Sécheresse: faut-il s'inquiéter pour notre frite belge?

La frite belge, symbole de notre plat pays, menacée par la sécheresse de ces dernières semaines. C’est en tout cas ce qu’écrit le quotidien britannique "The Guardian". Il s’inquiète des conditions météo de ces dernière semaines et de son impact sur la production de pommes de terre belges. Le site d’informations européennes, Politico, se préoccupe lui aussi pour notre symbole national. Mais y a-t-il réellement des raisons de se tracasser pour nos frites ?

Une chose est quasiment certaine : il y aura moins de pommes de terre dans nos supermarchés dans les semaines à venir. L’Agrofront (ABS/Boerenbond/FWA) et Belgapom, les représentants des producteurs et négociants de pommes de terre belges, font le point : "Les conditions météorologiques exceptionnelles de 2018 ont créé des problèmes sur le terrain. Le printemps très humide a d’abord retardé les plantations par rapport aux dates habituelles".

Et puis l’été a encore compliqué les choses : "La période de sécheresse et de chaleur extrêmes (…) a occasionné, quant à elle, des dégâts importants et imprévisibles au niveau du potentiel de récolte ainsi que des pertes possibles de qualité. Les interdictions d’arrosage des pommes de terre ont en outre empêché les producteurs de pouvoir limiter les dégâts."

Pommes de terre primeurs impactées

Du coup, la production de pommes de terre pourrait chuter de 30%, voire jusqu'à 50% par rapport à une année normale, selon Romain Cools le directeur général de Belgapom. Mais tout n’est pas perdu pour autant, car il faut bien distinguer les deux sortes de pommes de terre : les primeurs et les pommes de terre de conservation.

  • En ce qui concerne les pommes de terre primeurs, les pertes sont très élevées. De plus, elles sont de faibles calibres et ont des tubercules plus petits. Les négociants, représentés par Belgapom, reconnaissent ce problème et ont adaptés leurs exigences de qualité en conséquence.
  • Pour les pommes de terre de conservation, la situation n’est pas encore très précise ; la pluie de ces derniers jours pourrait permettre des repousses mais les pertes de rendement pourront néanmoins être importantes. La situation varie selon la région et la variété, ce qui est confirmé par les observations du PCA (Flandre) et de la FIWAP (Wallonie).

Quid de nos frites alors ?

Pour faire de bonnes frites, l’idéal c’est de privilégier la variété de pommes de terre "bintje". Et bonne nouvelle, la bintje est une pomme de terre qui se conserve bien et tout n’est dès lors pas encore joué. Mais le risque est néanmoins bien présent car s'il n'y a pas de pluies généreuses au cours des deux prochaines semaines, les récoltes de septembre et d'octobre pourraient également être affectées. Une source d’inquiétude pour les frituristes.

Plus chères, moins savoureuses et plus courtes

  1. D’abord parce que la frite risque de devenir plus chère. Le prix de la pomme de terre est actuellement en train de flamber. Selon Romain Cools, "en 2017, une tonne de pommes de terre s'échangeait à 25€ parce que l'offre était très importante. Aujourd'hui, nous parlons de 250 à 300 euros par tonne".
  2. Mais la frite pourrait aussi être moins bonne car les mauvaises conditions climatiques entraînent aussi une baisse qualitative. Le risque : des pommes de terre qui ont moins bien poussé, et donc des frites moins savoureuses.
  3. Enfin, elles risquent aussi d’être plus petites, et donc nous devons nous attendre à manger des frites… plus courtes.

Symbole national

De quoi inquiéter un autre média étranger, le site d’informations européennes Politico, qui a interrogé Unafri, l’association des frituristes belges. "Les frites ne sont pas n'importe quel produit, elles sont essentielles à notre culture, c’est un véritable symbole national", explique le président, Bernard Lefèvre.

Des Belges qui croisent les doigts en espérant de la pluie pour préserver leurs frites. Le scénario n’est pas aussi surréaliste qu’il y parait.

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