Salut militaire turc par des footballeurs: la polémique s'invite en Belgique, que dit le règlement?

Fallait-il organiser le match de qualification entre la France et la Turquie dans le cadre des qualifications à l'Euro de football après le salut militaire affiché par les joueurs turcs lors de leur match contre l'Albanie? De nombreux responsables politiques estimaient que non. "Avec ce salut militaire, l'équipe de football turque a hélas brisé la frontière qui doit séparer le sport de la politique", a ainsi estimé le président de l'UDI Jean-Christophe Lagarde, par ailleurs président du groupe d'études sur les Kurdes à l'Assemblée nationale et organisateur d'un rassemblement de soutien aux Kurdes mardi soir au Théâtre du Gymnase.

La Turquie a déclenché mercredi une offensive dans le nord de la Syrie contre une milice kurde, deux jours après que les Etats-Unis ont retiré des militaires déployés dans certains secteurs du nord syrien juste à la frontière avec la Turquie.

Philip Townsend, chef de presse de l'UEFA, a par ailleurs fait savoir que la confédération européenne de football allait "examiner" le salut des joueurs turcs, en rappelant que le règlement "interdit les références à la politique et à la religion".

Mais la polémique a dépassé ces derniers jours le cadre de la sélection turque pour s'inviter chez nous, en Belgique: Voetbal Vlaanderen, branche flamande de l'Union belge de football, a ouvert une enquête sur des photos et vidéos du club Turkse FC de Beringen montrant des enfants faisant un salut militaire en honneur aux soldats impliquées dans l'offensive turque en Syrie. L'information est rapportée par Het Belang van Limburg mardi.

Les images ont été partagées sur les médias sociaux par le club.

Des joueurs d'âge divers y font un salut militaire dans les vestiaires et sur le terrain. Des enfants de moins de dix ans rendent par exemple hommage aux soldats et leur dédient leur victoire.

Que dit le règlement à ce sujet? Il précise que "les clubs s'engagent à rester neutres d'un point de vue politique, philosophique et confessionnel". Mais il vise surtout à empêcher les discriminations. 

Et de toute façon, selon le club Turkse FC, représenté par Basir Hamarat, président de l'organisation Union of International Democrats, proche du parti présidentiel turc AKP, le geste ne serait "absolument pas politique":  "De telles photos sont partagées chaque année en hommage aux martyrs et à leur famille", justifie ce dernier. "Même s'il n'y avait pas de conflit entre la Turquie et la Syrie, et même si un joueur de l'équipe nationale n'avait pas fait ce geste, le club aurait pris et partagé cette photo. Que ce soit désormais sensible? Le club n'y a pas prêté attention", poursuit-il.

Thomas Vints (CD&V), le bourgmestre de Beringen, a l'intention de s'entretenir à ce sujet avec le club en question.

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