Se faire baptiser ou débaptiser? La question reste ouverte

Benoït Horemans, 45 ans s’est fait débaptiser il y a quelques années. Une décision mûrement réfléchie.
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Benoït Horemans, 45 ans s’est fait débaptiser il y a quelques années. Une décision mûrement réfléchie. - © Tous droits réservés

Ce 20 avril, à la Veillée pascale, environ 200 personnes seront baptisées en Belgique. Des adultes et des adolescents. Des Belges, ex athées, mais aussi des ex musulmans, ou encore des immigrés qui n’ont pas eu l’occasion de recevoir le baptême dans leur pays d’origine. Et si l’on constate ce retour à l’Eglise, à l’inverse, certains catholiques choisissent de se faire " débaptiser ".

C’est le cas de Benoît Horemans, 45 ans. Il s’est fait débaptiser il y a quelques années. Une décision mûrement réfléchie.

Lorsque j’étais plus jeune, j’avais été scandalisé que le pape Jean-Paul II béatifie Josemaria Escriva de Balaguer, le fondateur de l’Opus Dei, très proche du franquismeJe n’acceptais pas non plus que les femmes soient reléguées à des places mineures à l’église et ailleurs. Et puis, à la fin des années 80, en pleine crise du sida, ce même Pape avait interdit le préservatif…ça m’avait terriblement choqué.  J’étais comme tous les jeunes en découverte de mon corps. La sexualité aussi était cadenassée. Mes parents m’avaient fait baptiser, c’était dans l’ordre des choses, puisqu’ils étaient croyants. Mais à la maturité, j’ai ressenti le besoin de poser un acte. Je me devais d’être honnête. Je n’étais pas croyant, j’ai donc pris la décision de me faire " débaptiser ".

Comment ça s’est passé ? Un long processus?

Mais ça a été plus facile que je ne le pensais : j’avais cherché sur internet, certaines associations ont des lettres toutes faites, et vous expliquent les démarches. Ce n’est pas très compliqué. Il faut juste connaître sa date de baptême, savoir où l’on a été baptisé, vous écrivez une lettre à l’Archevêché, en expliquant vos raisons, et c’est tout. Trois mois plus tard j’ai reçu la réponse attendue, j’étais bien rayé de leurs listes. Je n’ai pas d’autre preuve que cette lettre, mais symboliquement le geste est posé, pour moi c’est très important, je me sens plus en accord avec moi-même.

Toutes les histoires de vies sont particulières.

Quentin Coppens fait partie d’une famille laïque. Sa grand-mère a été professeure de morale. Ses grands-parents se sont battus pour maintenir la séparation de l’église et de l’état. Mais lui, Quentin, a vécu des moments très difficiles à la maturité. Plus rien ne le raccrochait à la vie. Lors de son séjour à l’hôpital, il avait tout essayé : le yoga, les ateliers philo. Les discussions avec son psychiatre. Ça lui faisait du bien.

" Ces rencontres à plusieurs où l’on discute de choses importantes, de vrais sujets. Mais pour des questions d’horaires pour mon travail, je n’ai pu plus les suivre. Je suis allé à l’Eglise dans ma commune. Et là, j’ai rencontré le prêtre Marc qui a répondu à toutes mes questions, sans tabou… je me suis senti épaulé, aidé. "

Quentin se souvient d’un camp scout catholique, où il avait été inscrit, à 9 ans, " parce qu’il n’y avait rien de catholique à part une prière par jour ".  Mais justement cette prière du soir, qui était le cantique des patrouilles l’a très fort marqué. Il se souvient de l’intensité de ce chant en communion, et des discussions avec le prêtre qui était présent.

Aujourd’hui, Quentin se sent mûri, en accord avec lui-même. Samedi 20 avril, à Bruxelles, il recevra trois sacrements : le baptême, la confirmation et l’eucharistie, qui représentent son entrée plus active dans la vie chrétienne, et un engagement plus fort.  Il rejoindra la grande famille des catholiques. Ils sont un milliard 300 millions dans le monde. 

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