Sauvetage des entreprises : "Il va falloir faire des choix et relocaliser notre économie"

CQFD, ce qui fait débat, en mode grand entretien : 25 minutes quotidiennes avec un spécialiste, pour vous aider à mieux comprendre/vivre la crise du coronavirus, mais aussi pour vous permettre de poser VOS questions (via l’adresse mail cqfdrtbf@rtbf.be). Notre invitée, ce mardi : Marie-Hélène Ska, secrétaire générale de la CSC.

Des pertes d'emplois menacés dans tous les secteurs

Avec le retour progressif aux affaires, le prix à payer risque d'être lourd pour certains secteurs. Beaucoup d'entreprises ne pourront pas retrouver dans l'immédiat un rythme normal et certaines envisagent déjà de réduire leurs effectifs. Marie-Hélène Ska confirme que les craintes sont fondées. 

" D'abord, parce que tous les secteurs n'ont pas redémarré. (...) Il y a des tas de secteurs qui sont menacés pas seulement dans les grandes entreprises, mais aussi dans des petites entreprises particulièrement fragiles aujourd'hui. Il est important d'avoir une stratégie de soutien à long terme et une stratégie qui permet de savoir ce que sont les activités que l'on veut garder, que l'on veut développer. Ces activités il faut pouvoir les soutenir, les aider à le passer le cap. Il faut donc voir si toutes les entreprises ont besoin d'être soutenues."

Sur quel critères pourrait-on définir que certaines entreprises doivent être sauvées? Marie-Hélène Ska l'explique :

" Ce qui est certain, c'est qu'il va falloir relocaliser une série d'activités chez nous, il faudra être moins dépendant de la conjoncture internationale. Oui, il y aura des choix à faire. Ils devront être faits par les instruments économiques des régions, mais aussi par le pouvoir fédéral, en fonction de l'importance de l'emploi dans ces secteurs et en fonction de la manière dont ces différents secteurs contribuent à la cohésion des territoires (...) Nous devons redéfinir ce qui est cohérent pour un territoire, ce qui apporte de la plus-value dans la société. 


Cette crise économique pourrait-elle impacter nos salaires?

Pour Marie-Hélène, toucher aux salaires serait un très mauvais signal.

" Cela voudrait dire qu'une fois de plus le salaire est une variable d'ajustement pour répondre à la crise. Les salaires ont été très largement modérés ces dernières années. La crise du coronavirus ne peut pas être une occasion de remettre le droit du social et le droit du travail par terre. Ce qui est train de se faire, car un certain nombre de secrétariats sociaux sont en train d'allumer le feu dans toute une série d'entreprises en demandant que l'on renégocie les conditions salariales, ce qui est absolument illégal dans ce qu'ils formulent. Il faut qu'on soit tout à fait clair sur la sortie de la pandémie, on ne sortira par le haut qu'en respectant la valeur de ceux qui font tourner les entreprises et qui ont continué à faire tourner les entreprises durant cette crise. "

 

 

 

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