Salon de l'auto: quel acheteur est le Belge?

Salon de l'auto: quel acheteur est le Belge?
Salon de l'auto: quel acheteur est le Belge? - © JONAS ROOSENS - BELGA

Si le Belge a une brique dans le ventre, il a aussi un moteur dans les jambes. La taille du parc automobile semble ne pas connaitre de limites chez nous. En août 2015, les véhicules privés représentaient 5 623 579 automobiles soit près de 1,2% de plus que l'année précédente.

Les véhicules de société se taillent évidemment leur part du gâteau et ont encore vu leurs effectifs augmenter de 7000 unités au premier semestre 2015. Elles représentent plus du tiers des véhicules en circulation dans le pays selon Renta, la fédération des entreprises de location et de leasing automobile.

Le Salon, une opportunité?

Le Belge pense souvent que le Salon de l'auto représente est une opportunité de faire des bonnes affaires surtout que les taux d'emprunts pour s'offrir une voiture sont au plus bas depuis plusieurs années.

Mais qui est le conducteur belge? Qu'achète-t-il? Comment achète-t-il? Décryptage.

Toujours plus d'occasions

Ne regardez pas la crise qui passe, regardez seulement quand elle est passée. C'est une évidence, la crise économique de 2008 continue à produire son effet depuis plusieurs années sur le marché de l’automobile belge: "Notre secteur est très fortement dépendant de la conjoncture économique et de la confiance des consommateurs, confirmait, en septembre 2015, Joost Kaesemans, porte-parole de la Febiac, la fédération patronale de l'automobile. Mais les voitures sont aussi de plus en plus fiables et poussent leurs propriétaires a toujours repousser davantage l'achat d'une nouvelle cylindrée. Le taux de renouvellement tourne autour de 7-8% par an.

Le prix avant tout

Comme presque tous ses voisins européens, le Belge voit le prix d'achat comme le critère prioritaire dans son choix. En Turquie par exemple, la consommation du véhicule prime car son coût grève les budgets alors qu'en Belgique, le transport en tant que tel (carburant, entretien, réparations, parking,...) ne représente que 1,1% de la consommation des ménages contre 4,1% pour les Turques.

Pour les Chinois, pas question de prix ou de consommation, c'est la sécurité qui prime devant les performances du véhicules et le confort.

Plus on est vieux, plus on achète neuf

"Les vieilles occasions qui comptent déjà beaucoup de kilomètres sont surtout une affaire de jeunes, explique Wim Bruggemans de chez Cardoen, vendeur spécialisé dans les voitures neuves ou presque neuves. Chez nous les acheteurs en dessous de 25 ans sont plutôt rares. Ensuite il n'y a pas de catégories particulières jusqu'à 65 ans".

Le site de vente de voiture d'occasion Autoscout24 draine un public plutôt jeune et confirme: "Les 2 tranches d’âge les plus importantes sont les 25-34 ans avec 25.30% et les 45-54 ans avec 23.80%", détaille Axel Ophoff, marketing manager du site qui représente 78% de toutes les voitures d’occasion vendues en Belgique.

Plus il avance dans la vie, "plus le candidat acheteur se dirigera vers des véhicules neufs car son pouvoir d'achat a tendance a augmenter", précise Wim Bruggemans. 

Enfin, même si la tendance est de moins en moins vraie, monsieur a toujours la primauté quand il s'agit d'acheter une voiture. Les hommes s'occupent toujours de deux tiers des transactions. Ce chiffre atteint plus de 70% sur Autoscout24.

Des breaks, des SUV, des monospaces

En Europe, les berlines ont la côte. Mais au même titre que les Allemands et les Portugais, les Belges affichent un intérêt plus marqué que la moyenne pour les breaks. Les monospaces sont aussi un type de véhicule pour lequel l'intérêt reste grand dans le pays. Tendance également présente en France.

La Belgique reste particulièrement attirée par les véhicules des grandes marques et de grand confort dites "prémiums". Mais contrairement aux Allemands qui chérissent les voitures produites dans leur pays, cette tendance s'explique chez nous par le nombre de voitures de société.

Le roi diesel

Le diesel va progressivement perdre de son attractivité économique. Les accises vont graduellement augmenter et le scandale VW a ébranlé la confiance du consommateur. 

L'augmentation du prix ne va finalement confirmer qu'une tendance amorcées depuis plusieurs années: "Depuis la fin 2011, les consommateurs ont tendance à se tourner vers des petits véhicules à essence", expliquait déjà Jean-Louis Nizet, secrétaire général de la Fédération pétrolière belge en 2014. La part des véhicules diesel par rapport à l'essence est en effet passée de 78,9% en 2008 à 62% en 2014.

Sans oublier que le diesel reste une exception européenne, on peut légitimement penser que le temps du diesel roi, s'il n'est pas encore terminé, est désormais probablement compté.

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