ont la capacité de garder une certaine humidité du sol", explique Julien Danczak.

Inquiétude des agriculteurs 

Les particuliers pleurent pour leur pelouse, mais pour les agriculteurs, la situation devient réellement problématique. Les pâturages de Valentin Roulin, jeune agriculteur-éleveur à Nalinnes, ne nourrissent déjà plus ses bovins : "On travaille avec une grosse quantité d'herbe et nos bêtes sortent le matin et le soir en prairie. A cause de la sécheresse, il n'y a plus d'herbe qui pousse et on est donc déjà obligés d'attaquer les fourrages de l'hiver pour complémenter le manque d'herbe en prairie". 

En ville ou à la campagne, pour les plantes comme pour les animaux, les espaces à l'ombre sont décidément plus précieux que jamais.

Et ce n'est pas fini...

Les prévisions de l'IRM ne risquent pas de rassurer les agriculteurs puisque celles des dix prochains jours n'annoncent pas vraiment de pluie "régulières et étendues". "Il y aura bien par endroits quelques averses, mais cela restera quelque chose de très ponctuel, annonce Fabian De Bal, chef du service de prévision du temps à l'IRM. Selon les prévisions, une tendance aux averses est prévue vendredi et samedi, ainsi que des précipitations plus importantes, mais elles ne concernent que le sud du pays. Mais des précipitations durables et en grande quantités ne sont pas prévues".

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