"Sauvez nos enfants!" : Quand la détresse des jeunes mène au drame, le cri d'alarme d'un père

"Je m'en veux énormément de ne pas avoir vu ta tristesse".  "J'aurais voulu la voir pour t'aider". "Repose en paix Elise". 

Sur chaque mètre carré de mur, l'écriture ronde et régulière des proches d'Elise a remplacé la blancheur de la peinture. Les messages d'hommage fleurissent à chaque recoin de sa chambre. 

Elise n'avait que 18 ans. Elle a mis fin à ses jours quelques jours avant Noël. Si son père, Christophe, témoigne aujourd'hui, c'est pour alerter sur la souffrance psychologique des adolescents en ces temps de confinement. 

La douleur est effroyable. Je veux alerter pour ne pas que cela arrive à d'autres.

"Ils doivent avoir des rêves. On a supprimé ces rêves"

Lors du premier confinement, Elise est en rhéto. Vu la situation sanitaire, elle ne peut réaliser son stage, ce qui complique son choix d'études.

Elle commence en septembre des études supérieures en gestion hôtelière, avant de bifurquer vers la comptabilité. Mais très vite, la Belgique est rattrapée par un second confinement. Les cours basculent donc en distanciel, avec toute l'anxiété que cela peut générer, à fortiori pour les élèves de première année. 

"C'était la croix et la bannière pour avoir l'accès aux vidéos. Elise était dépassée par les cours à distance. Il n'y avait pas d'aide. Je voyais bien qu'elle se rendait compte que ça n'irait jamais cette année" explique Christophe. 

Vu qu'elle était très perfectionniste, elle était déçue d'elle-même et avait peur de décevoir"

"Sans le confinement, elle serait toujours là"

Un suicide est toujours multifactoriel. Mais avec le confinement, les petits problèmes d'adolescents sont devenus des grands problèmes. 

Avec l'école, tout aurait été différent

"Sans le confinement, elle aurait pu se changer les idées, faire des nouvelles rencontres, faire des sorties, discuter avec des amis, rigoler, évacuer son stress. Mais là, il n'y avait rien. Quand on passe une journée entière devant son gsm, on n'est pas bien. Deux journées c'est encore pire. Mais alors des semaines, des mois, c'est la catastrophe".

"Criez votre peine"

J'en veux au gouvernement de ne rien faire pour cette jeunesse. Sauvez nos enfants. 

Si Christophe témoigne, c'est pour adresser trois messages. "Que le gouvernement trouve des solutions pour ces jeunes. Que les jeunes crient leur peine, crient leur douleur. Et que les parents fassent attention à leurs enfants". 

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