Salto arrive et doit concurrencer les grandes plateformes comme Netflix et Disney +

C’est en toute discrétion que Salto est lancée aujourd’hui pour une phase de test avant un lancement définitif en septembre si tout va bien. Salto, c’est une plate-forme de vidéo à la demande 100% française et imaginée par France Télévisions, TF1 et M6. Les trois ennemis jurés de la télévision française ont donc décidé d’unir leurs forces pour créer cette plateforme de vidéo à la demande bleu blanc rouge. Les trois groupes jouent donc la carte de la solidarité car comme le dit l’adage : "l’union fait la force". Et de la force il en faudra pour réussir à concurrencer les géants américains.

Selon son plan de lancement, Salto proposera des chaînes en direct, des programmes en replay et des contenus à la demande, avec l’ambition de proposer à terme 20.000 heures de programmes (15.000 au démarrage). Au menu : cinéma, séries (saisons intégrales, avant-premières, US + 24…), documentaires, programmes jeunesse, actualités, télé réalité et grands événements, avec des contenus inédits et des séances nostalgie. Pour se démarquer de la concurrence, notamment américaine, Salto, qui se veut une vitrine de la création française et européenne, mise sur une programmation conçue expressément pour un public français.

Un petit Poucet

Netflix, Disney +, Amazon Prime Video ou encore Apple TV, voici quelques-unes des plateformes de VOD parmi les plus populaires. Ensemble ces entreprises dépensent chaque année des milliards de dollars dans la production de contenu pour leur plateforme. Du côté de Salto, le budget initial est de 250 millions d’euros sur trois ans. Pas assez pour concurrencer les Américains qui dominent le secteur.

Louis Wiart est chercheur en communication à l’ULB et spécialiste des plateformes : "Je ne pense pas que Salto va tenter de concurrencer les autres plateformes de façon frontale. Ce sera plutôt une offre complémentaire. Il s’agit plutôt d’une mutualisation des moyens de ces chaînes pour essayer de ne pas être lâché par la concurrence des plateformes américaines qui viennent capter une partie de l’audience des chaînes mais aussi de leurs revenus publicitaires.

Du retard dans le lancement

Le lancement, prévu dans un premier temps au premier trimestre 2020, a été repoussé au mois de septembre avec une phase de test dès ce 3 juin. Mais la crise sanitaire a obligé Salto à des ajustements : le lancement aura lieu à l’automne et la phase de tests n’est plus ouverte au public. "On est dans les starting-blocks pour le lancement de l’automne. Dans cette perspective, on ouvre une phase de tests mercredi", indique à l’AFP Thomas Follin, directeur général de Salto.

Quelques centaines de testeurs consommateurs sont en train d’être recrutés via un panel représentatif des publics français. "On n’a pas ouvert la phase de tests au public car avec l’arrêt des tournages, des post-productions et la suspension des doublages pour les programmes étrangers, nous n’étions plus en mesure de proposer dès le 3 juin l’offre riche et diversifiée attendue", explique Thomas Follin. Ainsi, les 15.000 heures de programmes visés au démarrage ne sont pas encore au rendez-vous : "On n’est pas encore à 15.000 heures aujourd’hui, mais on sera à 15.000 heures pour le lancement", assure le dirigeant.

Les phases de tests vont donc durer tout l’été.

Un concurrent pour Auvio ?

Nous ne savons pas pour l’instant si Salto sera disponible en Belgique. Si c’est le cas alors cette nouvelle plateforme pourrait devenir un concurrent pour Auvio, la plateforme de la RTBF qui propose la rediffusion de programmes radio et télé. "Je ne sais pas si Salto arrivera en Belgique. Mais si c’est le cas il y aura forcément une problématique de droits. D’autant que beaucoup de programmes de la RTBF sont aussi parfois des programmes achetés en France. Mais si Salto est disponible alors ce sera une concurrence frontale pour Auvio", explique Louis Wiart.

Du côté de la RTBF, on ne semble pas s’inquiéter d’une éventuelle arrivée de Salto. Cindy Janssesn est la responsable d’Auvio à la RTBF : "A l’heure actuelle, nous ne savons pas si Salto sera disponible en Belgique dès son lancement. L’offre n’est pas concurrente car Auvio propose des contenus gratuits contrairement à Salto qui se lance dans un modèle de SVOD (un modèle payant)".

 

 

 

 

 

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