Schepmans: "Tant mieux si M. Jambon veut vider Molenbeek de ses terroristes"

Samedi soir, à l'entrée de la place communale de Molenbeek.
Samedi soir, à l'entrée de la place communale de Molenbeek. - © Karim Fadoul

A la suite des terribles attentats de Paris et des perquisitions menées ce samedi à Molenbeek, le ministre de l'Intérieur a déclaré vouloir s'occuper "personnellement" de la situation dans cette commune et faire le ménage au sein des milieux radicaux. Des propos auxquels la bourgmestre de Molenbeek, Françoise Schepmans (MR) a réagi. "Chacun son job, je l'ai toujours dit", lance la libérale, à la tête de la localité depuis octobre 2012. "Mais si M. Jambon et la police fédérale veulent vider Molenbeek de ses terroristes, je dis tant mieux."

Pour elle, les autorités locales, communales comme policières font déjà beaucoup pour lutter contre le radicalisme. "Nous n'avons pas attendu tous ces événements pour agir. Cela fait deux ans que nous avons pris des mesures. Nous avons un fonctionnaire de prévention spécialisé dans la lutte contre le radicalisme qui propose des formations, va dans les écoles, rencontre les familles... Au sein de la police, nous disposons d'une cellule radicalisme de quatre personnes. Nous menons aussi des actions avec les éducateurs, le personnel communal de prévention, le personnel social... Nous sommes présents avec les moyens et les compétences dont nous disposons."

Pour le reste, déclare la bourgmestre, "c'est le rôle de la Sûreté de l'Etat et du parquet fédéral. La police locale n'a pas les moyens de faire de l'investigation dans ces matières."

Reste que les propos de Jan Jambon interpelle. Ils sous-entendent qu'il existe des blocages voire un laxisme au niveau de la police de la zone Ouest mais aussi de l'ensemble des six zones bruxelloises. Françoise Schepmans en a une autre lecture. "Je ne prends pas ces propos comme un désaveu. Mais comme un message disant qu'on va enfin aider à Molenbeek." Même si, ajoute-t-elle, la comparaison avec Anvers ou Vilvorde ne serait pas judicieuse. "L'assaillant du Thalys est certes passé par Molenbeek, mais il est aussi passé par la Flandre. De plus, je ne suis pas convaincue qu'Anvers mène des actions aussi concrètes que les nôtres."

Mais il y a un constat à formuler, selon Françoise Schepmans: "Le fait qu'il existe à Molenbeek un terreau fertile pour de la radicalisation violente, c'est une réalité. Mais dans ma commune, c'est le fait d'individus, isolés, plus difficiles à cibler. Ailleurs, et notamment en Flandre, la radicalisation passe par des associations comme Sharia4Belgium."

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK