Scandale après des tests de médicaments sur des enfants en Inde

Administration d'un médicament (image d'illustration)
Administration d'un médicament (image d'illustration) - © AFP PHOTO/SAJJAD HUSSAIN/FILES

La condamnation de douze médecins à une seule amende de 5000 roupies (72 euros) pour avoir pratiqué en secret des tests de médicaments sur des enfants et des handicapés a provoqué la colère en Inde. Ce n'est pas la première fois que des tests de médicaments font scandale.

Selon le gouvernement de l'Etat indien du Madhya Pradesh, les tests n'avaient pas été approuvés par les autorités sanitaires et les médecins ont refusé de divulguer toute information au nom de la protection du secret médical.

Les médecins, dont deux d'entre eux ont démenti auprès de l'AFP avoir mal agi, sont accusés d'avoir été payés par des entreprises pour mener dans la ville d'Indore des essais de médicaments visant à traiter notamment des dysfonctionnements sexuels.

Anand Rai, un médecin qui a alerté l'opinion sur cette affaire, a fait part mardi à l'AFP de sa colère et de sa frustration après la peine infligée dimanche aux médecins, jugée non-dissuasive. "Tous les tests ont été pratiqués sur des patients venus dans des hôpitaux gouvernementaux pour des soins de routine. C'est un crime de pratiquer sur eux des tests médicaux sans leur consentement", s'est-il insurgé.

Des associations de défense des droits de l'homme disent craindre que l'Inde devienne une plaque tournante pour les tests de médicaments pratiqués sur des patients pauvres utilisés comme des cobayes par les géants pharmaceutiques, souvent sans leur accord.

Selon le médecin indien, les mauvaises pratiques dans le milieu médical risquent de se poursuivre encore longtemps : "Les tests de médicaments sont ici en augmentation parce qu'ils coûtent seulement un sixième de leur prix dans les pays occidentaux", a-t-il souligné.

"Le système de régulation est ici plus corrompu et les compagnies pharmaceutiques peuvent facilement inscrire des patients et commencer les essais", a-t-il ajouté.

Pas le premier scandale

Ce n’est pas la première fois qu’un scandale met en lumière des tests de médicaments en Inde. Ainsi en 2008, le quotidien Times of India révélait que 49 bébés étaient décédés au cours de tests thérapeutiques dans un hôpital de New Delhi. Comme l'expliquait à l'époque Rue89, tous étaient des cobayes pour de nouveaux médicaments pédiatriques avant leur mise sur le marché. Ces tests étaient pratiqués pour le compte de Novartis et Roche, notamment. Le dernier a nié tenir des tests dans cet hôpital, Novartis l’a lui reconnu mais a affirmé que des contrôles étaient menés et qu’aucun décès suspect n’avait été signalé.

L’hôpital avait, de son côté, expliqué que les bébés étaient déjà tous gravement malades et que leurs décès ne pouvaient donc pas tous être imputés aux tests.

Ceci dit, il n’y a pas qu’en Inde que des tests de médicaments ont soulevé l’indignation. Ainsi, en 2004, on apprenait que des médicaments anti-HIV avaient été testés sur des enfants pauvres et orphelins, surtout noirs et hispaniques, de New York.

Et en Belgique ?

En Belgique, des médicaments sont également testés sur des personnes, saines et malades, sur base volontaire. Ces tests sont très réglementés, comme l'explique le site de Novartis Belgique.

 

Julie Calleeuw, avec AFP

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