Sauveur du Chateau de Laeken, tricheur aux échecs, accro à l’eau de Cologne… Ces petites choses que vous ne connaissez (peut-être) pas à propos de Napoléon

Napoléon, son œuvre, ses personnalités multiples, mais aussi ses manies, petites ou grandes, et les histoires qui l’entourent. Deux cents ans après sa mort, le petit Corse devenu Général, Premier consul et enfin Empereur continue d’alimenter les conversations. Mais au-delà des faits de la grande Histoire, d’autres, a priori plus anecdotiques, participent également à la légende Bonaparte.

Car le joueur d’échecs médiocre et facétieux qu’il était a tout de même sauvé de la destruction le Chateau de Laeken, aujourd’hui encore résidence de nos souverains. Et si sa "petite taille" et ses hémorroïdes ont suscité plus d’attention que son fidèle mamelouk Ali ou son addiction à l’Eau de Cologne, la compréhension de la personnalité complexe de Napoléon passe aussi par ces petites histoires derrière la grande.

 

Piètre joueur d’échecs, tricheur et mauvais perdant

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Napoléon jouant contre le cardinal Fesch, peinture de Jehan-Georges Vibert. © Haggin Museum

Si Napoléon Bonaparte fut un stratège hors pair dans beaucoup de domaines, du militaire à la politique, il n’en fut pas de même aux échecs, incarnation ludique et élégante de l’art de la guerre. Malgré l’intérêt qu’il portait au roi des jeux, des années de pratique ne permirent pas à l’Empereur des Français de devenir un joueur brillant. Pire, une fois accoudé à la table de jeu, le redoutable chef d’armée rentrait dans le rang.

En cause ? D’une part la relative égalité des joueurs en début de partie. Aux échecs, les effectifs sont identiques, l’avantage du terrain n’existe pas et à l’époque le bluff ne fait pas partie des techniques utilisées. Car jusqu’au début du 19e, contrairement à aujourd’hui, le jeu des rois est avant tout intuitif et agressif. La stratégie compte peu et les parties s’apparentent plus à un assaut qu’à une bataille rangée. L’important était de vaincre, certes, mais rapidement et avec panache. Peu importe si pour cela il fallait sacrifier pièces et pions dès les premiers coups.


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Impatient, il n’était pas rare que Napoléon Bonaparte perde rapidement la partie. Et l’expérience des nombreuses défaites ne l’aida pas vraiment face à des joueurs de plus en plus conscients de l’importance de la patience et de la stratégie. Le jeu d’échecs était en train de changer mais pas la manière de jouer de Napoléon.

Mauvais perdant, il n’était d’ailleurs pas rare qu’il triche, tape du pied ou joue du tambour pour déconcentrer son adversaire. En outre, Napoléon n’hésitait pas à décliner les invitations à jouer lorsqu’il savait son adversaire supérieur ou peu enclin à lui laisser la victoire, sans oublier cette terrible manie de refuser d’offrir une revanche une fois une partie remportée.

Le Turc mécanique

Parmi ses défaites, la plus retentissante fut sans doute celle face au " Turc mécanique " un automate créé pour amuser la cour d’Autriche et son impératrice Marie-Thérèse. Joueur hors pair ce robot des temps passés se paiera le luxe de battre Napoléon Bonaparte en 1809 au château de Schönbrunn à Vienne. Une partie rocambolesque puisqu’après avoir remis plusieurs fois à sa place des pièces que l’Empereur avait tenté de déplacer envers et contre les règles en vigueur, l’Empereur fut disqualifié pour tricherie et l’automate déclaré vainqueur.

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Le Turc mécanique, l’automate face auquel Napoléon fut disqualifié pour tricherie. © Wikimedia

Mais bien des années plus tard et après avoir battu d’autres illustres personnages comme Benjamin Franklin ou Charles Babbage, grand-père de l’informatique moderne, la supercherie est révélée. Le " Turc mécanique " n’est en fait qu’une marionnette habilement manipulée par de grands joueurs d’échecs cachés dans le meuble renfermant le mécanisme.

Maigre consolation pour celui qui ne cessa jamais de jouer, y compris lors de son exil sur l’île de Sainte-Hélène où il est de notoriété publique qu’il ne perdit pas son caractère de mauvais perdant comme en témoigne cette phrase de madame de Montholon, spectatrice de nombreuses de ces parties lors de l’exil : " Pièce touchée, pièce jouée, mais c’était seulement pour son adversaire. Pour lui [Napoléon], c’était différent et il avait toujours une bonne raison pour que cela ne comptât, si on lui faisait l’observation, il riait. "

 

Obsédé par son hygiène personnelle

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Nécessaire à dents de Napoléon. © Fondation Napoléon

Contrairement à la plupart de ses contemporains, Napoléon Bonaparte accorde une importance presque obsessionnelle à son hygiène corporelle. Chaque matin, Napoléon consacre près de deux heures à sa toilette. S’il aime prendre des bains très chauds en toutes circonstances et en tous lieux, il prend également le temps de se raser, de se peigner, de se limer les ongles et de se brosser les dents. Des habitudes presque sacralisées, puisque même lors des campagnes militaires un nécessaire de toilette complet l’accompagne.

Frictionné quotidiennement à l’Eau de Cologne

Mais ce que Napoléon adore par-dessus tout, c’est l’Eau de Cologne, dont il aurait découvert les vertus lors de la campagne d’Italie. Très vite, les vertus de ce parfum d’un genre nouveau, qui va à l’encontre des parfums capiteux de l’époque, subjuguent Napoléon, notamment au cours de la campagne d’Egypte pendant laquelle Napoleon devient accro à cette eau admirable inventée par un italien installé dans la ville de Cologne, Giovanni-Maria Farina.

Une habitude, celle de se faire frictionner à l’Eau de Cologne qui ne le quittera plus, quand il n’en ingère pas quelques gouttes sur un morceau de sucre, convaincu de ses qualités médicinales vantées par les revendeurs de l’époque.

On sait maintenant qu’il n’en était rien. Les prétendus bienfaits thérapeutiques attribués à l’Eau de Cologne originale n’étaient en fait qu’un argument de marketing développé par la maison Farina afin de faire face aux nombreuses contrefaçons bon marché apparues sur le marché suite à l’occupation française de la ville de Cologne (1794-1814), plus de 2000.

Mais Napoléon n’en avait cure, et jusqu’à son dernier souffle, l’Eau de Cologne parfumera le corps de l’Empereur, au point de s’en faire fabriquer lors de son exil à Sainte-Hélène par le Mamelouk Ali, avec des ingrédients trouvés sur place, comme l’explique Elisabeth de Feydeau dans son livre La grande histoire du parfum.

Bicorne et redingote

Outre son hygiène, Napoléon, en grand communicateur qu’il est, accorde beaucoup d’importance à son aspect. Une apparence méticuleusement construite autour de son chapeau à deux cornes (ou bicorne), sa redingote grise de campagne et sa main dans le gilet. Avant qu’il ne les popularise, la redingote et le bicorne ne faisaient pas vraiment partie des pièces de l’uniforme militaire. Devenus légendaires, l’une fut rapiécée à de multiples reprises et l’accompagnera de Waterloo à Sainte-Hélène. Tandis que l’autre évolua au fil du temps jusqu’à devenir simple et épuré une fois le pouvoir conquis. Sans galon, orné d’une petite ganse de soie noire et d’un bouton maintenant une cocarde, d’ailleurs non-réglementaire.

Au cours de son règne, Napoléon se fera livrer en moyenne un "petit chapeau" par mois, pour un total estimé d’environ 160 bicornes. Officiellement, une trentaine seulement aurait survécu aux affres du temps. De nombreuses contrefaçons existent cependant et polluent les ventes aux enchères, y compris les plus sérieuses.

 

L’homme à la volonté de fer tenta de se suicider

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Napoléon à Fontainebleau par le peintre Paul Delaroche. © Musée de l’Armée

Vaincu lors de la campagne de France et abandonné de tous en avril 1814, Napoléon Bonaparte est contraint d’abdiquer. Retranché au château de Fontainebleau, incapable d’accepter la défaite, l’Empereur déchu souhaite quitter la scène à la manière d’un héros tragique, en se donnant la mort.

Dans la nuit du 12 au 13 avril 1814, Napoléon Bonaparte repense à son abdication quelques jours plus tôt, le 6 avril. Il se sent trahi. Certes il a pu garder son titre d’Empereur et un peu d’argent, mais son Empire se résumera désormais à la ridicule île d’Elbe, un morceau de terre d’à peine 224 kilomètres carrés.

Sur son bureau, ses pistolets desquels son chambellan a pris le soin d’ôter la poudre. On le sait fragile, brisé, capable de tout. Le traité négocié en son nom à Paris est une honte, il ne le signera pas.

Après avoir couché ses adieux à Marie-Louise sur papier, Napoléon sort de sa veste un petit sachet qui l’accompagne depuis la campagne de Russie. Du cyanure, préparé par son médecin au cas où il aurait été fait prisonnier. Une manière digne de partir, sans porter atteinte à son enveloppe charnelle.

À peine avalé, le mélange provoque chez l’Empereur de violents spasmes. Napoléon se tord de douleur et gémit de plus en plus fort. C’est à ce moment qu’Hubert, son valet, surgit dans la pièce, alerté par les cris.

Les derniers proches de Napoléon se relaient à son chevet. Parmi eux, le médecin chirurgien Yvan, créateur du poison. Celui-ci force Napoléon à vomir. Et quelques heures plus tard Bonaparte est hors de danger, avec le temps le cyanure avait sans doute perdu de sa dangerosité.

Au petit matin, Napoléon se serait même exprimé : " Si même la mort ne veut pas de moi, alors il est grand temps que je m’en aille ! "

Après avoir signé le traité le 14 avril, le souverain déchu fait ses adieux à la Garde Impériale dans la cour du château de Fontainebleau le 20 avril et part en exil sur l’île d’Elbe. Un exil de courte durée puisqu’il ne durera que trois cents jours.

 

Le mamelouk Ali, fidèle serviteur de Napoléon, s’appelait en réalité Louis-Etienne Saint Denis

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Mamelouk de la Garde Impériale de Napoleon. © Getty Images

Fidèle parmi les fidèles de l’Empereur déchu, le mamelouk Ali n’avait en réalité d’oriental que le titre. Né à Versailles en 1788 dans une famille de serviteurs attachés à la royauté, Louis-Etienne Saint Denis n’est encore un enfant lorsque Napoléon rentre de son périple à l’ombre des pyramides avec dans ses bagages quelques redoutables esclaves affranchis entrés au service des souverains musulmans, les mamelouks.

Défaite par les forces françaises, une partie de ce corps d’élite égyptien a en effet décidé de se rallier à l’armée napoléonienne. Parmi ceux-ci, Roustam, un jeune mamelouk qui très vite deviendra le protégé de Napoléon, au point d’être affecté à son service intérieur. Une tâche dont le mamelouk Roustam s’acquittera avec dévotion pendant près de 15 ans, jusqu’en 1814.

Mais au lendemain de la première abdication de Napoléon, le fidèle serviteur abandonne son bienfaiteur, peu désireux de le suivre dans son exil à l’île d’Elbe. Quant à Louis-Étienne Saint-Denis, déjà présent aux côtés de l’Empereur depuis 1808 et devenu second mamelouk depuis le 11 décembre 1811, il décide de rejoindre le souverain déchu dans son exil. Il ne le quittera plus jamais.

Cent jours, bataille de Waterloo, seconde abdication et second exil à Sainte-Helène, Louis-Étienne Saint-Denis, devenu premier mameluk, partagera, sans exception, les derniers jours de la vie de Napoléon. Dévoué et discret, ses talents de copiste et de bibliothécaire participèrent largement à la création de la légende napoléonienne ainsi qu’à la rédaction du testament impérial. Débrouillard, ce domestique infatigable ira jusqu’à recréer une Eau de Cologne pour ce souverain qui le rebaptisa Ali, en souvenir de son tout premier mamelouk ramené d’Egypte. Un mamelouk dont Napoléon dut assez vite se séparer pour d’obscures raisons disciplinaires et qu’il envoya… Au château de Laeken.

 

Napoléon sauva le château de Laeken de la destruction

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Le Chateau de Laeken, sauvé par Napoléon et ensuite "échangé" contre l’Elysée. © Belga

 

Construit à l’initiative des Archiducs autrichiens et Gouverneurs généraux des Pays-Bas, Marie-Christine d’Autriche et Albert de Saxe-Teschen entre 1781 et 1785, le Château de Schonenberg, à Laeken, a bien failli ne jamais abriter nos souverains.

Contraints à quitter le château suite à la Révolution française et au rattachement de notre territoire à la France en 1794-1795, les Archiducs vendent le domaine tandis que les terres avoisinantes sont partagées. Au fil des ans, l’avenir du château de Laeken s’assombrit. Pillé et abîmé, c’est un bâtiment délabré que rachète le médecin Jean-Baptiste Terrade. Celui-ci envisage d’ailleurs de le démolir.

C’est alors que Napoléon Bonaparte propose de le racheter. Et en 1803, le bâtiment néoclassique est sauvé de la destruction en le faisant racheter par le département de la Dyle pour la somme de 507.861 francs de l’époque.

Napoléon souhaitait en effet disposer d’un pied-à-terre lors de ses visites dans les " départements réunis de Belgique ". Afin de le remettra au goût du jour, de somptueux travaux d’aménagement sont confiés à l’architecte de la ville de Bruxelles, Henry. De nouveaux meubles provenant du garde-meuble impérial sont acheminés à Bruxelles

Vexé

Entre l’été 1803 et 1810, Napoléon séjourne plusieurs fois à Laeken. D’abord accompagné de Joséphine, du 21 juillet au 30 juillet 1803. Ensuite du 1er au 2 septembre 1804 lors d’une visite éclair. Et enfin, lors de la présentation de sa nouvelle épouse, Marie-Louise d’Autriche, du 29 au 30 avril 1810. Cette visite sera la dernière. L’Empereur n’a en effet pas apprécié l’accueil peu chaleureux réservé par les Bruxellois à sa nouvelle épouse.

En 1812, Napoléon 1er offre le Château de Laeken à l’impératrice Joséphine, en compensation du palais de l’Elysée qu’elle occupait et qu’il souhaite récupérer. Elle n’y habitera cependant jamais.

À la chute de l’Empire, le château de Laeken sera restitué aux Pays-Bas avant de connaître l’histoire qu’on lui connaît. Mais la résidence de nos souverains n’est pas la seule à avoir bénéficié des largesses de Napoléon. Lors de sa venue en 1803, le Premier consul Bonaparte et son épouse Joséphine assistent à des représentations de " Cinnna " et " Britannicus " au Théâtre de la Monnaie.


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Enthousiaste, Napoléon estime cependant que Bruxelles mérite un lieu digne des représentations qui s’y donnent. Inauguré en 1700 le théâtre avait en effet subi les affres du temps. L’architecte français Damesne est chargé de faire le nécessaire pour donner un peu plus de lustre à cet écrin de la culture. Et même si les travaux ne débuteront finalement qu’en 1818, c’est à lui que nous devons le théâtre de la Monnaie tel que nous le connaissons.

 

Son premier fait d’armes, la bataille de boules de neige de Brienne

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La bataille de neige de Brienne. © Wikimedia

Meneur d’hommes reconnu, Napoléon Bonaparte l’était incontestablement. Charismatique selon les uns, tyrannique selon les autres, il ne fallut pas longtemps au petit Corse pour se faire un nom… dans la cour de récréation.

Dès les premières années d’école sur le sol Français, à l’école militaire de Brienne-le-Château, et malgré les railleries de ses camarades issus de la noblesse, le petit Napoléon se fait remarquer. Elève modèle, il excelle dans toutes les matières. Soucieux de ne pas prêter le flanc à la critique, il apprend le français en un temps record. Ce qui a pour effet d’impressionner ses professeurs.

Peu importe le regard des pères du Collège, celui de ses petits compagnons demeure méprisant. Comme cette fois où lors d’un exercice de simulation de bataille, ils s’insurgent contre le fait que Napoléon a été désigné capitaine. Dégradé, blessé dans son for intérieur et humilié, Napoléon ne laisse rien transparaître alors qu’il est relégué au dernier rang du bataillon, comme un sans-grade, un moins que rien.

Revanchard, Napoléon montra quelque temps après qu’il avait bien l’étoffe d’un leader, et quelle étoffe. Un jour où l’hiver faisait rage et empêchait les élèves de l’école militaire de profiter de la cour de récréation, tant la neige était épaisse le futur vainqueur d’Austerlitz et de Wagram, harangua ses condisciples. Plutôt que de faire les cent pas dans les locaux austères, ils s’amuseraient bien autrement à creuser des passages, des tranchées et élever des murs dans la cour. D’autant plus, qu’une fois ce travail terminé, ils pourraient simuler un siège, dont Napoléon dirigerait les attaques !

Une idée qui enthousiasma tout le monde, au point que la bataille dura finalement quinze jours !

 

Les hémorroïdes de Napoléon

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Napoléon Bonaparte après la défaite de Waterloo. © Getty Images

Bien qu’il ait eu une hygiène corporelle irréprochable, Napoléon n’en a pas moins infligé de lourdes contraintes à son corps. Les nombreuses privations de sommeil dont il était coutumier ainsi que le stress récurrent lié à ses charges de général d’abord, de Premier consul ensuite et d’Empereur enfin, ont entraîné chez Napoléon Bonaparte diverses pathologies dont certaines auraient participé à sa défaite de Waterloo.

Si ses problèmes chroniques de vessie étaient connus de tous, l’anecdote selon laquelle une crise d’hémorroïdes l’aurait empêché de monter à cheval et donc de superviser ses troupes ne fait pas l’unanimité. D’autant qu’aucun témoignage direct de Napoléon n’y fait allusion.

Pourtant au moment de déclencher l’assaut du 18 juin 1815, Napoléon souffre depuis plusieurs années de troubles urinaires et depuis environ un an d’une affection hémorroïdale comme en auraient témoigné le grand maréchal du Palais, Bertrand, et le général Gourgaud.

Les nombreuses campagnes et les interminables chevauchées auraient par ailleurs engendré une fistule entre l’anus et les testicules de l’Empereur, comme l’écrit homme politique et militaire Jean-Baptiste Adolphe Charras dans son ouvrage historique consacré à la campagne de 1815.

La combinaison de ces diverses pathologies aussi inconvenantes que douloureuses aurait donc pu aisément empêcher Napoléon de lancer l’assaut tel qu’il l’avait imaginé. Un assaut prévu à six heures du matin mais qui finalement n’eut lieu qu’en fin de matinée.

Le fessier délicat de l’Empereur l’a-t-il trahi au plus mauvais moment et a-t-il précipité sa défaite ? Rien n’est moins sûr, tant la bataille de Waterloo était mal engagée.

 

Son vin, le Chambertin

 

Il n’y a pas que les hémorroïdes de Napoléon qui lui auraient coûté la victoire à Waterloo. Pour les Bourguignons, l’absence de Gevrey-Chambertin, son vin préféré, à sa table, aurait participé à entraîner sa défaite. Pour la propagande anglaise de l’époque, ce serait tout l’opposé. Napoléon aurait perdu à Waterloo car il aurait abusé de son vin préféré la veille. Ivre, il lui aurait été impossible de tenir debout sur son cheval.

Ce qui est certain, c’est que le nectar issu des champs du vigneron Bertin, d’où l’appellation Chambertin, a accompagné Napoleon Bonaparte au quotidien. Il en buvait généralement une demi-bouteille par jour, mais toujours coupé avec le même volume d’eau. Lors de la campagne de Russie en 1812, son aide de camp avait même comme tâche de garder une bouteille contre son corps afin de le garder chambré.

Vin de garde

Lors de son expédition en Egypte, le général embarqua une telle quantité de bouteilles de chambertin qu’il ne put toutes les boire. Le vin traverse deux fois la Méditerranée et le désert, pour finalement revenir à Fréjus. À la surprise générale, le Chambertin est aussi bon à l’arrivée qu’au départ, assurant à ce cru une réputation de grand vin de garde.

Si l’homme pressé qu’était Napoléon n’accordait pas beaucoup de place aux plaisirs de l’assiette (il engloutissait ses repas souvent composés de pâtes et de poulet rôti en moins d’un quart d’heure), le vin ne manquait donc jamais à sa table. Quant au champagne, il ne le refusait jamais, mais lui aussi toujours coupé à l’eau.

 

Pas si petit, ni si malade...

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Caricature de Napoléon Bonaparte, "Le Roi de Brobdingnag et Gulliver", Gravure couleur, 1803 © Wikimedia

Toutes les anecdotes ne sont donc pas véridiques. Napoléon n’était pas petit malgré son mètre soixante-neuf (certains diront 68 et demi), il était même deux centimètres plus grand que la moyenne de l’époque, qui était de 1m67. Mais les Anglais adoraient rapetisser l’Empereur, guerre psychologique oblige.

Un Napoléon qui leur facilitait la tâche car sa garde rapprochée était constituée de membres de la Garde Impériale, mesurant au moins 1m76 (certains diront 1m73). Un détail de l’Histoire qui n’embêtait nullement Napoléon puisque contrairement à (au moins) un autre homme d’Etat français, il ne portait pas de talonnettes et adorait se faire représenter au milieu de son cops d’élite.

 

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Napoléon Bonaparte franchissant les Alpes au col du Grand-Saint-Bernard en 1800, par le peintre Paul Delaroche. © Wikimedia

Autre croyance célèbre, la main dans le gilet. Mais si Napoléon a sans doute souffert de douleurs à l’estomac et au foie au cours de sa vie, la posture, elle, résultait simplement d’une habitude très répandue à l’époque, cela était lié aux convenances. Laisser pendre le bras le long du corps était considéré comme inconvenant, les pantalons n’étant pas dotés de poches, la main se devait d’être glissée quelque part.

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