Santé : immersion dans une salle d'opération pour une intervention 2.0 à la base du cerveau

Santé : immersion dans une salle d'opération pour une intervention 2.0 à la base du cerveau
Santé : immersion dans une salle d'opération pour une intervention 2.0 à la base du cerveau - © Tous droits réservés

L’une de nos équipes a pu suivre une opération minutieuse au cours de laquelle une équipe chirurgicale a retiré une tumeur dans une zone minuscule du centre de la tête d’une patiente, au niveau de l'hypophyse, et ce, sans lui ouvrir le crâne. 

Dans la salle d’opération des cliniques universitaires Saint Luc à Woluwé Saint Lambert, l’équipe s’active au petit matin, non pas pour préparer les scalpels, mais pour ajuster des outils informatiques millimétrés destinés à plonger au centre de la tête de la patiente en passant par le trou d'une narine. Première manœuvre : brancher le microscope sur l'ordinateur.  "Nous devons vérifier que la caméra infra-rouge corresponde à la position de la patiente et aux images", explique le Dr Fomekong, neurochirurgien et spécialiste des tumeurs cérébrales et hypophysaires.

"La réalité augmentée" permet d'intervenir par le trou d'une narine sans ouvrir le crâne

Cette technologie du microscope navigué par ordinateur, existe depuis près de 20 ans et a déjà fait ses preuves.   Pour enlever cette tumeur sur l'hypophyse qui fait 15 mm sur 8 mm, sans faire de dégâts aux tissus voisins, le chirurgien compte sur la réalité augmentée.  "Nous disposons d’un microscope dans lequel nous injectons des informations venant d’un ordinateur, qui nous permettent de faire ce que nous appelons de la "réalité augmentée", explique le professeur Raftopoulos, chef du service du service de neurochirurgie.

On pourrait, par exemple, dire qu’en superposant la réalité (ce que l’on voit au microscope) et des images 2D ou 3D calculées en temps réel par ordinateur, le chirurgien est guidé avec une précision redoutable. Il peut donc opérer, presque comme si le crâne était ouvert, à travers un petit trou et grâce à la route existante de la narine.  "On arrive très vite au milieu de la tête.  C’est incroyable tout ce que l’on peut faire à travers une narine ", ajoute le professeur.

La maladie de Cushing

La technologie est particulièrement efficace pour certaines de ces tumeurs de l’hypophyse responsables de la maladie de Cushing (une maladie rare et parfois mortelle). "Les personnes atteintes de cette maladie ont notamment pour symptômes, une atrophie musculaire, la peau fragilisée qui s’amincit et provoque facilement des bleus et des ecchymoses.  Une prise de poids se marque également surtout au niveau du visage et du tronc ", explique le chef du service d’endocrinologie, Dominique Maiter.

Pour ces patients souvent jeunes, la chirurgie 2.0 permet de petits miracles. En 20 ans, l'équipe du Professeur Raftopoulos affiche des taux de réussite de 80% avec un minimum de complications.  Cette fois encore, l'opération s'est bien passée.  99 % de la tumeur a été retirée. Seuls les tests endocrinologiques pourront démontrer une réussite à 100%.  Trois mois seront nécessaires pour confirmer cette nouvelle guérison.

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