"Sans précédent même sous le communisme", pour le Vatican

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La "séquestration" jeudi des évêques belges lors d'une opération de policiers enquêtant sur d'éventuels nouveaux cas de pédophilie est un fait grave et sans précédent, a déclaré le cardinal-secrétaire d'Etat Tarcisio Bertone qui promet des "suites".

Le Vatican a officiellement protesté auprès du gouvernement belge après des perquisitions à l'archidiocèse et au domicile de l'ancien primat de Belgique à

Malines, ainsi qu'à Louvain, dans le cadre d'une enquête sur des abus sexuels. Dans un communiqué, il se dit surpris de la façon dont ces perquisitions ont été menées et précise qu'une protestation officielle a été remise à l'ambassadeur de Belgique auprès du Saint-Siège.

Des enquêteurs mandatés par le parquet de Bruxelles ont perquisitionné jeudi des bâtiments dépendant de l'archidiocèse de Malines-Bruxelles, dont le palais épiscopal de Malines, au moment où s'y déroulait une réunion des évêques belges en présence du nonce représentant le Vatican.

Ces policiers étaient à la recherche de documents, notamment de courriers entre des victimes présumées de prêtres pédophiles et les autorités catholiques.

"Pas de précédent même sous les communistes"

"Il y aura certainement des suites", prédit le prélat. "C'est du jamais vu. C'est un acte d'une grande gravité (cela va) au-delà de la condamnation de tout ce qui concerne la pédophilie, cette irruption, cette séquestration des évêques pendant 9 heures. Ce ne sont pas des enfants! Sans manger ni boire", s'est indigné le numéro 2 du Vatican. Tarcisio Bertone martèle : "Il n'y a pas de précédent, même sous les régimes communistes, croyez-en ma vieille expérience".

La critique est virulente. Mais le parquet de Bruxelles qui a mené cette perquisition jeudi refuse de l'accepter et précise que les évêques ont reçu à manger et à boire: du poulet, des tomates et même du vin.

Mais du côté du gouvernement, ces déclarations mettent mal à l'aise. Le cardinal Bertone est l'équivalent du Premier ministre du Vatican. Notre ministre des Affaires étrangères renvoie vers le ministre de la Justice qui, lui, n'a aucune compétence en terme de diplomatie.

"La justice n'a pas pour mission de réécrire le Da Vinci Code"

Vendredi, le primat de l'Eglise catholique belge, Mgr André-Joseph Léonard, s'est élevé contre l'attitude de la police.

Lors des perquisitions menées jeudi à l'archevêché de Malines-Bruxelles, l'ensemble des évêques de Belgique, qui étaient ce jour-là en conférence épiscopale à Malines, ont été interrogés par les enquêteurs, ce qui a donné l'impression que tout le monde était suspect, a regretté André-Joseph Léonard, archevêque de Malines-Bruxelles, dans une interview accordée à Radio Vatican.

"En quelques heures, on a, auprès du public et des médias, terni l'image globale de l'Eglise de Belgique", a déploré Mgr Léonard, évoquant un événement "douloureux". "On a interrogé tous les évêques individuellement, donc on donne l'impression au pays que tout le monde est suspect", a-t-il ajouté, regrettant que tous les évêques de Belgique, "qui n'ont rien à voir avec les dossiers de Malines-Bruxelles ont été "séquestré" pendant neuf heures.
Evoquant "certains excès un peu ridicules", en référence au fait que les perquisitions se soient déroulées jusque dans la crypte de la cathédrale Saint-Rombaut de Malines, le primat de Belgique a regretté que des tombes aient été ouvertes. "Ca va un peu loin. Si c'était un roman, on comprendrait. Mais en principe, la justice n'a pas pour mission de réécrire le Da Vinci Code", a-t-il déclaré.
Mgr Léonard n'en a pas moins rappelé que "l'Eglise catholique de Belgique n'est pas au-dessus des lois". "Donc, on a droit de faire une perquisition à l'archevêché de Malines-Bruxelles. Ca, personne ne le conteste", a-t-il encore dit.

L'Eglise belge n'exclut pas une action en justice. "Nous ne pouvons pas exclure le fait qu'il puisse y avoir une action en justice, si cela est nécessaire", a indiqué Eric De Beukelaer, porte-parole de l'archidiocèse de Malines-Bruxelles.

RTBF avec Belga

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