Sécheresse : les sapins de Noël souffrent aussi

Le Père Noël trouvera-t-il de beaux sapins sous lesquels glisser les cadeaux cette année ? La sécheresse des dernières semaines a touché la quasi-totalité des cultures en Wallonie, sans épargner les jeunes pousses de sapins plantés au printemps. A Anhée, dans la production de Stany de Wouters, le constat est sans appel, 100% de la plantation 2018 est morte, celle de 2017 est impactée à 50%. La terre est sèche, les branches de sapins brunies, le travail de cette année est perdu. "Ça fait mal au cœur de voir ça. On va devoir tout détruire pour tout replanter. Pour les 6 hectares en question, ça va nous coûter 24.000 euros de frais, sans compter la main d’œuvre".

Des conséquences à moyen et long terme

Il faudra attendre 4 à 6 ans pour constater les séquelles de cette sécheresse, une fois que les jeunes pousses seront arrivées à maturité. Selon les estimations de l’Union Ardennaise des Pépiniéristes, il devrait y avoir entre 25 à 30% de sapins en moins sur le marché à partir de 2022. Autre conséquence de la sécheresse, moins attendue, concerne l’esthétique de ces sapins de Noël. "Les jeunes sapins ont subi un stress avec la sécheresse de l’an passé. Au printemps, on a constaté qu’au lieu de bourgeonner pour créer de nouvelles branches, les arbres ont produit des cônes, riches en résine. Ça rend le sapin moins feuillu avec le risque qu’il ne trouve pas preneur", explique Stany de Wouters qui craint de voir ce phénomène se reproduit au printemps prochain.

L’argument de la sécheresse pour gonfler les prix

Les arbres adultes, enracinés plus profondément dans le sol ont mieux résisté aux fortes chaleurs, assurant un rendement pour cette fin d’année. D’après l’Union Ardennaise des Pépiniéristes, la vente des conifères cet hiver ne serait que faiblement impactée. Il devrait y avoir 10% en moins de sapins de Noël sur le marché, l'équivalent de 350 à 400.000 arbres en tout. Le prix de vente entre les producteurs et les intermédiaires sont fixés depuis des mois, mais certains craignent que l’argument de la sécheresse soit utilisé pour faire gonfler artificiellement les prix des sapins. Un prix qui devrait être égal, cette année du moins, à ceux pratiqués les années précédentes.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK