Scanner vos produits de beauté : une bonne idée ?

Les applications pour smartphones permettant de scanner les produits cosmétiques connaissent un véritable boom, mais peut-on vraiment s’y fier ?

Zéro sur vingt pour un déodorant, moins de 5/20 pour un shampoing. Téléphone à la main et en quelques manipulations, il est désormais possible pour les consommateurs de « scanner » leurs produits cosmétiques. Une simple photo du code bar suffit. En Belgique, c’est l’application INCI Beauty qui le permet. L’application affiche ensuite la liste des composants, les éléments controversés ou risqués et une note sur vingt. Un outil pratique pour le consommateur, mais qui ne fait pas l’unanimité.

Quelle légitimité pour les applications ?

Frédérick Warzée, porte-parole de Detic, l’association belge des cosmétiques, estime que ces applications n’ont pas toutes les informations pour juger de la dangerosité d’un produit. « La concentration des ingrédients n’est pas prise en compte, par exemple. Or, tous les toxicologues vous le diront, c’est la concentration qui fait le poison ! Tous les produits contenus dans les cosmétiques sont autorisés et légaux ».

Jean-Christophe Janicot, fondateur d’INCI Beauty, se défend : « On n’invente rien du tout. Pour les allergènes, par exemple, on se base sur une liste établie par l’Union européenne. Je comprends que les marques paniquent, quand un produit à moins de 5/20, il est directement catalogué par les consommateurs ».

Un cosmétique, deux applications : deux résultats différents !

Autre problème, pour le dermatologue Dominique Tennstedt, « Les applications se contredisent entre elles ». Il n’est donc pas rare de voir un produit mal noté dans l’une, et jugé satisfaisant pour une autre. Pas facile, dès lors, pour le consommateur d’y voir clair.

Julien Kaibeck, expert en cosmétiques, Detic et Dominique Tennstedt s’accordent à dire qu’il faut rester vigilants et attentifs devant ces nouveaux outils. Si la fédération belge des cosmétiques regrette « le marketing de la peur prônée par ces applications ». Elle salue l’initiative et la volonté de plus de transparence et lance un appel : « rassemblons tous les acteurs et développons une application exacte et consensuelle ».

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