Santé: un spécialiste sur quatre surfacture ses prestations

Un médecin peut être conventionné ou non-conventionné. S’il est non-conventionné, il peut fixer ses honoraires librement. Par contre, s’il est conventionné, les honoraires sont fixés chaque année dans l'accord médico-mutualiste.

Pourtant, selon la  Mutualité chrétienne qui a sondé ses affiliés, certains médecins spécialistes ne respectent pas l'accord. 23% des consultations chez des médecins spécialistes conventionnés font l'objet de surfacturation.

"Ils réclament un montant au-delà des tarifs convenus et en moyenne on constate 9 euros de suppléments pour l’ensemble des médecins conventionnés spécialistes", explique Jean Hermesse, secrétaire général de la Mutualité chrétienne. Cette pratique est plus répandue chez les gynécologues, les cardiologues et les ORL.

Mais réclamer ne serait-ce que quelques euros de plus que le tarif prévu par la convention est illégal.  D'autant plus que lorsqu'il se conventionne, un médecin reçoit de l'Inami environ 4400 euros par an pour financer sa future pension.

Comme cela se fait déjà pour les factures d'hôpitaux, la mutualité chrétienne demandent que les médecins fournissent des reçus détaillés. "On n’a en fait pas d’information, et lorsque le patient va chez le médecin spécialiste, il n’a pas toujours un reçu qui reprend effectivement le montant qu’il a payé, donc on ne sait pas agir".

Jean Hermesse dit soutenir l’initiative prise par la ministre de la Santé, Laurette Onkelinx, qui vise à atteindre plus de transparence,  "c'est-à-dire la transmission d’un reçu clair pour le patient et d’information claire pour les mutualités".

Un médecin qui ne respecte pas les honoraires prévus risque de perdre son statut social et donc sa future pension. Il  risque aussi des poursuites pénales. Mais pour cela il faut qu'un patient porte plainte. Mais à l'Inami, on ne reçoit qu'environ une plainte par an.

J-F. Noulet

 

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